Pline, XVIIl, 188 : « in mediis harenis
LE CLIMAT DE L'AFRIQUE DU NORD DANS L'ANTIQUITÉ. 65 de l'eau courante par des puits et des citernes, si nécessaires aux voyageurs que les Itinéraires anciens les mentionnaient'. C'eût été un prodige, au dire d'un poète africain, de voir les ravins des Syrtes apporter de l'eau à la mer-. Entre le rivao-e, où s'élevaient les villes de Sabratha et d'Oea, et le rebord du plateau saharien, il n'y a pas de ruines dans la région plate appelée aujourd'hui la Djefîara^; on ne pouvait pas plus y vivre autrefois qu'aujourd'hui*. Le littoral de la grande Syrte est. dit Strabon^ un pays sablonneux, desséché, stérile. Des vers de Lucain'^ décrivent cette côte, oii il ne pleut pas, où la chaleur et la poussière s'opposent à toute végétation. Cinq cents ans plus tôt, Hérodote indiquait déjà'' que le pays situé dans le fond de la Syrte était dépourvu d'eau ^
Tel était le littoral. A l'intérieur, au delà de la bordure du plateau saharien, dont les falaises dominent à pic la DjelTara, c'était le désert brûlant, inhabitable, « de vastes déserts, dit Pline ^ s'étendant dans la direction du pays des Garamantes »; « des lieux tristes, où il n'y a nul moyen d'aller ni de vivre ». dit Corippus'". Pour se rendre de la côte chez les Garamantes,
1. Table de Peutinger : Puieo (au Sud des chotls); Putea Pallene, Ad Cisternas (conf. Ptoléniée, IV, 3, 4), Putea nigra (sur la route du littoral). — Voir aussi Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie, I, p. 202 et suiv. ; II, p. 17 et suiv. ; Carton, Étude sur les travaux hydrauliques des Romains en Tunisie (Tuuis, 1897), p. 34.
2. Anthologia latina, édit. Riese, p. 275, n° 349. — En 547, les Byzantins et les indigènes se livrèrent une grande bataille pour la possession d'une rivière qui donnait de l'eau, à une quarantaine de kilomètres au Sud-Est de Gabès : Corippus, Johannide, VI, 473 et suiv., 493 et suiv., 513.