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A(;ricultl"iœ. 25
de mettre de la chaux dans le moût, afin d'adoucir le vin'. Aucun texte ne mentionne, à l'époque de la domination punique, de crus africains renommés, et, à en juger par un passai^e de Magon rapporté plus haut', les Carthaginois visaient plus à la quantité qu'à la qualité.
Cej)en(iant ils fahricjuaient un vin de raisins secs qui était ajiprécié et dont la renommée se maintint sous rKin[jire romain \ Columelle nous a conservé la recette que donnait Magon*: ou se sert encore au Maroc de |)rocédés analogues^
Les Carthaginois paraissent avoir aimé le vin^ avoir même
1. Il est vrai que. dans ce passage de Pline, il s'airil prohabli-incnl de la Cartilage romaine (infra, p. 197, n. 4). Mais on peut supposer (jue le plâtrage était usité tlés l'époque punique : ce procédé est déjà sij;:nalé par Théopliraste (De lapidibus, IX, t)7). — Voir aussi Pline, XIV, 120 : « L'Afrique corrige l'àpreté du vin avec du plâtre et, dans quelques régions, avec de la chaux ».
',i. Pline. XIV, 81; Palladius, XI, 19. Ce vin était appelé par les Latins passum.
4. XII, :W. 1-2 : « Cueillir du raisin hàtif bien mûr. rejeter les grains moisis et gâtés. Enfoncer en terre, à la distance dt; (juatre pieds, des fourches ou des pieux, qu'on relie par des perches; placer par-dessus des roseaux, sur lesquels on exposera le raisin au soleil. Le couvrir la nuit, pour que la rosée ne le mouille pas. Quand il sera desséché, détacher les grains et les jeter dans une jarre ou une cruche; y verser du moût, le meilleur possible, jusqu'à ce que les grains en soient recouverts. Le sixième jour, quand le raisin aura abso'-bé ce moût et s'en sera gonflé, le mettre dans un cabas, le faire passer sous le pressoir et recueillir le lii|uide. Ensuite, fouler le marc, en y ajoutant du moût tout frais, fait avec d'autres raisins, que l'on aura laissés au soleil pendant trois jours. Bien mêler, mettre sous le pressoir. Enfermer aussitôt dans des vases lûtes le li(juide produit par cette seconde pressée. aUn qu'il ne devienne pas âpre. Puis, après vingt ou trente jours, lorsque la fermentation aura cessé, le tirer au clair dans d'autres vases; enduire tout de suite de plâtre les couvercles et les recouvrir d'une peau. » Les recettes données par Pline et Palladius pour fabriquer le piissum dilTèrent de celle de Magon.
."). Portes et Huyssen. Traité de la vigne et de ses produits, I (Paris, 1880). p. 110-111.
ti. Les débris d'anses portant des (!stuin[)illes puui((ues, que l'on a découverts en grand nombre dans les ruines de Garthage (conf. p. .")!)), appartenaient à des jarres, fabriquées sans doute pour contenir des produits du pays, surtout du vin. Il se peut aussi que des jarres trouvées dans des tombes de ilarthage aient eu primitivement la même destination. On y lit assez souvent une inscription tracée à l'encre (infra, p. 4.")()). Sur certaines jarres, c'est le nom du mort : sorte de titre de propriété, écrit au moment de la déposition dans le caveau. .Mais, quand l'inscription se réduit à une, deux, trois lettres, il est permis de se demander si elle ne se rapporte pas à l'emploi antérieur du vase, si ce n'est pas une indication commerciale. Des inscriptions plus explicites, aux(|uelles on doit attribuer ce caractère, ont été tracées sur des jarres phéniciennes, trouvées en Egypte : Lidzbarski, Ephemeris fur semitiscke EpiyraplUk, lll, p. 123; le môme.
été enclins à en abuser ' . S'il faut en croire Platon ^, une loi avait été rendue pour l'interdire aux soldats, aux esclaves mâles et femelles, aux magistrats pendant l'année de leur charge, aux pilotes, aux juges dans l'exercice de leurs fonctions, à ceux qui allaient prendre part à une grave délibération, voire même, la nuit, à l'homme et à la femme avant des rapports sexuels ; de jour, il n'était permis que comme fortifiant et remède. Une telle loi eût été difficilement applicable; en fait, nous savons qu'on ne se privait pas de boire du vin à l'armée *.
Ce produit pouvait être importé dans des pays avec lesquels les marchands puniques étaient en relations, surtout dans ceux où ils n'avaient pas à craindre la concurrence étrangère. Ils ne devaient pourtant pas en vendre beaucoup aux Libyens et aux Numides : d'ordinaire, ceux-ci s'abstenaient de vin*, non parce qu'ils ne l'aimaient pas^ mais sans doute parce qu'ils étaient trop pauvres pour en acheter. Les Baléares en étaient très friands ^ ; ils en recevaient probablement par des vaisseaux puniques, car ils n'avaient pas de vignes. Sur la grande Syrte, en un lieu appelé Charax, des Carthaginois, dit Strabon ', échangeaient du vin contre du silphium, apporté en contrebande par des gens de la Cyrénaïque. Des fragments de jarres puniques, d'époque récente, ont été trouvés en Sicile, à Sélinonte'
Phônizische und aramâische Krugaufschrifleii ans Elephantiaa (dans Ahhandi. der Berlin. Akad., Phil.-hisl. Classe, 19i2). Voir aussi, pour des découvertes analogues, faites en Syrie et en Chypre, Glerinont-Gnnneau, Recueit d'archM. orientale, III, p. 73-75 et pi. II.
i. Ce n'était cependant pas le cas d'Hanuibal : Justin, XXXII, 4, 10.