‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 11 sur 553 · T. II. p. 312 et · texte numérisé non relu

T. II. p. 312 et

0. En 480 et 396, Amilcar et Himilcoa, combattant en Sicile, firent venir du blé, non seulement de la Libye, mais aussi de la Sardaigne: Diodore, XI, 20, 4; XIV, G3, 4.

a. Diodore, XIV, 77, G; Polybe, 1, 82, 7. Voir aussi Diodore, XXI, 16, 1 : Agathocle, peu avant sa mort, songe à une nouvelle expédition en Afrique; avec la flotte qu'il constitue, il empécliera les Carthaginois de recevoir du blé de la Sardaigne et de la Sicile. Conf. t. 1, p. 428, a. 4.

AGRICULTURE. i\

dans la première moitié ilu ii* siècle, elle lit aux Uomains des fournitures de grains, dont il ne faut pas, d'ailleurs, exagérer l'importance '.

Autant qu'il semble, la culture du blé et de l'orge était l'alïaire des Libyens, plus que des Carthaginois-. Parmi les extraits de Magon qui nous sont parvenus, aucun ne s'y rapporte directement ^ Peut-être .Magon traitait-il ce sujet d'une manière assez brève et ne donnait-il guère de préceptes nouveaux, dont les étrangers eussent pu tirer prolît*.

Il est à croire que, sur le territoire punique, les céréales furent cultivées par les indigènes partout où elles pouvaient l'être. Les régions les plus favorables, par le climat et le sol, sont celles de Mateur et de Béja, les grandes plaines de la Medjerda, dans la Tunisie septentrionale ^ de hautes terres et des plaines éparses dans la Tunisie centrale. Les textes anciens

1. En 20.3, Scipion exig:ea des Carthaginois, qui sollicitaient la paix, .500 000 boisseaux de blé (4.3 770 hectolitres) et 300 000 d'or','o : Tite-Live, XXX, 10, H. Ce blé et celte or^e devaient servir à l'alimentation de sou armée (voir t. m, p. 241, n. 3). Les quantités indiquées représentent le 250° de la production moyenne annuelle de l'Alf^érie en blé, le 600° en orge. Après la bataille de Zama, Scipion, parmi les conditions de la paix qu'il imposa aux vaincus, leur demanda de fournir à ses troupes du blé pendant trois mois : Polybe, XV, 18, 6. Selon Tite-Live, il envoya à Rome, en 201, une quantité énorme de froment, que les édiles curules vendirent au peuple à très bas prix : XXXI, 4, 6 (indication suspecte). Pour les envois de blé et d'orbe faits par Carthage à Rome et aux armées romaines combattant en Orient, lors des jjuerres contre Philippe de Macédoine, Antiochus de Syrie et Persée, voir t. III. p. 298, n. 3. Tite-Live indiciue 400 000 boisseaux de blé en l'année 200; 750 000 d'orge en 101 (le chilTre est mutilé pour le blé); 500 000 d'orge et un million de boisseaux de blé eu 170. — En 300, Carthage avait remis à Agathocle 200 000 medimnes de blé (un peu plus de 100 000 hectolitres) : Diodore, XX, 79, 5; conf. t. 111, p. 62. Mais rien ne prouve rju'elle ait tiré ce blé de son territoire africain.

2. Dans le passage où il décrit l'état des campagnes traversées par l'armée d'.Vgathocle, après qu'elle eut débarqué à proximité du cap Hon, Diodore (XX, 8,| 3-4) mentionne, outre des maisons de campagne appartenant à l'aristocratie, des plantations d'arbres fruitiers et des prairies où paissaient des troujjeaux. 11 ne parle pas de champs réservés aux céréales. Il est vrai qu'on était alors dans la seconde «juin/aine d'août : à cette épo([ue, les moissons étaient faites en Afrique.

3. H en est un (|ui concerne le choix des meilleurs bœufs de labour; un autre indique la rnanii-re de piler li- blé et l'orge : voir infra, p. 43 et 17.

4. Il convient de dire qu'au temps où le traité de .Magon devint pour les Romains un livn- classi(]ue, ceux-ci s'intéressaient beaucoup moins aux céréales qu'aux culture» arbuslives et li l'élevage.

5. Pour la situation des • Grandes Plaines », voir t. III, i). 230.

ne donnent pas d'indications sur la valeur agricole de ces pavs à l'époque carthaginoise '. En revanche, ils vantent la fécondité de deux autres régions: le Byzacium^, autour d'Hadrumète (Sousse)^ et les Emporia'', littoral de la petite Syrte et entre les deux Syrtes^ Selon Hérodote*, la vallée du Cinyps (située à peu de distance à l'Est de Leptis la Grande ') valait les meilleures terres à blé et produisait jusqu'à 300 grains pour un grain de semence. Quelques siècles plus tard, des auteurs latins attribuaient au Byzacium des rendements de 100 *, et même de loO pour un". De nos jours, le climat y rend aléatoire la culture des céréales; par suite de l'insuffisance des pluies, la récolte fait souvent défaut; elle n'est belle qu'une année sur cinq en moyenne. Il est vrai que les rendements peuvent être alors très élevés, car le sol est fertile, et, comme on sème clair pour risquer moins et pour ménager les réserves d'humidité que contient la terre, les plantes se développent plus librement qu'ailleurs et elles portent des épis plus nombreux, plus forts ^°. Cependant les chiffres de iOO et de 150 pour un, si on veut les admettre, ne pourraient s'appliquer qu'à des cas

1. Frumentum recueilli en 204 par Scipion dans la région voisine d'Utique : Tite-Live, XXIX, 36, 1. Nombreux vaisseaux de transport, chargés de frumentum, dans le port d'Utique, en 212 : ibid., XXV, 31. 13 et 14.

2. Polybe, III, 23, 2 (où il appelle cette région BuffaiTiç). Au iv' siècle, le Pseudo-Scylax (§ 110, dans Geogr. Graeci min., édit. Mùlier, 1, p. 88) indique sur le littoral. une région très fertile, qu'il place, autant qu'il semble, entre lladrumète et Néapolis (Nabeul). Haunibal, débarqué à Hadrumète en 203, s'approvisionne de blé : Appien, Lib., 33. Il constitue un grand entrepôt de blé sur la cùte : ibid., 56.

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