‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 429 sur 468 · r,'/ -/.xrfDy.iTaiJ.Ev, KéovtiV ovojjLâTavTe · texte numérisé non relu

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4. 'E'zy.tx'X'.?ôi,LZ<iy. S'aùrriv È'/- to-j TiïpinXou- xaT' sùO-J XciTÔa; Kap/riôivo;- âwxst

Hannon parvint à Cerné après s'être engagé le long du désert. Il est donc impossible de chercher cette île sur les côtes du Maroc, en face de l'Anti- Atlas ou du Haut-Atlas, comme Polybe ' et Ptolémée ^ paraissent nous y invitera Parti de l'embouchure du Lixos, ou oued Draa, Hannon l'atteignit après trois journées seulement de navigation. Elle était donc située vers le Nord de la côte saharienne, et non pas, comme on l'a soutenu, au Rio de Oro^, ou au delà du cap Blanc, dans la

yàp 0 TiÂoO; k'x tô Kxp-/r,5ôvo; ètiI ^-:r}~x: •/.i/.eïSîv èiz'. KÉovr|V. L'expression -/.ai' £-j6ù Kaoy/iôôvo; a été reproduite dans les Incredibilia de Palaephatus, S 3L

1. Pline, VI, 199 : « Polybius in extrema Mauretania, conlra ruontem Atlanlem, a terra stadia VIII abesse prodidit Cernen. » Ailleurs (V, 0). Pline semble bien dire que Polybe marque une distance de 496 milles entre l'Atlas et le fleuve Anatis, l'oued Oum er Ubia (s'il faut interpréter ainsi ce texte, très discuté). Gela reporterait l'Atlas de Polybe tout au Sud du Maroc et permettrait de croire qu'il s'agit de l'Anti-Atlas : voir Miiller, Geogr., p. xxxi; Vivien, p. 338; Gôbel, p. 21; Fischer, p. 27; du reste, la mesure (734 kilomètres) serait encore trop forte, car il n'y a guère que 700 kilomètres entre l'Oum er Rbia et l'oued Draa, au Sud de l'Anti-Atlas. — On peut croire cependant que la Cerné de Polybe était celle d'Hannon. L'historien grec disait qu'elle était à huit stades de la terre. Or Cornélius Népos donnait la même indication (voir p. 483, n. 2 : 1 mille = 8 stades) au sujet de son île de Cerné, qui ne différait pas de celle d'Hannon, puisqu'elle était située ex adverso maxime Carthaginis {■= y.x-' £-j6y Kap-/Y)ôovo; du Périple).

2. Ptolémée (IV, 6, 14) place une île de Cerné (Képvr; vf,o-oç) assez loin dans la haute mer, à l'Ouest-Sud-Ouest de l'extrémité du Grand Atlas (cap Ghir). 11 n'y a pas d'île dans ces parages.

3. Sauf Scylax, dont nous allons parler, les autres auteurs qui mentionnent Cerné ne donnent pas d'indications utiles au point de vue géographique. Ératosthène [apud Strabon, I, 3, 2) se servait sans doute du Périple. On ne sait si Pline veut parler de l'île d'Hannon quand il dit (X, 22) : « In insula Africae Cerne in Oceano accipitres totius Masaesyliae humi fetificant; nec alibi nascuntur, illis adsueti gentibus ». Pline (VI, 198-9) nous apprend qu'Éphore mentionnait une île de Cerné; il disait que les marins, qui, venant de la mer Rouge, allaient dans la direction de cette île, ne pouvaient pas, a cause de la chaleur, dépasser certaines colonnes, c'est-à-dire certains îlots Éphore voulait-il parler de l'île d'Hannon? C'est possible, mais, dans ce cas, il ne pouvait pas dire, comme on le lit dans Pline (VI, 198), qu'elle était située « contra sinum Persicum » (ces mots, en effet, paraissent bien faire partie de la phrase relative à Cerné, et non de la phrase précédente). Il y a eu s'ans doute une confusion entre l'île d'Hannon et quelque île de l'Océan Indien. Dans Lycophron {Alex.. 18) et dans Nonnus (Dionys., XVI, 43; XXXIII, 183; XXXVI, 6; XXXVIII, 287), Kspvr, est un lieu mythique, situé en Orient. Denys de Milet (apud Diodore, III, 34) faisait de Cerné une ville des Atlantes, à l'extrémité occidentale du continent africain : c'était là de la géographie fabuleuse. Enfin Denys le Périégète (v. 219, dans Miiller, Geogr., II, p. 144) place les vallées de Cerné, -bsiiEx Képvr,:, à l'extrémité de l'Afrique, au bord de l'Océan.

