Geogr., Xlli, p
approcher des pitons supérieurs, craignant d'être saisis et torturés par les mauvais génies. » On a donc supposé ' que le volcan de Cameroun est le Char des dieux; à l'époque d'IIannon, il aurait été en pleine activité.
Dès lors, le littoral embrasé et odoriférant, mentionné si brièvement dans le Périple, correspondrait à une très longue étendue de côtes, d'ailleurs basses, monotones et dont il n'y avait presque rien à dire-. Quanta la Corne du Sud, elle devrait être cherchée entre le fond du golfe de Guinée et le cap Lopez, à la baie de Corisco ou à l'estuaire du Gabon \ et le nom qu'elle portait n'aurait pas indiqué son orientation, puisque baie et estuaire regardent l'Ouest. Parmi les îles et bancs de ces parages, rien ne rappelle aujourd'hui les deux îles d'Hannon^.
Si l'on place le Char des dieux au mont Kakoulima, la Corne du Sud devra naturellement être reportée beaucoup plus à rOuest. De nombreux savants l'identifient avec le canal de Sherbro^ Les deux îles d'Hannon ne s'y retrouvent pas non plus. En outre, les distances parcourues journellement par les Carthaginois depuis le cap Vert auraient été bien courtes. Ils auraient mis en effet plus de quatorze jours'' pour faire environ 1030 kilomètres''.
1. Opinion de l'exploraleur R. Burton, reprise par Mer (p. 52) et Illing (p. 39-40).