Pour cette distance voir Illing, p
3. Lahure et Fourcault, dans le Mouvement géographique, VI, a" 20 (22 septembre 1889)-
492 COLONISATION PHENICIENNE, EMPIRE DE GARTHAGE.
région n'est pas' un désert'; l'existence, à proximité de l'Océan, de ces hauteurs qui provoquent des condensations lui assure un climat moins sec que le reste du Sahara occidental. A l'époque des pluies, la Saguia, dont le lit est très large, prend l'aspect d'une rivière importante ^
Mais peut-on la comparer aux deux grands fleuves et au lac qui portèrent les vaisseaux d'Hannon? Quand même nous supposerions que le hasard ait amené les Carthaginois dans ces parages lors d'une grande crue, la présence des crocodiles et des hippopotames prouve qu'il y avait là de l'eau en toute saison. Après Hannon, vers le milieu du iv* siècle, le Pseudo- Scylax^ atteste que les Ethiopiens voisins de Cerné habitaient une grande ville, élevaient des chevaux et avaient des vignes, produisant beaucoup de vin, qu'ils vendaient aux marchands phéniciens. C'est peut-être aussi de ce côté qu'il faut placer la région occupée par des Ethiopiens et située à la fois dans le désert et sur la côte occidentale d'Afrique, où Strabon^ mentionne non seulement des lions et des girafes, mais encore des éléphants^ et, semble-t-il, des buffles ^
Nous avons cependant montré que le Sahara était dès l'antiquité un désert' et que ce désert s'étendait jusqu'à l'Océan, au Sud du Maroc*; Hannon l'avait longé depuis l'embouchure de
1. Voir les auteurs cités par Fischer, p. 32; par liling, p. 24, n. 151, et p. 26, n. 171. — Au XV* et au xvi^ siècle, le pays de la Saguia el Harara fut un centre religieux important, d'où partirent des missionnaires qui se répandirent dans toute la Berbérie.
2. C'est peut-être le fleuve Xiôn de Scylax, situé, dit cet auteur, dans le voisinage de l'île de Cerné : voir plus haut, p. 484, n. 8. — Fischer (p. 71) croit que le Jhimen Salsum indiqué par Pline, d'après Polybe ou Agrippa (V, 10), et le fleuve Stachir de Ptolémée (IV, 6, 2) répondent à la Saguia el Hamra.
4. XVII, 3, 5, d'après Hypsicrate (le texte porte 'Is'./.pâTr,;).
5. Les Éthiopiens dont parle Scylax avaient de l'ivoire en abondance ; ils en faisaient des objets divers, ou le vendaient aux marchands phéniciens.