Conf. Gautier, Sahara algérien, p
7. 11 y a des bœufs à bosse (zébus), d'origine soudanaise, non seulement dans l'Adrar des Iforass et dans l'Air, qui sont à la lisière méridionale du Sahara, mais aussi plus au Nord, dans l'Ahaggar; Duveyrier en a signalé dans l'oasis de Ghat : voir Gautier, p. 108, 137, 318; Chudeau, Sahara soudanais, p. 203. Mais, quoique la chose ne soit pas absolument impossible (Schirmer, p. 128; Gautier, p. 137), il serait déraisonnable de traverser le Sahara avec des bœufs.
fisELL. — Afrifi'ie du Nord. I.
durant plusieurs jours? C'est possible*; cependant on est en droit de supposer que les points d'eau, et aussi les pâturages, étaient alors moins espacés le long des pistes du désert. Leur nombre a pu diminuer par suite des progrès des dunes, qui s'accumulent de plus en plus dans les anciennes vallées du Sahara. Peut-être aussi les pluies qui alimentaient ces points d'eau sont-elles devenues plus rares. Mais il ne faut pas se faire illusion sur la fragilité d'une telle hypothèse.
A-t-on au moins des raisons d'admettre que le climat se soit modifié à la lisière septentrionale du Sahara et dans la partie de la Berbérie qui borde le désert au Nord? La Blanchère a écrit à ce sujet ^ : « Il est une partie de la Libye du Nord où, certainement, s'est produit, et depuis les temps historiques, un grand changement hydrographique, hygrométrique, météorologique. Il est tout à fait hors de doute que le Sud de cette contrée, le Nord du Sahara, a été, au moins en partie, une région très mouillée, pleine de marécages et, naturellement, de grands végétaux. Cette humidité s'étendait sur les espaces contigus. Lë^ cuvette des chotts, que les textes^ ne nomment jamais que paludes, eXr, ; les fonds, également trempés, des plateaux les moins élevés; le bassin de ce Nil, de ce Niger, de ce fleuve vague que les auteurs anciens entrevoient presque tous derrière la Berbérie; la dépression qui existe en effet au pied de l'Atlas saharien; les vallées, encore imprégnées, du djebel Amour, de l'Atlas marocain; les longs thalwegs de l'Igharghar, de l'oued
1. Conf. Strabon, XVII, 3, 7; il dit que, pour traverser le désert, les Pharusieas (peuple vivant au Sud du Maroc) attachent des outres pleines d'eau sous le ventre de leurs chevaux.