Polybo, III
commerce fait [tnr les Romains en Libye, c'est-à-ilirt' dans la partie de la Libye située au Sud du Heau Promontoire (puisqu'il ne leur était pas permis de navi<?uer à l'Ouest de ce cap) : par conséquent sur les rivages de la Tunisie orientale et des Svrtes. .Mais, dans le second traité, nous lisons' : « En Sardaigne et en Libye, aucun Romain ne fera de commerce, ne fondera de villes, [n'abordera^], sinon pour prendre des vivres et réparer son vaisseau. S'il y est jeté par la tempête, il devra repartir dans les cinq jours. » Les Carthaginois écartent désormais les Romains de toutes les côtes africaines dont ils sont les maîtres; ils ne les admettent plus qu'à Carthage même'.
Quant aux Grecs, ils les avaient chassés, à la fin du vi* siècle, de la colonie fondée par le Lacédémonien Dorieus sur le Cinyps, dans l'intervalle des deux Syrtes*. Entre cette époque et le milieu du iv" siècle, ils fixèrent aux Autels de Philène, dans le fond de la grande Syrte, la limite de leur propre domination". Ces mesures politiques furent-elles accompagnées de prohibitions commerciales? Hérodote a de maigres notions sur les Svrtes et sur l'Est de la Tunisie" : ce qui, d'ailleurs, ne prouve pas nécessairement que, de son temps, les Grecs aient fréquenté ces parages, car il a pu faire des emprunts à des auteurs plus anciens, [>ar exemple à Hécatée, qui écrivit vers l'époque de l'expédition de Dorieus^ En ce qui concerne l'île de Cyraunis (Kerkenna. au Nord-Est du golfe de Gabès), il indique expressément qu'il rej)roduit des renseignements carthaginois \ C'est, semble-t-il, à une source punique que le Pseudo-Scylax a emprunté tout ce qu'il dit sur le littoral africain, depuis les