Ihid., p. 187, llg. \.a
(). Héron du Villefosse, Hull. archéoL du Comité, l«!IO, p. 431, j.!. XXIV. !'. Paris, Esiai sur l'art de VEipagne primitive, I. p. 92-0.1 el llg. 7tl. Ce sarco|)liaf::e, de >tyle grec archai(|ue, est en pierre de Cadix; il a été, par conséciuent, fahricpie sur place.
7. .Mayr, Sitzungsber. der bayer. Akad., Phil.-lust. Klasse, l'JU.i, p. ITS-'.I, pi. 1, ilg. 3 : sarcophages en terre cuite.
ne furent pas inconnus en Afrique ' ; cependant on n'en a tiré aucun, jusqu'à présent, des cimetières de Carthage. Les tombeaux sculptés de Sainte-Monique ne sont pas, à proprement parler, anthropoïdes, puisque la cuve en est quadrangulaire, aussi bien que le couvercle. Mais ils ont, avec ceux que nous venons de mentionner, ce. caractère commun qu'ils offreijt une image du mort. Ce n'est pas celle d'un « gisant », endormi dans son dernier sommeil : les yeux ne sont pas clos. C'est la statue, à laquelle il ne manque même pas un socle ^ d'un personnage en pleine vie, debout, comme l'indique la position des jambes^; statue que, contrairement à la logique, on a étendue au-dessus du sarcophage, avec le couvercle auquel on l'a incorporée*.
Des quatre monuments de cette série, l'un représente une femme, la tête entourée d'un long voile-manteau, qu'elle écarte de la main droite et retient de la main gauche : reproduction exacte d'un type grec de statue funéraire du iv" siècle ^ Un autre, entièrement peint, est sans doute l'image d'une prêtresse, portant le costume oriental de la divinité qu'elle servait; elle tient une colombe et une cassolette à encensa Les
1. Une lête barbue en pierre, trouvée à Cherchel, a probablement appartenu à un de ces sarcophages : Gsell, dans Mélanges Perrot, p. 152-3 et fig. ; conf. ici, t. Il, p. 161.
2. Sorte d'escabeau massif. En Egypte, les caisses à momie étaient faites de manière à pouvoir être dressées au cours de la cérémonie funèbre. Les couvercles des sarcophages anthropoides phéniciens avaient uhe banquette, qui aurait pu servir à les ériger de la même manière, mais qui, peut-être, n'avait plus d'autre utilité que de garantir les pieds contre les chocs. Ici, cette banquette devient un socle bas, qui, dans le sarcophage de la femme voilée, est décoré de Unes moulures.
3. Dans trois de ces statues, une des jambes porte le poids du corps : M. Lavig., Suppl., I, pi. II.
4. Dans les sarcophages des deux hommes et de la prêtresse, cette association de la statue au couvercle n'a pas empêché de donner à celui-ci la forme usuelle d'un toit à double pente.
.'i. Héron de Villefosse, Mon. Piot, Xll, p. 83-86 et (ig. 1. Collignon, Les statues funéraires dans Varl grec, p. 366-7, fIg. 233-4. Boulanger, M. Lavig., Suppl., I, p. 11-13, pi. Il, fIg. 2.
(). Héron de Villefosse, l. c, p. 06-90, flg. 7 et pi. VIII. Boulanger, l. c, p. 15- 18, pi. 111.
deux autres sont des liommes, vêtus ;i la mode punique; une cassolette à la main gauche, ils font de l'autre main le geste de prière habituel aux Carthaginois '. L'association de ces statues à des couvercles de sarcophages s'explique probablement par l'usage phénicien des sarcophages aiitliropoïdes^; le costume, l'attitude des trois dernières prouvent qu'elles ont été commandées aux artistes par des gens de Carthage. Mais la matière est du marbre de la mer Kgée, et, malgré quelques imperfections', l'exécution révèle des mains grecques. Les visages, réguliers, d'une expression douce et grave, ne sont pas des portraits' : sous la statue de la belle et jeune prêtresse, on a trouvé le squelette d'une vieille femme édentée, aux mâchoires saillantes, au nez gros et large", (^es sarcophages, ceux aussi dont le décor est architectural, ont pu être faits dans des ateliers d'outre-mer et expédiés en Afrique ^ Mais il est également permis de supposer que des Grecs s'étaient établis à Carthage, qu'ils y recevaient du marbre de l'Archipel et le travaillaient au gré de leur clientèle'. Peut-être était-ce à une de ces familles de statuaires qu'appartenait Boéthos, fils d'ApoUodoros.
Un caveau du cimetière de Sainte-Monique a livré un
1. Héron de Villefosse. l. c, p. 1)U-!)1 , '.li. lig. 4-G. CoHignon, l. c, p. 364-G, flg. 231-2. Houlanfrcr, /. c, p. '.)-ll, U; pi. Il, llg. i et :{.
2. Cela n'est pas tout à l'ait certain. En Étrurie, l'usage de représenter des niDFLs étendus sur le couvercle de leur tombe (Marttia, L'arl étrusque, p. 345-0; CoHignon, /. c, [». 308-372) ne dérive sans doute pas du sarcophage anthropoïde.
3. Haccour<;i maladroit, un [louce trop long, un pied plus large (jue l'autre : Boulanger, L c, p. 10 et 14.
4. Pour les femmes, la chose n'est pas douteuse. Pour les hommes, ce pourraient être il la rigueur des portraits fort idéalisés, mais je ne le (Tois pas.
."t. Delattre, C. r. Acad. Inscr., lUOiJ, p. 28. Berlholou et Chantre, Recherches anlhropulo'jiqucs, I, [t. 271, 27St.
ti. Ce que Gauckler {liuU. des Antiquaires de France, iltO'J, p. 293) et Collignon (/. c, p. 308) sont portés à admettre. La même hypothèse a été présentée [)our li's sarcophages anthropoïdes, en marbre de Parus et de style grec, (jui, aux v'-iv" siècles, furent déposés dans des tombes de Phéuicie : llamdy Bey et Th. Heinach, /. c, p. 170.
7. Si l'on préfère la seconde hypothèse, on devra iheriher à explicjuer pourquoi nous ne constatons pas d'autre emploi de ce marbre ù Carthage, ou il aurait été expédié brut.