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La pierre est un calcaire noir, africain

10. Je ne jiuis adopter les dates plus élevées, proposées par M. Moiilelius dans sou livre Die vorklassische Chronologie Italiens (Stockholm et Berlin, 1912).

OSELL, IV. 10

fabriqués et importés par des Phéniciens ' : scarabées, figurines, petits vases en terre émaillée, verroteries, bijoux, coupes d'argent historiées, ivoires et albâtres sculptés^. Les scarabées, amulettes et verroteries apparaissent dès le ix" siècle : Carthage n'existait pas encore, ou venait à peine d'être fondée. Il est possible qu'au vu' siècle, à une époque où elle était déjà prospère, elle ait participé à ce commerce, mais ce n'est qu'une hypothèse. Nous avons vu ^ que les coupes d'argent ont été probablement faites dans des ateliers orientaux, et il n'y a pas lieu de supposer qu'avant d'être introduites en Italie, elles aient passé par l'Afrique.

Les objets d'importation phénicienne ne se rencontrent plus guère après le vii^ siècle dans le centre de la péninsule *, soit que l'accès de cette contrée leur ait été fermé par suite de la concurrence victorieuse du commerce grec, soit qu'ils aient cessé d'être de mode^.

D'autre part, on a trouvé à Carthage ^ et aussi en Sar-

1. Si le nom d'Agylla, par lequel les Grecs désignaient la ville étrusque de CiEré, a été emprunté aux Phéniciens (voir t. 1, p. 403, n. 1), ceux-ci ont évidemment fréquenté ce lieu.

2. Voir, entre autres, Gsell, Fouilles dans la nécropole de Vulci, p. 302-3, 419 et suiv.; Kahrstedt, dans Klio, XII, 1912, p. 461-473. Je ne parle pas ici des objets qui ont été attribués à tort aux Phéniciens et qui sont soit de travail grec, soit de travail étrusque : voir supra, p. 8o (n. 5), 99, 102. Aux produits phéniciens, il faut joindre quelques scarabées, amulettes, gourdes en terre émaillée, qui sont de travail égyptien, mais ont dû être importés par des Phéniciens.

4. Peut-être un peu plus tard en Campanie : Kahrstedt, l. c, p. 4(JS. Au Nord de l'Apennin, dans la région de Bologne, des tombes plus récentes renfermaient quelques verroteries et scarabées, qui peuvent être phéniciens : Kahrstedt, ibid., p. 468 et 473.

5. Dans la seconde moitié du vu" siècle, le commerce grec était très florissant en Italie et il tendait naturellement à évincer le commerce phénicien. Pourtant, si les Italiens avaient conservé, par exemple, le goût des scarabées et des amulettes en terre émaillée, il eût été facile aux Grecs de leur en fournir, puisqu'ils en fabriquaient à Naucratis, fondée en Egypte vers 650 : voir H. Prinz, Funde aus Naukralis, p. 100 et suiv.

6. Delallre. Nécrop. punique de Saird-Louis, flg, à la p. 25, en haut. Le même, Mémoires <.,s Antiquaires de France, LVI, p. 284, 291, 296, 364, 369. Musée Alaoui, Suppl., p. 291-2, pi. Gl, fig. 6. Gauckler, iV«!crop., pi. GL.XIX et CLX.XXVI. Morlia, Hull. archéol. du Comité, 1917, p. cxliii. On signale aussi une coupe en bucchero dans une tombe d'Uticjue : Bull, archéol. du Comité, 1900, p. cxcvii.

dai-^iif'. dans des sépultures de la lin du mi'" sii'clc ou du début du M* -, de petits vases aux parois minces, de formes élégantes, imitant des modèles métalliques, dune couleur noire, très foncée, obtenue par un procédé de fumigation et revêtue d'une couche brillante de cire. Ce sont des buccheri, tout à fait semblables à ceux qui abondent dans les tombes étrusques contemporaines*. La fabrication des Iniccheri a été certainement fort active en Mtrurie. mais des découvertes récentes ont prouvé que la céramique dont nous parlons a eu ses origines en pays grec, dans l'île de Lesbos et |)eut-être ailleurs*. Les ateliers toscans ont dû copier tout d'abord des exemplaires importés. Il est donc difiicile de dire si les buccheri recueillis à Carthage sont étrusques ou grecs. Si l'on veut adopter la première hypothèse*, on ne doit cependant pas affirmer qu'ils ont été transportés directement d'Etrurie en Afrique, soit sur des vaisseaux étrusques, soit sur des vaisseaux puniques. Des buccheri vidÀdwi importés à Syracuse* : j)eut-ètre le port sicilien a-t-il servi d'intermédiaire entre le centre de fabrication et Carthage ^

Ainsi, nous n'avons pas la preuve que, dans ces temps lointains, les Carthaginois et les peuples de l'Italie aient eu des rt'Iations commerciales.

1. A Tharros: von Duhri, dans Slrcna Helbigiana, p. (17 (-168; Patroni, Mon. dei Lincci, XIV'. (». 25(). Quelques buccheri ont été apportés dans la colonie phcniricnne do Molyé, en Sicile : Pace, Not. degli scavi, 1915, p. 443.

2. .\ Cartilage, ils disparaissent avant les vases corinthiens ; Gauckler, L c, p. 508.

3. Je n'ai constaté aucune différence entre les buccheri conservés aux musées Laviperie et Alaoui et ceux que j'ai tirés jadis en grand nombre de la nécropole de Vulci.

4. Pottier, Cataloijue des vases antiques du Louvre (I). p. ir)3; (11), p. 325. Perrot, Histoire df l'art. \\, p. 1.55 et suiv.

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