‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 210 sur 553 · Voir p · texte numérisé non relu

Voir p

7. P. 100. Nous n'avons pas de preuves que les Carthaginois et Carthaginoises aient porté des tatouages, les masques grimaçants déposés dans les tombes étant des types grotesques, et non des portraits de personnages réels : voir supra, p. 72.

9. Hérodote, II, 104. Aristophane, Oiseaux, 507. Philon de Byblos, II, 24 (Fragin. hist. Grâce., édit. Miiller, III, p. 569).

11. Pour de prétendus couteaux à circoncision, voir p. 77, n. 9.

VIK ET MŒfUS DES CARTHAGINOIS. 189

silence des textes : Plaute n'aurait sans doute pas néglij^é cette matière à grosses plaisanteries. /

D'autres coutumes orientales furent conservées; par exemple, les prosternations devant ceux que l'on voulait honorer : humble posture qui choquait les Grecs et les Romains'. De nit'ine (jue les Phéniciens, les Carthaginois s'abstenaient de viande de porc-.

Ils demeurèrent fidèles au vieux calendrier cananéen, que les Hébreux avaient abandonné lors de la Ciaptivilé pour adopter le calendrier babylonien ^ Ils gardèrent la coudée égyptienne, longue de 0 m. .•i2.'i*, et ils la répandirent en Afrique, où, à l'époque romaine, on s'en servait encore partout^. Leurs poids, leurs mesures de capacité étaient certainement aussi d'origine orientale. Nous avons dit^ que le peu de précision des poids retrouvés^ et l'emploi de différents systèmes rendent un classement malaisé. On peut reconnaître un système, usité en

1. Polybe, .\. 17, 8; XV, 1, «-7. Tite-Live, XXX, 16, 4 (« accepto, crodo, ritu (>x en ropione ex qua oritindi orant »); XLII, 23, 10. Appien, Lib., 4'.). Voir aussi Diodorp, XX, 3.3. 2.

2. Voir supra, p. 44. Pour l'habitude, peqt-ôtre empruntée aux Africains, de manf^er du chien, voir t. I, p. 418.

3. .M.-J. Lafîrange, Éludes sur (es religions sémitiques, 2' édit., p. 277. F.-K. Ginzel, Handbucli der mathematischen und lechnischen Chronologie, II, p. 13-14. Plusieurs mois du vieux calendrier hébreu sont meationnés sur des inscriptions phéniciennes, dont une est punique.

4. De Vogiié (Rev. archéoL. 1889, I, p. 172) a cru la retrouver dans les dimensions des pierres de taille d'un vieux tombeau carthaginois. Selon M. Saladin {Nouv. Arch. des missions, II, 1802, p. 483-4), elle est l'unité de mesure du mausolée punique de Dougga.

."). Deux coudées é^ryptiennes sont tracées sur des tables officielles de mesures, découvertes àThibilis (Announa) et à Cuicul (Djemila). Les pierres de taille des édifices romains d'Afrique ont très souvent des dimensions qui correspondent à cette unité métrique. Voir Gsell et Joly, Announa (Alger, 1918), p. 78-70. — Sur la table d'Announa, est tracéi' une autre coudée, mesurant 0 m. noi). Peut-être est-rre la coudée babylonienne de 0 m. 497, que les Phéniciens auraient également introduite en Afri([ue.

7. Pour ces [toids et les systèmes auxquels on peut les rattacher, voir surtout Babelon, Bull, des Antii/uaires de France, 189(», p. 100-7; Delaltre, dans M. Lavig., I, p. 194-9 (= Wt'p. d'ép. sém., I, 124); le même, Uev. numisnialique, 1902, p. 384; Hultscb, Griechiscfic und n'imische Métrologie, 2" édit., (). 420 et suiv.; h; même, hie (Iridiclitr lies Atterthuins (Ahliuudl. der pitilnl.-liist. (Uasse der suchsischen Geselltcliuft der WUsenscliaften, XVlll, 1899), p. 48-51, 144-3.

Phénicie, dans lequel la mine pesait 363 gr. 8 (mine légère, moitié d'une mine lourde de 727 gr. 6)> avec des sous-multiples de 1/2, 1/4, 1/8, 1/16, 1/32, 1/64, 1/128, et d'autres sous-multiples de 1/25 (sicle lourd de 14 gr. 55), de 1/50, enfin de 1/100 (poids appelé drachme par les Grecs); à ce système se rattachent la plupart des monnaies puniques d'or et d'argent. Dans un autre, qui est peut-être d'origine égyptienne, la mine paraît avoir pesé 393 grammes (786 gramm'es pour la mine lourde), avec les deux séries de sous-multiples indiqués (sicle de 15 gr. 72; drachme de 3 gr. 93, adoptée pour le monnayage carthaginois en Espagne)*.

