‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 442 sur 468 · Mer, p. 43-44; conf. Fischer, p · texte numérisé non relu

Mer, p. 43-44; conf. Fischer, p

comme ceax que les Carthaginois avaient vus après avoir doublé le cap Vert. Il est plus malaisé de donner une explication des ruisseaux de flammes, débouchant dans la mer, que le Périple signale en deçà et au delà du Char des dieux. On a fait diverses suppositions : torrents volcaniques; phosphorescences de la mer aux approches des côtes; rivières dont les eaux auraient pris la couleur rouge des terres qu'elles traversaient, ou auraient reflété les feux allumés au-dessus d'elles; éclairs multipliés qui seraient sortis de nuages très bas et qui, vus du large, auraient ressemblé à des torrents de feu; incendies que les gens du pays auraient allumés, pour brûler les herbes desséchées et préparer des terrains de culture, et qui se seraient propagés avec une grande rapidité'. Ces hypothèses sont bien peu satisfaisantes ; la dernière est encore la moins invraisemblable.

Qu'étaient les Gorilles de l'île de la Corne du Sud? On s'est demandé^ si le mot FopO.Àa;, qui se lit sur notre manuscrit, n'est pas une faute de copiste, pour Fopvàoas : Pomponius Méla^ et Pline ^ écrivent en effet Gorgades. Cependant il est possible que le traducteur grec ait bien écrit rovlÀAv.ç. en se conformant au texte punique; un auteur postérieur aurait changé ce mot en ropyàSa>;, parce qu'il voyait des Gorgones dans les êtres mentionnés par Hannon ^

La plupart des savants modernes qui ont parlé des Gorilles les ont regardées comme des guenons ^ Ce nom a été donné, d'après le Périple, à une espèce de grands singes qui habite, entre autres régions africaines, celle du Gabon, où elle a été

1. Pour ces différentes hypothèses, voir Muller, Geogr., n. à p. i2;Mer, p. 49-3! ; Fischer, p. 35-57; Ruge, p. 186; llling, p. 33 et 41.

2. Osaiin, Zeitschrift fiir die AUcrtuinswissenschaft, 1833, p. 348. Fischer, p. 63.

3. III, 99 : «' iiisula!' Gorgades >■ (le manuscrit du Vatican donne <■ dorcadcs »).

4. VI. 200 : « Gorgades insulae »; « duarum Gorgadum cutas ». 5 llling, p. 41, n. 285.

G. Voir, entre antres, Buffon, Oiseaux, De la Grue (Œuvres, VI, p. 394, n. l, Ledoux éditeur, 1845).

506 COLOXISaTION PHÉNICIENNE, EMPIRE DE GARTHAGE.

sii^iialée pour la première fois, en 1847 ^ Mais les détails qu'on lit dans Ilannon ne conviennent point à des gorilles : ces animaux ne vivent pas en troupes nombreuses" et ils sont trop vigoureux pour qu'on puisse les capturer vivants ^ Selon d'autres, il s'agirait de chimpanzés*. Il est pourtant fort douteux que les Carthaginois aient pris des singes pour des hommes^ : ils connaissaient bien les singes, qui abondaient dans l'Afrique du Nord ^

M. Illing' croit que les sauvages velus du Périple étaient des Pygmées, ou Négrilles^ Il en existe encore en arrière des rivages qu'Hannon dut atteindre, dans le Cameroun et dans la colonie française du Congo. Les hommes de petite taille qu'au dire d'Hérodote ^ le Perse Sataspès vit en Libye, après plusieurs mois de navigation sur l'Océan atlantique, appartenaient peut-être aiissi à cette race. Les P3^gmées ont le système pileux plus développé que les nègres*"; en outre, chez certains groupes de ces nains, une sorte de duvet recouvre tout le corps: ce que constatait un contemporain de l'empereur Justi-

1. Parmi les savants qui, depuis, ont identifié les hommes sauvages d'Hannon avec des gorilles, je citerai 0. Relier, Thiere des klassischen Altertlnims (lansbruck, 1S87), p. 15-16.

2. Ils forment des bandes qui ne dépassent guère douze individus. Il en est de même des chimpanzés.

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