Supra, p
9. Conf. Pottier, Catalogue des vases antiques du Louvre (II), p. 420.
les mêmes constatations. Les artisans carthaginois ne montrent aucune originalité, ni dans la technique, ni dans la décoration. Ils n'inventent pas de procédés nouveaux; ils ne rajeunissent pas leur répertoire d'imaj^^es en prenant contact avec la nature el la vie. Ils copient, copient toujours '. D'ahord, leurs ateliers ne sont que des succursales de ceux de la Phénicie, qui avaient emjtrunté leur technique et leurs modèles à l'Egypte, en y mêlant quelques éléments d'origine mésopotamienne : Garthage restait en relations fort étroites avec sa métropole. Pour certaines séries d'ohjets, ce style égyptisant persista pendant des siècles; il fut même plus tenace en Afrique que dans la Phénicie propre. Cependant quelques influences grecques se firent sentir dès le vu" siècle; il semble bien qu'elles se soient exercées par l'intermédiaire des Phéniciens orientaux, qui, dans l'île de Chypre, vivaient auprès des Grecs. Puis l'art grec domine. Il est très probable qu'il s'introduit surtout par la Sicile, où des Grecs deviennent sujets de Carthage à la fin du v' siècle, où d'autres, dans les intervalles des guerres, font avec elle un commerce fort actif. Les Carthaginois ne se montrent pas hostiles à la civilisation hellénique, du moins aux formes extérieures de cette civilisation ^ iMais ils les adoptent sans hâte : il ne leur plait guère de renoncer à de vieilles habitudes. Comme le style phénicien, le style grec archaïque est long à disparaître.
La technique dégénère après le v" siècle. Nous pouvons attribuer la mauvaise qualité des bijoux trouvés sur les morts au désir de restreindre des frais qu'on ne jugeait plus utiles. Mais cette explication vaut-elle pour la céramique? Des poteries soignées, fabriquées sur place, n'auraient pas coûté plus cher
• 1. Ce (jue Perrot (III, p. 407) a dit, d'une iiiaiiicre f,'fiiéral(\ do l'arl plu-uicica s'applique en purticulier h l'art (-arlli.i^iiiois : « L'nrt phénicicii. dans tuul ii> cours de sa loiifrue activité, n'a jamais clu-rché son inspiration dans la nature étudiée dirccieinent, avec une sincérité naïve; il a toujours ou les yeux (Ixés sur les produits d'un art étranger ».