Par la langue, le costume, les mœurs et les usages, les Carthaginois restaient donc de vrais Phéniciens. Nous ferons la même constatation quand nous étudierons leurs croyances et leurs pratiques religieuses. Aux yeux des Grecs, ils étaient, ils demeurèrent des barbares^. Cependant on a vu combien ils

1. A un autre système app;irliejiaenl des poids dont le plus lourd est de 227 ^r. 50,1e plus léger de 4 gr. 85 (1/48 du premier), avec des poids intermédiaires de 2/.3, 1/6, 1/12, 1/24 du plus lourd : Delattre, Rev. nurnism., L c. — Une cymliale en bronze, recueillie à Cherche!, porte une inscription phénicienne, indi(]uant un poids de cent (unités) : Berger, Rev. d'assyr. et d'arch. orient., V, p. 113-6 (= Rép., II, 93-3). Cet objet pèse 321 grammes. On a cru que le poids primitif, aujourd'hui diminué par l'usure, équivalait à celui de la livre romaine, 327 gr. 45 : il s'agirait, par conséquent, d'un autre système que ceux dont nous venons de parler. Hultsch {Métrologie, p. 421-2) admet un poids primitif de 363 grammes : ce serait une mine phénicienne légère. Mais l'indication pondérale s'ai)plique, non pas seulement à la cymbale retrouvée, mais à la paire, dont les deux discjues devaient être reliés par une chaînette (voir, par exemple, M. Lavig., I, pi. XXX, fig. 7; Delattre, Sainte-Monique, 2° année, p. 16, fig. 34; Gauckler, Nécropoles, pi. LIV, CLl). Les cent unités auxquelles correspondait le poids de ces deux cymbales étaient, peut-on supposer, des sicles légers de 7 gr. 27 (moitié d'un sicle lourd de 14 gr. 55), ou de 7 gr. 86. — Selon Tite-Live (XXVI, 47, 7), Scipion trouva à Carthagéne 276 coupes en or, dont la plupart pesaient une livre. Mais c'est là une invention d'un chroniqueur romain : quoi qu'on en ait dit (Hultsch, L c, p. 422-3; Nissen, dans le Handbuch d'hvan von Millier, I. 2'' édit., p. 882), ce texte ne peut rien nous apprendre sur le système pondéral des Carthaginois. — Dans des traités conclus par Carlhage avec Home, les indemnités de guerre furent comptées en talents euboïques, ou allit^ues (25 kg. 92, ce qui fait une mine do 432 grammes; ou peut-être 26 kg. 196, ce ([ui fait une mine de 4.36 gr.) : voir t. Il, p. 316-7. Nous ne savons pas exactement le poids des talents indiqués dans d'autres textes : voir ibid., p. 316-7, 318 (n. 2), 310, 320, 323; t. III, p. 59 et 62 (n. 5).

2. Le terme pàpSapoi est très souvent appliqué au.\ Carthaginois :. Hérodote,

VIK ET MŒURS DES C.MlTlIACINniS. iOl

recliercliaient les objets grecs, introtluits par le commerce dans leur ville, combien ces modèles, peut-être aussi la venue d'artisans grecs, modilièrent leur industrie. Cette inlluence de l'hellénisme s'étendit à d'autres domaines : aux choses de la guerre et même de la marine, armes', machines-, laetique^ forme des vaisseaux*; à la religion, quoique dans une mesure assez faible; beaucouj» plus aux arts; même aux usages de la vie courante ^

C.omme Chypre vis-à-vis de la Phénicie, la Sicile servit d'intermédiaire vis-à-vis de Carthage. Celle-ci fut de bonne heure en relations avec Syracuse, Agrigente, Sélinonte*. Devenue maîtresse de la partie occidentale de l'île, elle y trouva partout la civilisation grecque, non seulement dans les villes grecques de Sélinonte et d'Héracléa Minoa', mais encore chez les Elymes et dans les vieilles colonies phéniciennes de Solonte, de Palerme, de iMotyé, où l'on frappait au v" siècle des monnaies à légendes et à types grecs \ où l'architecture et la sculpture grecques étaient en honneur : témoin ce temple dorique de Ségeste, qui subsiste encore', cette statue funéraire de

VII, 167; Lettres attribuées à Platon, VII, p. 336, a, et VIII, p. 357, a; Plulaniuo, Timoléon, 'M; Diodore, XX, 11, 1, et 12, 2; etc. Pourtant Ératosthcnc, qui critiquait cette division des hommes en Grecs et en Barbares, faisait ol)srrver (]ue les Carthaf^inois, si bien gouvernés, n'étaient pas inférieurs à beaucoup de Grecs (a/tud Slraljon, I, 4, 9).

Page 1