‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 47 sur 468 · Pline, V · texte numérisé non relu

Pline, V

2. Périple, 6 {Geogr. gr. min., I, p. 5-6). .3. Voir plus haut, p. 63.

4. Je noterai cependant, sans insister sur cette remarque, que les riverains du fleuve étaient, au dire d'Hannon, des pasteurs nomades, et non des sédentaires qui auraient utilisé l'eau du Lixos pour des cultures.

5. Pline, V, 9. Il est malaisé de dire si c'est une citation d'Agrippa (voir Riese, Geographi latini minores, note à la page o) ou de Polybe (comme on le dit généralement : opinion défendue par Klotz , Quaesliones PUnianae geographicae, dans Qaellen und Forschungen de Sieglin, XI, 1906, p. 14-15).

. 6. Kobelt {Studien zur Zoogeographie, I, p. 79) suppose qu'il existait autrefois, sur le cours supérieur de l'oued Draa, un ou deux lacs, qui lui servaient de réservoirs et lui assuraient un débit abondant en toute saison. Mais ce n'est là qu'une fragile hypothèse.

Il y avait aussi des crocodiles dans une ou plusieurs rivières qui, comme l'oued Draa, sortaient de l'Atlas et que des anciens identifiaient avec le NiP. Avaient-elles plus d'eau que n'en ont de nos jours l'oued Ziz ou l'oued Guir? Il ne faudrait pas l'affirmer trop vite 2. Des crocodiles pourraient vivre dans les rivières que nous venons de nommer; il en vit encore en plein Sahara ^

A peu de distance au Sud de l'oued Djedi, qui naît près de Laghouat et se prolonge vers l'Orient jusqu'au Sud-Est de Biskra, on peut suivre, sur environ soixante kilomètres, la trace d'un gigantesque fossé. Il partait de la rivière et on l'a naturellement regardé comme un ouvrage d'hydraulique agricole. S'il en était ainsi, il serait nécessaire d'admettre que l'oued Djedi fournissait un volume d'eau assez considérable pour suffire à des irrigations très étendues \ Mais on n'a retrouvé aucun débris de l'immense barrage de dérivation qu'il aurait fallu construire sur le lit de la rivière; d'ailleurs, d'autres raisons portent à croire que ce fossé marquait une frontière romaine et qu'il est resté toujours à sec^

Sur les bords de l'oued Itel, dont le lit est parallèle à celui de l'oued Djedi, à une cinquantaine de kilomètres au Sud, existent des vestiges de bourgs, construits par des maçons indigènes. Pourtant les dispositions de certains ouvrages défensifs

1. Pline,. V, 51 (d'après Juba); Pausanias, I, 33,6; DioQ Gassius, LXXV, 13. Voir aussi Mcla, III, 96 ; Ammien Marcellia, XXII, 15, 8 ; Paul Orose, I, 2, 29. — Plino (V, 52) indique également, d'après Juba, des crocodiles dans un lac situé chez les Masœsyles, dans la Maurétanie Césarienne.

2. Pausanias (I, 33, 5), dont les indications sont du reste très sujettes à caulioa, parle de trois rivières qui descendent de l'Atlas, mais qui sont aussitôt absorbées par le sable.

3. Crocodile (espèce du Nil) capturé en 1909 par le capitaine Niéger, dans le Tassili des Azdjers; la dépouille, adressée à M. Flamand, a été envoyée par ce dernier à Paris, au Muséum (indications de M. Flamand). Voir aussi Schirmer, le Sahara, p. 128.

