‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 423 sur 468 · CH B · texte numérisé non relu

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ville, que nous appelâmes Thymiatérion; au-dessous d'elle était une grande plaine.

« III. Ensuite, nous dirigeant vers l'Occident, nous parvînmes au lieu dit Soloeis, promontoire libyque couvert d'arbres.

« IV. Ayant établi là un sanctuaire de Poséidon, nous naviguâmes dans la direction du soleil levant pendant une demijournée, après laquelle nous arrivâmes à une lagune située non loin de la mer, couverte de roseaux abondants et élevés; des éléphants et d'autres animaux très nombreux y paissaient.

« V. Après avoir dépassé cette lagune et navigué pendant

s'agit de deux moitiés d'un inôrne trajet, par la route la plus directe (étant entondu que les Colonnes désignent ici le détroit).

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une journée, nous fondâmes sur la mer des colonies appelées le Mur Carien, Gytté, Acra, Melitta et Arambys'. »

La colonie que le traducteur grec appelle Thymiatérion, et dont le nom se retrouve dans le Pseudo-Scylax-, paraît bien correspondre à Méhédia^ lieu situé à gauche de l'embouchure de l'oued Sebou, sur un plateau escarpé, dominant une vaste plaine. Il y a entre le détroit et ce point une distance d'environ 250 kilomètres : ce qui convient à une traversée de deux jours. Il faut ajouter, au sujet des journées de navigation mentionnées dans le Périple \ que les distances franchies par Hannon en un jour ont dû varier, selon l'état de la mer, les vents, la nature des côtes, plus ou moins sûres, le long desquelles la flotte s'engageait. Il n'est pas prouvé, en effet, que, par le mot journée, on doive entendre une moyenne de parcours quotidiens ^

Notre texte n'indique pas le temps qu'Hannon, se dirigeant vers l'Occident (plus exactement vers le Sud-Ouest), mit pour aller de Thymiatérion au cap Soloeis, où il éleva un sanctuaire à un dieu de la mer, identifié par les Grecs avec Poséidon.

Le Périple de Scylax® mentionne aussi un cap Soloeis. « Toute

1. KaTwx;<7a[jL£v T:ô).£t; Tipoç ir, 8a/.d(Tv^ y.a/.o-jfilvai; Kaptx^v te itXyoç, xat rv"r,v (ou K'JTTTjV : lecture de Wescher, Dion. Ryz. navig., p. 78), y.at "Axpav, -/.al MI/iTiav, xai "Apa[ji6\jv.

2. § 112 (p. 93) : Kpàg'.ç TroTajj.ôç (l'oued Sebou) ■aoi.X }.'.u.r^'/, y.al toa-.; $oivî/.iov ©•^[j.'.atr,pîa ovoixa. Élienne de Byzance mentionne aussi ©-jij.iaTripia, irô)/.; Aio-jr,;. Il n'indique pas sa source.

3. Miilier, Geogr., n. à p. 2. Tissol, Mémoires présentés à l'Académie des Inscriptions, IX, 1^'= partie, 1878, p. 226. Kan. Fischer, p. 9-10. Illing, p. 13. — Selon Vivien (p. 350-7), à l'embouchure de l'oued Bou Begreg, soit à Salé, soit à Babat; conf. Entz, p. 14.

4. Il est évident qu'Hannon n'a pas tenu compte du temps passé à terre (sauf peut-être quand les arrêts étaient de très courte durée).

5. D'après Hérodote (IV, 86), 'a route qu'un navire pouvait faire dans un long jour était de 70 000 orgyes, dans une nuit, de 60 000 : soit 700 et 600 stades (129 kilomètres et demi et 111 kilomètres). Scylax (§ 69, p. 58) compte une moyenne de 500 stades par jour (92 kilomètres et demi). Il dit (§ 111, p. 90) que, dans les conditions les plus favorables, la traversée de Carthage aux Colonnes (environ 1 oOO kilomètres) peut s'accomplir en sept jours et sept nuits : ce qui fait une moyenne de 214 kilomètres à répartir entre un jour et une nuit.

celte région, ajoute-t-il, est la plus célèbre et la plus sainte de la Libye. Au sommet du promontoire, il y a un grand autel de Poséidon, etc. » Ce détail, qui rappelle le sanctuaire consacré à la même divinité par Hannon, ne permet guère de douter qu'il ne s'agisse du même cap, quoique le nom de Soloeis, mot phénicien signifiant rocher', ait pu être donné à plusieurs saillies du littoral. Or Scylax dit qu'il faut cinq jours de navigation pour aller des Colonnes au Soloeis^. Le cap Cantin, situé k environ 370 kilomètres de l'entrée du détroit, répond bien à cette indication. Il répond aussi à l"HXiou opoç, que Ptolémée' place entre les embouchures de T'Ao-àva et du <I>ou8, c'est-à-dire de l'oued Oum er Rbia et de l'oued Tensift^ : HXIoj opo<; n'est d'ailleurs qu'une traduction du terme latin promunturium Salis, mentionné par Pline ^ et Solis est une déformation de Soloeis^. C'est donc au cap Cantin qu'il faut placer le Soloeis d'Hannon^ Il est vrai que ce promontoire est aujourd'hui

1. Voir, entre autres, Movers, II, 2, p. 174, 243, 337 (sela; plur. selaïni). Conf. plus liaut, p. 408, n. 2.

2. Deux depuis les Colonnes jusqu'au cap Ilermée ('Ep|j.ata a/.pa), trois depuis le même cap. Tissot (L c, p. 196; voir aussi Vivien, p. 351) place le cap Hermée au Ras el Kouas, à la hauteur du lieu appelé par les Romains Ad Mercurios, a. 18 milles de Tanger. Mais il faut probablement chercher ce promontoire beaucoup plus au Sud, au delà de l'oued Bou Regreg, vers le lieu que l'Itinéraire d'Antonin (édit. Parthey et Pinder, p. 2 et 3) appelle Mercurius, à 16 milles de Sala : conf. JMûller, Geogr., n. à p. 91 ; Fischer, p. 11 cl 64. Je crois, avec AUiller (l. c. et édit. de Ptolémée, n. à p. o74) et Fischer (p. 66), contre Tissot, que la description donnée par Scylax des eûtes du Maroc actuel est défigurée par une grave interversion.

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