4. Dans la baie dite Rio de Oro se trouve une île, d'ailleurs bien plus grande que la Cerné d'Hannon, qui est appelée Herné (ce nom apparaît pour la pre-

baie d'Arguin '. Il est vrai qu'on a douté de l'exactitude du chiffre de deux jours, indiqué dans le Périple pour la première partie du trajet, et qu'on a proposé de le remplacer par le chiffre douze-. Mais cette correction n'est pas acceptable, puisque Scylax compte en tout douze journées de navigation depuis les Colonnes jusqu'à l'île de Cerné ^ Notre texte même est plus décisif encore. Il nous apprend qu'il fallait naviguer autant, c'est-à-dire aussi longtemps, pour aller de Carthage aux Colonnes que pour aller des Colonnes à Cerné. Nous ne savons pas combien de journées Hannon comptait pour le trajet de Carthage au détroit, lieux distants d'environ 1 500 kilomètres *, mais la durée de cette traversée était certainement inférieure à celle qu'on devrait admettre si l'on adoptait la correction douze. Ayant mis le même temps à faire les deux trajets, Hannon jugea que Cerné était à l'opposite de Carthage, c'est-à-dire qu'elle était à la même distance du détroit. Cette conclusion ne pouvait pas être rigoureuse, comme Hannon lui-même le laisse entendre : il ne tenait pas compte, autant qu'il semble, des variations de vitesse, qui, du reste, devaient à peu près se compenser, eu égard à la longueur du parcours.

Les trois données du problème, — trois jours de navigation depuis l'oued Draa, douze jours depuis le détroit, 1 500 kilo-

inière fois, semble-t-il, sur une carte marine française de 1852, mais il est très probable qu'il ne tire pas son origine d'un souvenir du Périple). On a voulu l'identifier avec Cerné : Millier, Geogr., p. xxvi, et surtout édit. de Ptolémée, n. à p. .574, 73.3, 753; Vivien, p. 382-3; Bunbury, p. .324; Meitzer. p. 243; Eut/.. p. 33; etc. (voir Fiscber, p. 22, n. 2). Contra : Fischer, p. 22.

1. Opinion de Bougainville, d'xVnville, Movers, Trêve (p. 28-31), Avelot {BiilL de ,jCQ(jraph\é historique, 1908, p. 65, n. 2), etc. (conf. Fischer, p. 23, n. li; Judas (Revue de l'Orient, XII, 1800, p. 221) a même voulu retrouver le nom de Kipvïj dans celui d'Arguin. Contra : Mer, p. 36-37, 140-1 ; Fischer, p. 24. — Sur d'autres hypothèses inadmissibles relatives à la position de Cerné, voir Fischer, p. 21 et 25.

2. Correction de Muller {Geogr., n. à p. 7), approuvée par Vivien (p. 382, 399) et Meitzer (p. 243). Plus tard, Muller (édit. de Ptolémée, p. 574) a proposé d'adopter le chilfre huit.

3. § 112 (p. 93) : cinq jours des Colonnes au cap Soloeis (conf. plus haut, p. 4SI), sept jours du Soloeis à Cerné.

