‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 411 sur 468 · Polybe, III, 24, 1 et 3 (traité avec Rome, en · texte numérisé non relu

Polybe, III, 24, 1 et 3 (traité avec Rome, en

5. Polybe, VII, 9, .5 et 7 (traité avec Philippe de Macédoine, en 215).

barré la route de la mer extérieure. Succès qu'il est permis de regretter! Si les Phéniciens furent, par leurs importations et par leurs exemples, les éducateurs de quelques peuples de l'Occident, la puissance d'expansion de l'hellénisme se manifesta avec beaucoup plus de vigueur et d'éclat dans les pays oîi il s'implanta d'une manière durable. Les colonies phéniciennes ne furent guère que des entrepôts de Tyr, puis de Carthage. Les grandes cités grecques de l'Italie méridionale, de la Sicile, de la Cyrénaïque, de la Gaule, maîtresses de leur développement, enrichies par un commerce libre ou par la culture de vastes territoires, devinrent des foyers d'art, de pensée et de science. Elles répandirent autour d'elles cette civilisation hellénique, qu'elles-mêmes contribuèrent à accroître, à élever bien au-dessus de la civilisation toute matérielle des Phéniciens. Il faut donc plus admirer l'énergie avec laquelle Carthage résista à l'assaut des Grecs que les résultaig de son ftitervention.

Protectrice des Phéniciens d'Occident menacés, elle s'était mise à leur tête, non comme la présidente d'une confédération de cités, mais comme la souveraine d'un Etat fortement centralisé, qu'elle seule dirigeait. Elle avait ainsi formé un immense empire maritime '.

Cependant, malgré un effort gigantesque, elle n'avait pas pu détruire les Grecs de Sicile, à l'entrée de la mer qu'elle prétendait dominer. Marseille, « une des trois têtes du triangle formé par la Méditerranée occidentale- », l'avait combattue victorieusement; elle restait puissante et prospère; elle gardait une

1. Appien, Libyca, 2 : « Ils (les Carthaginois) dominèrent au loin sur la mer et portèrent leurs armes en Sicile, en Sardaigne, dans les autres îles de cette mer et en Espagne; ils envoyèrent partout des colonies. Par leur puissance, ils égalèrent les Grecs, par leurs richesses les Perses. » Conf. Polybe, I, 10, 5 (étendue de l'empire de Carthage au début de la première guerre punique).

2. JuUian, Histoire de la Gaule, I, p. 59 : « les deux autres, ajoute-t-il, étant les deux Carthages, la métropole africaine et la Carlhagène espagnole » (c'est-à-dire, avant le în° siècle, Mastia, limite assignée par Carthage en Espagne aux Romains, et sans doute aussi aux Grecs).

partie des établissements phocéens de la côte orientale d'Espagne et ne renonçait pas à toute velléité d'étendre son trafic au delà du détroit de Gibraltar^ N'ayant pas réussi à anéantir ses ennemis, Carthage se résigna à des trêves prolongées, à des compromis favorables à son commerce et à celui des Grecs-.

Enfin, elle avait dû s'abstenir de prendre pied en Italie. Dans cette contrée, elle avait à ménager des alliés qui, comme elle et avec elle, avaient lutté contre l'hellénisme : les Etrusques, maîtres du littoral depuis l'Apennin ligure jusqu'à la Campanie. Elle conclut avec eux des traités qui étaient, dit Aristote^ des accords commerciaux, des conventions pour empêcher la piraterie, des alliances guerrières. Ces pactes contenaient sans doute des clauses semblables à celles que nous lisons dans les deux traités qui lièrent Carthage à Rome, à la fin du vi" siècle et au milieu du iv**.

Dans le premier, les Carthaginois interdisaient ou réglementaient le commerce des Romains dans les régions dont ils étaient les maîtres. En retour, ils promettaient « de ne causer aucun dommage aux habitants d'Ardée, d'Antium, de Laurente, de Circéi, de Terracine, ni à aucun autre des Latins qui dépendent des Romains. S'il y en a d'autres qui ne leur obéissent pas, les Carthaginois s'abstiendront d'entreprises sur leurs

1. Voyages de Pythéas el d'Euthymène. Conf. JuUiaa l. c, p. 41G, n. 3.

2. Au début du v° siècle, les Carthaginois levèreut des mercenaires en Ligarie et chez un peuple qui habitait entre le Rhône et les Pyrénées (Hérodote, Vil, 1(33 : Aiyuwv -/.a'-. 'E),!7-Jy.iov) ; ils enrôlèrent aussi des mercenaires ligures en 343 {Diodore, XVI, 73). Leurs vaisseaux pouvaient donc fréquenter des parages voisins de Marseille. D'autre part, les Marseillais Pythéas (au iV^ siècle) et Euthymène (avant le milieu du même siècle) franchirent le détroit pour aller explorer les côtes d'Europe et d'Afrique. Ils n'auraient guère pu entreprendre ces expéditions si les Carthaginois s'y étaient opposés. Nous avons vu (ju'au temps d'Hérodote, ceux-ci paraissent avoir interdit la mer extérieure aux Grecs. Au m" siècle, Ératosthène {apud Slrabon, XVII, 1, 19) disait que les Carthaginois coulaient les navires étrangers qui se dirigeaient vers la Sardaigne et les Colonnes d'Héraclès (voir aussi Strabon, III, 5, 11).

3. Poliliqae, 111, o, 10-11 : <7-jv6r,-/ia'. nipl tùv dGa.^:Myip.(t]y, xai (jJ[i.ooaix jiEp; toC [xr, àot/.sïv, "/.al ypasal 7rîp\ G-Jixiixy'.OLZ.

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