Procope, Bell, vand., I, 16, 1; I
5. Saint Augustin {Enarr. in Psalm. GXXXVI, 9) dit qu'on met les olives sous le pressoir à la fin de l'année. Sur une mosaïque de la région de Sousse, la figure de l'Hiver est accompagnée d'un homme ramassant des olives : Catalogue du musée Alaoui, Suppl., pi. XVI, flg. 2. Dans le poème du recueil africain cité plus haut, la fabrication de l'huile est indiquée en novembre (v. 21-22) :
Arva November arans fecundo vomere vertit, Cum teretes sentit pinguis oliva moles.
6. On admet d'ordinaire q.ue la limite d'altitude pour les oliviers fructifères est d'environ 900 mètres dans l'Afrique du Nord (en Kabylie) et qu'ils ne doivent pas être exposés à des froids persistants de — 6°. Cependant nous trouvons, dans la province de Constantine, des restes de pressoirs à huile à dos altitudes dépassant 1 000 mètres. Mais cela ne prouve pas que les hivers aient été moins froids qu'aujourd'hui dans les parties hautes de la Berbérie. Les anciens ont pu planter des variétés plus résistantes à la gelée que les variétés cultivées actuellement à des altitudes moins élevées. D'ailleurs, au Maroc, il existe encore des oliviers fructifères à I 300 mètres, et même à près de 1 500 mètres d'altitude : Fischer, Der Oelbauni {Petermanns Mitteilungen, Ergiinzungshefl GXLVII, 1904) p. 26, 79 et 81.
des pluies. Parfois, comme il arrive encore de notre temps, il y avait des années de très grande sécheresse. Quand Hadrien visita r.\frique, en 128, « la pluie qui, depuis cinq ans, avait manqué, dit le biographe de cet empereur*, tomba à son arrivée et, pour cette raison, il fut aimé des Africains ». Arnobe, à la fin du 111^ siècle, parle de sécheresses qui, dans l'année où il écrit, ont sévi sur les champs des Gétules et de la Maurétanie Tingitane, tandis que les Maures de la Césarienne et les Numides faisaient de très belles moissons\ En 484, affirme un écrivain contemporain, Victor de Vite% « il n'y eut aucune pluie, aucune goutte d'eau ne tomba du ciel ». Il est question dans quelques textes d'absences de récoltes, de disettes, causées évidemment par le manque de pluie. Tertullien^ dit que, sous le gouvernement d'Hilarianus (vers 202), on ne fit pas de moisson. Une inscription de Rusguniae (près d'Alger) célèbre la libéralité d'un magistrat municipal, « qui fournit du blé à ses concitoyens et empêcha ainsi le prix de cette denrée de monter^ ». A Thuburnica (dans la région de la Medjerda), une autre inscription nous montre le blé atteignant le prix très élevé de dix deniers le boisseau^ : ce qui ne peut s'expliquer que par une mauvaise récolte. Une inscription de Madauros mentionne une disette". Sur une inscription de Rome, un personnage, qui fut proconsul en 366-367, est remercié solennellement d'avoir chassé la faim de la province d'Afrique ^ En 383, les recolles
1. Histoire Auguste, Hadrien, XXII, 14. Ce fut peut-être alors que le légat de la légion lit à Lambèse deux dédicaces « Ventis, bonarum Tempestalium potentibus >',et « lovi O(plimo) M(aximo), Tempestatium diviuarurn poteiiti » : C. I. L. VIII, 2GI0 et 2609.