‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 202 sur 553 · Schrôder, p. 35, 82, 120 et suiv · texte numérisé non relu

Schrôder, p. 35, 82, 120 et suiv

VIR ET MŒL'RS DES CARTHAGINOIS. iSl

L'idiome j)ht''nicien disparut en Orient devant l'araméen et le trrec; en Occident, il resta vivant pendant des siècles, surtout dans les campagnes. Comme il se parlait alors bien plus qu'il ne s'écrivait, il s'altéra plus rapidement qu'à l'époque où (larthage était un foyer de civilisation, en communauté de langue avec la Fhénicie propre. Saint Jérôme * a certainement raison d'aflirtiuT que le jdiénicit'n a subi des modifications en Afriqu»'. Mais elles datent surtout des temps qui ont suivi la cbule de Cartilage : on les entrevoit dans les inscriptions des premiers siècles de notre ère^

Ce que nous disons de la langue s'applique à l'écriture. Il n'\- a pas de grandes difTérences entre l'alphabet des inscriptions de Cartilage et celui des inscriptions de Phénicie. Nous constatons cependant qu'à Carthage, les lettres s'assouplissent, évidemment sous l'influence de l'écriture à main courante. Celles « qui s'élèvent au-dessus de la ligne [layiied et taio] se couronnent d'une petite aigrette... En même temps, les queues s'allongent et prennent des proportions souvent démesurées par rapport à la tête, qui est très réduite. Toute l'écriture est beaucoup plus légère et plus élancée. Enfin, tandis que, sur la côte de Phénicie, tous les traits avaient à peu près la même valeur, il se forme à Carthage des pleins et des déliés qui donnent à l'écriture puni(jue un aspect très élégant ^ » Dans d'autres villes de l'Occident, ont été découvertes quelques inscriptions dont l'alphabet, droit et anguleux, ressemble davantage à la vieille écriture orientale* : ce qui ne prouve pas nécessaire-

1. Comm. in .•/»«<. ad Gulatax, livre II (Mifînc. Patr. lat., XXVI. p. 357) : . ... cum et Afri l'Iiociiicuin liuf^uain tiounulla ex parte iiiutnverint ».

2. A r(^po(Hie de saint ii'.Tdmp. le phénicien était on Phénicie une langue morte. Il est prohahle <|ue In comparaison de l'autt^ur chrétien porte, d'une part, sur le punique parlé de sou temps, d'autre pari, sur des écrits composés au moins cinq cents ans plus trtt en Phénicie, ou peut-élre même sur l'hébreu bibli(|ue, (|ii'il savait être fort ra|)()r()ché du phénicien. On comprend (jue, dans ces conditions, il ait élé fra[)pé des dilTéronces.

3. Ph. Berger, Histoire de l'écriture dunx Vnnliiiuité, 2" édit., p. 177.

k. A .Malle ; C. I. S., 123 et 123 bis, pi. XXV du t. I. A Nora : ibid., 144 et 145,

ment qu'elles soient plus anciennes, car un type archaïque a pu se conserver moins longtemps à Garthage qu'en Sardaigne, à Malte et à Lixus^

Les inscriptions puniques, même celles que l'on a gravées avec un souci de calligraphie, ont un air mesquin : petites lettres, d'allure agitée, se pressant sur de petites pierres; rien qui rappelle l'ampleur et la régularité majestueuse de l'épigraphie monumentale romaine ^

L'alpbabet connu sous le nom de néopunique ^ offre des formes dites cursives, qui, souvent, se distinguent mal les unes des autres. Cette écriture simplifiée dut être employée d'abord sur des matières où les lettres se traçaient rapidement au pinceau, au calame : poteries, tablettes en argile ou en bois, etc. Elle fut adoptée en Orient, où nous en trouvons des exemples dès le V* siècle*, aussi bien qu'en Occident ^ avec des types divers et des modifications successives. A Garthage, elle commença à s'introduire dans la gravure sur pierre peu de temps avant la destruction de la ville. Sur plusieurs ex-voto, où la formule d'invocation, préparée d'avance, est en écriture punique, on a ajouté en néopunique les indications concernant le dédicant^ Quelques inscriptions sont même entièrement néopuniques'. Mais ce fut seulement plus tard, à des

pi. XXXII. A Lixus (type plus récent) : Berger, Bull, archéol. du Comité, 1892, p. 62-64 et pi. XIII; conf. ici, t. II, p. 172.

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