4. Scylax, nous l'avons dit (p. 480, u. 5), compte sept jours et sept nuits comme Diiuimum.

488 COLONISATION PHENICIENNE, EMPIRE DE GARTHAGE.

mètres environ depuis le même point, — sont parfaitement conciliables. En partant de l'oued Draa et en se dirigeant vers le Sud-Ouest, puis vers l'Ouest-Sud-Ouest (le Périple dit : « vers le Midi »), Hannon put arriver en deux jours au cap Juby\ au delà duquel la côte tourne. C'est entre ce cap et le cap Bojador, mais plus près du premier, non loin du delta de la Saguia el Hamra, qu'il faut chercher Cerné-. De là, nous comptons approximativement i 500 kilomètres jusqu'au détroit de Gibraltar, distance qui pouvait être franchie en douze jours, à une vitesse moyenne de 125 kilomètres. Par malheur, on ne trouve dans ces parages aucune île qui réponde à la description du Périple ; de plus, notre texte indique qu'après les deux premières journées, la flotte prit la direction du soleil levant : or, au delà du cap Juby, la côte file vers le Sud, puis vers le Sud-Sud-Ouest. Si nous ne voulons pas renoncer à nous servir de la relation d'Hannon, nous devons recourir, ici encore, à l'hypothèse trop commode de modifications profondes du littoral^ : la terre aurait gagné sur la mer et Cerné, distante de 1 500 mètres à peine de la côte^, aurait été rattachée au continent.

Le site de cette île était de nature à plaire aux Phéniciens et aux Carthaginois. Cependant il est très probable qu'ils ne l'avaient pas occupée avant Hannon, puisque celui ci dut lui donner un nom ^. Il y fonda la dernière de ses colonies ".

1. il y a environ 225 kilomètres entre l'oued Draa et ce cap.

2. Opinion de Kan, Fischer (p. 28 et suiv.), Ruge (p. 186), Illing (p. 23-23). .3. Illing, p. 2.3.

4. Voir Polybe et Cornélius Népos, cités p. 486, n. 1, et p. 483, n. 2.

3. Ce nom aurait signifié en phénicien « habitalio ullima », selon Bochart (cilc par .Millier, Geogr., n. à p. 7). L'hypothèse qui le rattache au mot signifiant corne est moins iavraisemblable (Qualremère, Journal des Savants, 1837, p. 239; Judas, n.ivae de VOrient, XII, 1860, p. 221); ce mot se retrouve dans l'épilhète Balcaranensis, donnée à un Saturne qu'on adorait au djebel Bou Kournein, la montagne des Deux Cornes, au fond du golle de Carlhage : Toulain, Mélanges de VÉcole de Rome, XII, 1892, p. 19 et suiv., 102-3.

6. Cette colonie fut peut-être installée sommairement. Scylax {§ 112, p. 94) dit que, quand les marchands phéniciens arrivent dans l'île de Cerné, ils y dressent

« IX. De là, passant par un grand fleuve, le Chrétès*, nous arrivâmes à un lac qui renfermait trois îles, plus grandes que Cerné. Partant de ces îles, nous fîmes un jour de navigation et arrivâmes au fond du lac, que dominaient de très grandes montagnes^, pleines d'hommes sauvages, vêtus de peaux de bêtes ^ qui, nous lançant des pierres, nous empêchèrent de débarquer.

« X. De là, nous entrâmes dans un autre fleuve, grand et large, rempli de crocodiles et d'hippopotames^. Puis nous rebroussâmes chemin et nous retournâmes à Cerné.

« XI. Nous naviguâmes de là vers le Midi »

Le Périple raconte sans doute ici un voyage de reconnaissance, qu'Hannon dut faire avec un petit nombre de vaisseaux, laissant le reste de sa flotte à Cerné ^.

Ces masses d'eau sur lesquelles les Carthaginois s'avancèrent pendant plus d'une journée ^ ce fleuve plein de crocodiles et d'hippopotames, on est naturellement disposé à les chercher

des tentes pour s'abriter. Us ne trouvaient donc pas en ce lieu où se loger. Il est vrai qu'ils venaient peut-être en foule, à des sortes de foires périodiques.

