‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 198 sur 553 · Voir infra, p · texte numérisé non relu

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a. M. Lavig., 1, p. 240-7, pi. XXXIV, llg. 40-41; p. 255, pi. XXXVI, llg 9-10.

VIE ET MŒL'RS DES CAHTHAGINOIS. lll

mais elles sont trop petites pour servir de documents anthropologiques. On a mesuré des crânes tirés des tombes carthaginoises '. On y a distingué plusieurs types, qui ont été constatés également dans de vieilles sépultures indigènes de l'Afrique du Nord, mais cjui. ici. sont moins tranchés, par suite de la multiplicité des croisements. L'un d'eux se retrouve à Sidon -. Il offre cette particularité que les bosses pariétales sont très accusées et situées plus en avant et plus bas que d'ordinaire; la face est assez courte. On ne paraît })as avoir rencontré jusqu'à présent à Carthage, non plus qu'à Sidon, le type dit sémitique, fréquent chez les Juifs et les Arabes : face longue, en ovale régulier, nez mince et aquilin, crâne allongé et très renflé au-dessus de la nuque \ Le plus souvent, les corps sont de taille moyenne; l'ossature est assez délicate, ce qui n'étonne pas chez des citadins.

Le terme sémitique, dont l'anthropologie a abusé, convient à la langue que les premiers colons apportèrent, qui se maintint pendant toute l'existence de Carthage et s'imposa aux éléments non phéniciens. Cette langue est fort peu connue, malgré les efforts de plusieurs générations de savants pour l'exfiliquer.

Les Carthaginois aimaient à confier à la pierre ou au bronze les faits dont ils voulaient transmettre le souvenir à la posté-

Dolaltrc, I^es grands sarcophages anthropoïdes, p. ti, W-^. '.). Mni.s, à en croire M.M. H»Tttioion clCIiantrc (Rechercher (mlhroi>ol()<ji<iues. 1, p. 2(i'.J), l'imajîo do celte dernière bajoue ne concorderait pas e.xactemenl avec le crâne du mort auquel l'olijel appartenait.

1. Hertholon, Hiill. de la Société d'anthropologie de Lyon, XI, 1892, p. 179-221. Bi-rlhoion et Chantre, Recherrhcs, I, p. 2."»l-281.

2. Voir Chantre, apud ilanidy Hey et Tli. Ueiuacb, Une nécropole royale à .Vu/o», p. i(lS-9.

S. Coiif. I. I. p. 281).

GSEI.L, IV. 12

rite. Ainsi; au retour de son expédition sur l'Océan, Hannon fit placer dans le temple de Cronos le rapport dont une traduction grecque nous est parvenue'; vers la fin de son séjour en Italie, Hannibal laissa dans le sanctuaire de Junon Lacinienne, près de Crotone, une longue inscription, en punique et en grec, qui célébrait ses exploits; Polybe l'a consultée ^ Les textes épigraphiques phéniciens qui sont sortis du sol de Carthage n'ont pas cette importance. Ils datent, en général, des deux derniers siècles de la ville. A part quelques lambeaux de tarifs de sacrifices', quelques dédicaces de monuments religieux, ce sont des épitaphes, pour la plupart insignifiantes, et surtout une masse considérable d'ex-voto, de rédaction brève et uniforme. On lit sans peine des noms propres, qui reviennent très fréquemment; on comprend des formules banales. Pour le reste, l'interprétation se heurte à deux difficultés préliminaires : les voyelles ne sont pas écrites et les mots ne sont pas séparés*. Dans le Poenulus, comédie de Plaute, certains passages sont en punique. C'est d'abord un monologue d'Hannon; nous en avons deux versions, et aussi un texte latine Puis, de courtes phrases de dialogue''. Plaute dut rédiger en latin ce qu'il se proposait de faire dire à Hannon, et demander à un Carthaginois, résidant à Rome, de lui fournir une traduction. En effet, il s'agit, non d'un pastiche incohérent et burlesque, mais de vraie langue punique, écrite naturellement eu lettres

2.111,3:3, 18; 111, 56, 4. Voir aussi Tite-Live, XXVIII, 46, 16. — Chez les Phéniciens occidentaux, on peut aussi mentionner les inscriptions gravées sur les fameuses stèles du temple de l'île de Gadès : Strabon, III, 5, 5; conf. infra, p. 395.

3. Auxquels il faut joindre le tarif trouvé à Marseille : voir p. 145.

4. Ils le sont cependant dans les tarifs de sacrifices dont les débris oui été exhumés à Garthage et dans l'inscription du mausolée de Dougga.

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