‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 128 sur 553 · iV · texte numérisé non relu

iV

Autels de Phitène jusqu'aux Colonnes d'Hercule : il fait remarquer que les villes et comptoirs qu'il énumère appartiennent à Carthage*. Les renseignements qui furent recueillis, vers 260, par Timosthène, amiral de Ptolémée Philadelphe ^, étaient peut-être aussi d'origine punique. Nous ne croyons pas que les côtes des Emporia et du Byzacium, fermées au commerce romain au iv" siècle, soient restées accessibles au commerce grec : les Carthaginois devaient garder pour eux les portes du Soudan, les débouchés de la région fertile qui entourait Hadrumète. Cependant, entre la Cyrénaïque et Carthage, ouverte ù tous, on ne se hasardait guère à traverser la pleine mer ; il se peut donc que les Grecs aient été autorisés à suivre le littoral, àfaire çà et là de courtes escales pour les besoins de leur voyage ^

Mais, en général, les étrangers, n'ayant aucun intérêt à visiter lesSyrtes, s'abstenaient d'y naviguer. Les Italiens connaissaient si mal les parages de l'île de Djerba que, pendant la première guerre punique, une grande flotte romaine s'y laissa surprendre par le reflux^. Comme l'Océan, le double golfe syrtique était très redouté des marins^ : cette fâcheuse renommée lui avait peut-être été faite par les Carthaginois*, qui auraient jugé bon d'exagérer les dangers d'une mer qu'ils se réservaient.

Le premier traité conclu entre Carthage et Rome autorisait le commerce romain enSardaiiine'. Le second l'interdit*. Nous

2. Ptolémée, 1, 15, 3 (édit. MùUor, p. 40) : distance de Leptis à Th.Bna>. Strabon, XVII, 3, Q : cap Métagonion, situé en face de Marseille (conf. t. II, p. 135). Ératosthène se servit de Timosthène; ou n'a pas la preuve que, pour le Nord-Ouest de l'Afrique, il ait employé d'autres ouvrages grecs contemporains.

3. Conf. Perroud, De Syrticis emporiis (Paris, 1881), p. 213. En 413, des soldats grecs, détournés de leur route par la tempête, suivirent cet itinéraire, entre la Cyrénaïque et Néapolis (Nabeul) : voir t. I, p. 455, u. 3.

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