Gonf. Schirmer, l. c, p
5. Athénée (II, 22, p. 44, e) parle d'un Carthaginois, Magon, qui traversa trois fois le désert. — Hérodote (IV, 183) indique qu'on mettait trente jours pour aller de chez les Lotophages (c'est-à-dire du littoral entre les deux Syrtes, où il y avait des villes de commerce phéniciennes) au pays des Garamantes. Peut-être n'était-ce que la première partie d'une route de caravanes conduisant au Soudan. Les Garamantes, chasseurs d'Éthiopiens (Hérodote, ibid.), ont pu être les convoyeurs, et aussi les pourvoyeurs de ces caravanes.
firent de même '. Des pistes, partant du rivage des Syrtes, s'enfonçaient dans le désert. La grande prospérité des villes de la Tripolitaine, de Leptis Magna, d'Oea, de Sabratha, de Gigthi, de Tacapes ^ l'occupation par les Romains de certaines oasis, qui, au delà des frontières de l'empire, commandaient ces routes ^ ne s'expliquent guère que par un trafic actif avec le Soudan : trafic dont les maîtres du littoral profitaient et qu'ils cherchaient à protéger, mais qui ne pouvait pas se faire sans l'entremise des indigènes. Comme les Touaregs actuels, les Garamantes durent être les convoyeurs du Sahara \
Or, nous savons que l'emploi du chameau^ comme bête de somme est assez récent dans le Nord de l'Afrique ^ Il ne figure pas sur les gravures rupestres préhistoriques '. On ne connaît, selon M. Basset*, aucun nom berbère qui le désigne. Il n'est jamais mentionné au temps de la domination carthaginoise \ Pline l'Ancien, qui parle des chameaux de la Bactriane et de l'Arabie, qui dit expressément que l'Orient est la patrie de ces
1. Gsell, Essai sur le règne de l'empereur Domitien, p. 236. ' 2. Conf. Schirmer, p. 324-5, 328.
3. Voir Toutain, dans Mélanges de VÉcole française de Rome, XVI, 1896, p. 63 et suiv.