1. Xp£TY5ç (ou Xp£TT,v, Iccture de Wescher, l. c, p. 78). Xpefiéiriç, dans Aristote, Meteor., I, 13, 21 (conf. plus haut, p. 473, n. 4); dans Nonnus, XIII, 374, 380, et XXXI, 103; dans Suidas, s. u. ; Xpep-ETiç, dans Hésychius, s. v. — Bocliart {apud Millier, Geogr., n. à p. 8) croit que c'est un nom phénicien, signifiant « fluvius vinearum ».

2. etç tôv [iw/bv ttjç ),tjxvY)(;..., ÛTcàp r,v op-/) (isytaTa •jTiïpÉTStvs,

3. àv8p(ij7twv àypcwv, 5Épjj.a-a 6/|p£ta âvy][ijj.£V(jov. Cette expression indique évi derament des vêlements : on ne peut donc pas croire qu'il s'agisse de singes.

4. Le second ileuve est-il, comme on l'a cru (Millier, Geogr., n. à p. 9; Vivien p. 386; etc.), le « flumen Bambotum, crocodilis et hippopotamis refertum », men tionné par Pline (V, 10), d'après Polybe ou Agrippa? Bochart a ingénieusement rapproché ce nom de l'hébreu beheinoth, qui paraît signifier hippopotame. Peut-être le Périple l'indiquait-il ; il aurait été omis dans notre manuscrit.

5. Hannon avait déjà pu laisser auprès des colonies nouvelles une partie des navires qui avaient servi à Irausporter les émigrants.

6. Il leur fallut un jour pour aller des îles qui étaient dans le lac jusqu'au fond de ce lac.

490 COLONISATION PHÉNICIENxNE, EMPIRE DE GAUTHAGE.

au delà du Sahara desséché. Parmi les savants qui ont étudié le Périple, plus d'un a cru qu'IIannon avait navigué sur le Sénégal ^ Il semble difficile de renoncer à cette opinion. Elle se heurte cependant à des objections très fortes.

D'abord, il faut beaucoup de bonne volonté pour retrouver de ce côté les deux fleuves reliés par un lac^ et les très hautes montagnes que décrit notre texte ^ En outre, la relation nous apprend qu'Hannon. parti de Cerné pour s'engager dans le

1. Plusieurs hypothèses ont été présentées. Les uns ont identifié le premier fleuve avec une rivière de Saint-Jean, qui délioucherait au Sud d'Arguin, près du cap Mirik, et le second fleuve avec le Sénégal : voir, entre autres, Millier, Geogr., n. à p. 8 et 9. Mais cette prétendue rivière de Saint-Jean n'existe pas (Vivien, p. 383: Mer, p. 142-3; Miiller, édit. de Ptolémée, n, à p. 733, corrigeant ce qu'il avait dit dans son édition du Périple). D'autres croient que le premier fleuve est le Sénégal et le second la Gambie : Judas, Revue de VOrient, XII, p. 230, 260; Eutz, p. 36-38. Selon Mer (p. 41, 144-5), il s'agirait de la Gambie et du Rio Geba. Ces hypothèses doivent être rejetées, car elle indiquent deux fleuves indépendants l'un de l'autre, tandis que ceux du Périple communiquaient par l'intermédiaire d'un lac (voir note suivante). — Vivien (p. 384-6) identifie le Ghrétès, ou Chrémétès, avec le marigot des Maringoifins, une des coulées du Sénégal, qui, à l'époque des hautes eaux, devient une véritable embouchure, située à 83 kilomètres au îs'ord de l'embouchure permanente (voir Reclus, Géographie, XII, p. 189). Le lac d'Hannon serait le grand lac de Guier, au Sud du Sénégal, avec lequel il communique; ce lac renferme plusieurs îles et est dominé par des collines à l'Est. Le second fleuve serait le Sénégal inférieur (bras de Saint-Louis). L'opinion de Vivien a été adoptée par Bunbury, p. 323 et -333; par Meltzer, p. 243; par Kan; par H. et R. Kiepert, Formae orbis antiqui, X, carton. Millier (édit. de Ptolémée, n. à p. 7.33) s'y rallie, mais en substituant au lac de Guier le lac Cayar, situé au Nord du Sénégal, avec lequel il communique aussi, et bordé à l'Est par des collines.

