XV, 24.. Voir Meltzer, I, p
3. « Vicensimo volumine continentur res gestae Dionysii Siculi patris.... Deductisque Dionysii rébus ad interilum eius, dictae quas Anno Magnus in Africa gessit. »
4. XXI, 4, 7 : « ... dura Afros regcrnque Maurorum concitat. »
5. Polyaenus (V, 10, 3) parle d'un Himilcon qui se serait emparé d'une ville des Libyens (par un stratagème que Frontin attribue à Périclès). S'il s'agit, comme
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en Afrique au iv^ siècle. On ne saurait dire si Carthage se contenta de repousser des attaques et de réprimer des soulèvements, ou si elle agrandit son territoire, après des guerres heureuses.
ie croit Polyœnus, de l'Himilcon qui échoua devant Syracuse en 306, cette victoire qu'il remporta en Afrique se place à une époque antérieure, puisqu'il se suicida à son retour de Sicile. Le même auteur (V, 10, 1) raconte une autre anecdote sur Himilcon. Des Libyens ennemis étaient dans le voisinage d'une ville [de Carthage, autant qu'il semble]. Himilcon se retira derrière les remparts, après avoir eu soin de déposer dans les faubourgs des jarres remplies d'un vin auquel il avait fait mélanger un narcotique. Trouvant ces jarres, les Libyens en burent ie contenu avec avidité et s'endormirent. La même ruse est attribuée par Frontin {Stratag., H, 5, 12) à un Maharbal, que les Carthaginois avaient chargé de combattre des Africains rebelles. Le général abandonna son camp, où les indigènes trouvèrent du vin, mêlé d'un narcotique; l'ayant bu, ils s'endormirent. Maharbal, qui revint alors, put les massacrer ou les faire prisonniers. Sur ces historiettes, qui ne méritent sans doute aucune créance, voir Meltzer, I, p. 280; Gutschmid, Kleine Schriften^ II, p. 84-85.
Maîtresse d'une grande partie des côtes de la Méditerranée occidentale, Carthage voulut explorer les rivages de l'Océan, les ouvrir à l'activité de ses marchands, y fonder même des colonies. Dans ces régions lointaines, elle ne redoutait guère ses rivaux de la mer intérieure. Au delà du détroit de Gibraltar, qu'il n'était pas difficile de surveiller, elle détenait Gadès, probablement aussi Lixus, ces vieilles cités phéniciennes assises à l'entrée de l'Atlantique.
« Au temps, dit Pline', où florissait la puissance de Carthage, Hannon, parti de Gadès, contourna l'Afrique jusqu'à lextrémité de l'Arabie et il fit connaître par un écrit cette navigation; comme aussi Himilcon, envoyé à la même époque pour explorer les parties extérieures de l'Europe. »
Les deux expéditions d'Himilcon et d'Hannon auraient donc été contemporaines : nous rechercherons plus tard la date qu'on peut leur assigner. Elles furent entreprises par ordre de l'État. Les termes dont Pline se sert le prouvent pour celle
1. Hisi. Hut., II, 169 : « Et Hanno, Carlhaginis potenlia florente, circumvectus a Gadibus ad finem Arabiae navigationem eam prodidit scripto, sicut ad e.\tera Euiopae noscenda inissus eodem tempore Himilco. »
d'Himilcoii. Quant à Hannon, il était « roi' », c'est-à-dire magistrat suprême de Garthage, et sa relation indique expressément qu'il partit en vertu d'une décision des Carthaginois.
L'écrit d'Himilcon, mentionné par Pline ^ ne nous est pas parvenu. Mais il faut certainement l'identifier avec une relation du Carthaginois Himilcon, citée dans le Périple' que Festus Aviénus versifia au iv*^ siècle de notre ère. Cet Himilcon avait navigué sur l'Océan^ et atteint, au bout de quatre mois, les parages des ŒsUymnides^. Il avait parlé de calmes qui immobilisaient les navires % d'espaces encombrés d'algues dans lesquelles ils s'embarrassaient ^ de vastes étendues où les fonds de sable étaient à peine couverts par les eaux^ de brouillards épais, voilant le ciel et la mer^ de bêtes énormes et redoutables qui erraient çà et là'.
Ces détails, qu'Aviénus reproduit complaisamment, sans craindre les redites, il prétend les avoir tirés de vieilles annales puniques'", c'est-à-dire sans doute d'une traduction de la relation même du navigateur carthaginois. Se vante-t-il et n'a-t-il connu qu'un extrait d'Himilcon, cité par quelque auteur, inséré dans quelque recueil de choses et de faits curieux"? Doit-on
1. Périple d'Hannon, titre : "Awwvoç, Kapxviôoviwv paitXÉwc. Pline le qualifie de « Garlliaginiensium dux » et de « Poenorum imperator » (voir plus haut, p. 421, n. 2) : ce ne sont que des équivalents du terme grec qu'on lisait dans le litre de Périple.
2. Pline cite Himilcon dans la liste de ses auteurs pour son cinquième livre (I, 3); mais cela ne prouve nullement qu'il l'ait lu.