‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 67 sur 468 · Appien, Bell, civil., II · texte numérisé non relu

Appien, Bell, civil., II

5. Pline, III, 133 : « roscidas aestate Africae noctes »; XVIII, 186 : « in Africa... fruges nocturuo tantum rore nutriente. »

6. Pline (V, 14) affirme, d'après Suétonius Paulinus, que le sommet de l'Atlas est, même en été, couvert de neiges épaisses (conf. Dion Cassius, LXXV, 13, et, d'après Dion, Zonaras, XII, 9, t. II, p. 531 de l'édition de Bonn; voir aussi Virgile Enéide, IV, 249). Actuellement, la neige ne demeure pendant toute l'année que dans quelques coins bien abrités du Haut-Atlas (voir plus haut, p. 44). Mais il serait sans doute bien imprudent d'en conclure que les chaleurs de l'été étaient autrefois moins fortes. — D'autre part, rien ne prouve que le dattier, qui, pour fructifier, a besoin d'étés très chauds et très secs, ait porté des fruits ailleurs que dans les oasis du Sud où il fructifle encore aujourd'hui. Dans l'Ouest du Maroc, Pline (V, 13) indique des restes d'anciennes palmeraies sur un fleuve Ivor, ou Vior, qu'il place entre le Fut (oued Tensift) et l'Atlas. Mais produisaient-elles de meilleurs fruits que les dattiers qui sont si nombreux dans la région de Merrakech? — Appien (Lib., 71) dit que, chez les Numides, l'hiver n'est pas très froid et que l'été n'est pas d'une chaleur excessive, comme chez les Éthiopiens et chez les Indiens : ce qui ne nous apprend pas grand'chose. Appien lui-même {Lib., 73) parle de la chaleur de l'été africain.

88 LES CONDITIOxNS DU DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE.

moissons ^ Pour les vendanges, un texte indique la fin d'août % un autre l'automne^ : dates qui sont encore exactes (elles varient selon la température, l'altitude et même les cépages). En 533, au mois de septembre, les soldats de Bélisaire trouvèrent en abondance des fruits mûrs sur le littoral de la B3'zacène*. Procope ne donne pas de détails : s'il s'agit de figues, de grenades, de raisins, fruits que nous savons avoir été très répandus en Afrique dans l'antiquité, l'indication concorde avec l'époque actuelle de leur maturité. Quant aux olives, on les cueillait, comme de nos jours, depuis novembre jusque pendant l'hiver^.

Les hivers étaient-ils plus ou moins rigoureux qu'aujourd'hui? Nous l'ignorons^

Mais quelques renseignements nous sont donnés sur le régime

1. En Italie et en Sicile, on constate qu'aux environs de notre ère, elles se faisaient environ un mois plus tard qu'aujourd'hui : les chaleurs étaient donc plus tardives et, sans doute, plus modérées. Une pièce de vers, insérée dans une anthologie africaine (Anthologia latina, édit. Riese, p. 133, v. 13), indique la moisson en juillet. Actuellement, la récolte de l'orge se fait en Afrique en maijuin, celle du blé en juin et dans la première quinzaine de juillet.

2. Golumelle, XI, 2, 60. C'est l'époque où, de nos jours, on commence la vendange sur le littoral.

3. Saint Cyprien, Ad Donatam, 1; conf. Arnobe, I, 21. — Une pièce de vers d'un recueil africain (voir à la note 1) indique (v. 18-20) que les raisins sont mûrs en septembre; elle place la fabrication du vin ea octobre : ce qui, actuellement, serait une date bien tardive pour l'Afrique.

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