4. Coaf. Dinaux, dans Enquête adminislrative sur les travaux hydraulifjucs anciens en Algérie, p. 142.

5. Gsell, dans Mélanges Boissier, p. 227 et suiv-; le même, Allas archéoloyique de VAljérie, P 48. n" 69

prouvent que l'on s'est efforcé d'imiter les forteresses romaines ou byzantines. Sur le sol de ces anciens établissements gisent des fragments de poteries vernissées, de fabrication romaine. De nombreux tombeaux sont des tumulus, type de sépulture qui remonte sans doute à une haute antiquité; mais on y a trouvé des objets en fer, des poteries vernissées. Ils ont probablement élé élevés par les villageois voisins ^ Il n'est pas certain que ces ruines datent toutes de la même époque, car les centres habités ont pu se déplacer. En tout cas, elles attestent, sinon un peuplement très dense, du moins des mœurs sédentaires, dans un pays qui n'est plus occupé que par des nomades, et seulement pendant une partie de Tannée. Faut-il admettre un changement de climat? Suffirait-il, au contraire, de faire des barrages sur la rivière, de creuser des puits, pour ranimer la vie passée? C'est ce que nous ignorons.

Les ruines romaines, abondent au Sud et au Sud-Est du massif de l'Aurès, comme aussi au Sud-Est de Gabès, entre les monts des Matmatas et la mer. Les anciens, nous le savons, ont choisi pour l'exploitation de ces régions des cultures exigeant très peu d'eau, et ils ont utilisé, de la manière, la plus judicieuse et la plus attentive, les ressources que pouvaient leur offrir les oueds descendant des montagnes, les pluies, les nappes souterraines. On est cependant tenté de se demander si ces vestiges ne témoignent pas d'une densité de population que ne comporterait point le climat actuel, dans des conditions semblables d'exploitation du sol et d'emploi de l'eau disponible ^

Pline l'Ancien, après avoir décrit la province d'Afrique,

1. Hamy et Leroy, Comptes rendus de V Académie des Inscriptions, 1896, p. 10-13. Blanchet, Bull, archéologique du Comité, 1899, p. 137-142.

2. Corif., pour le pays au Sud-Est de Gabès, Carton, Annales de la Société géologique du Nord, XY, 1887, p. 44. — Dans le Nefzaoua, à l'Est du chott el Djerid, l'existence de citernes, qui ne pourraient plus être alimentées aujoupd'hui, permet de croire que le « régime des pluies s'est niodiflé défavorablement depuis l'époque romain*» » • Toulain, Bull, archéologique du Comité, 1903, p. 339.

LE CLIMAT DE L'AFRIQUE DU NORD DANS L'ANTIQUITÉ. 6& parle des deux Syrtes. « Pour aller, dit-il \ à la petite Syrte^, il faut traverser des déserts de sable, infestés de serpents. Viennent ensuite des salius % pleins d'un grand nombre de bêtes sauvages et, plus à l'intérieur, des solitudes où vivent des éléphants; bientôt, de vastes déserts et, au delà, les Garamantes, qui sont éloignés des Augiles de douze journées de marche. » D'après ces indications, les saltus et les lieux habités par des éléphants devaient se trouver entre le golfe de Gabès et le Fezzan, sur la bordure du plateau saharien, dans la zone appelée par les indigènes le Djebel (monts des Matmatas, djebel Douirat, djebel Nefousa)\

Des bois très épais sont signalés par Hérodote ^ à deux cents stades de la mer, à la colline des Grâces, d'où sort le fleuve Cinyps^ c'est-à-dire dans le paj's situé au Sud de Lebda (autrefois Leptis Magna). Le même historien parle avec enthousiasme du pays parcouru par ce fleuve' : « La région du Ginyps vaut les meilleures terres du monde pour les céréales et ne ressemble en rien au reste de la Libye. Le sol est noir, arrosé par des sources; il n'a pas à craindre la sécheresse, ni l'excès des pluies, car il pleut dans cette partie de la Libye. Le produit des récoltes y est avec la semence dans le même rapport que sur la terre de Babylone..., de trois cents pour un. »

Les terres élevées qui dominent presque le rivage, en arrière de Lebda, arrêtent les vents chargés d'humidité et reçoivent quelques pluies. On y voit encore « de belles plantations

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