2. Il ne semble pas qu'on puisse comprendre autrement notre texte : sî; Àifivrjv à3ix6{i£6a, S'.i Ttvo; 7roTa[j.o-j [Aeyâ/.o-j StaTt/E-jO'XvTc;... Eiç tov (iv/ôv tt,; ),;(Avr|Ç f,/.6o[i£v... 'E-/.£tft£v ir/.eovTîç £•; îTspov T|>,6o[1£v TTùtapLÔv. Conf. Fischer, p. 23.

3. Le lac de Guier n'a qu'une communication indirecte avec le Sénégal, par l'étroit marigot de la Taouey, dont le confluent est à près de 100 kilomètres de l'embouchure du marigot des Maringouins et qui a une quinzaine de kilomètres de bj-^igueur. Les collines qui dominent le lac sont insignifiantes. Pour revenir par le bras de Saint-Loui^, Hannon aurait dû repasser par la Taouey et refaire sur le Sénégal une grande partie de son premier trajet, tandis que le Périple indique qu'il passa du lac dans le second fleuve. On pourrait, il est vrai, faire tomber cette dernière objection en supposant que le second fleuve est le large marigot de Bounoun, qui forme au Sud le prolongement du lac de Guier, maisalors il ne faudrait compter qu'une trentaine de kilomètres pour la traversée du lac, ce qui est trop peu pour une journée de navigation. Le lac Cayar est encore plus éloigné de la mer que le lac de Guier; il ne communique pas directement

.Avec le Sénégal ; il est trop petit pour exiger une journée de navigation ; les hauteurs qui le bordent sont des buttes de sable. Consulter la carte 8 de VAllas des colonies françaises de P. Pelet.

Chrétès, y revint ensuite et que, de là, il se dirigea vers le Sud. La position de Cerné paraissant devoir être fixée entre l'es caps Juby et Bojador, il y aurait lieu d'admettre qu'Hannon longea d'abord le littoral sur une étendue d'environ 1 500 kilomètres, jusqu'à l'embouchure du Sénégal, qu'après avoir exploré ce fleuve, il refit le même trajet en sens inverse, et qu'ensuite il le recommença une troisième fois. Ces allées et venues, qui lui auraient pris au moins un mois, sont invraisemblables. D'aille.urs, après son' second départ de Cerné, il suivit une côte qu'il ne connaissait pas encore : les détails donnés (au § XI) sur l'attitude des indigènes le montrent assez clairement. On est donc amené à croire que, de Cerné, Hannon passa presque immédiatement dans le Chrétès'.

Un grand fleuve se jetant dans la mer après être sorti d'un vaste lac que les Carthaginois mettent un jour à parcourir, qui renferme trois îles et que dominent des montagnes très élevées, un autre fleuve important communiquant avec ce lac : voilà ce que le Périple indique dans une région que nous avons de fortes raisons de placer en plein Sahara, entre le cap Juby et le cap Bojador.

A 43 kilomètres- au delà du cap Juby, débouche la rivière appelée Saguia el Hamra. Elle forme un delta, large d'une douzaine, profond d'une dizaine de kilomètres, qui, en hiver, saison des pluies, est couvert d'eau. Pendant le reste de l'année, ce delta est séparé de la mer par une forte barre de sable et, à l'intérieur, il n'y a que des méandres d'eau dormante ^ Dans le pays, encore très mal connu, que parcourent la Saguia et ses affluents, se dressent, non pas « de très grandes montagnes », mais tout au moins des collines assez élevées. Cette

1. Pour ce qui suit voir Fischer, p. 30 et suiv. (approuvé par Ruge, p. 186); llling, p. 23, 26-27. Ils identifient le Chrétès avec la Saguia el llamra.

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