Celle de Fliilippeville est coillee d'un Lunuel pointu
pas dire que ce soient des portraits. On y sent également, sous l'inexpérience de l'ouvrier, l'influence de l'art grec archaïque*'
Cette influence, dont des artisans routiniers ne se dégageaient pas, remontait aux vf-Y^ siècles. Elle avait modifié le style, d'abord emprunté à l'Egypte, de la sculpture phénicienne : de petites têtes féminines, en pierre blanche tendre, recueillies dans les vieux cimetières de Dermèche et de Douimès, sont des œuvres égyptisantes ^.
En résumé, même stérilité, même paresse ici que dans l'architecture et l'industrie. Le travail courant est fait par de mauvais copistes, qui savent à peine tenir un ciseau, qui, ne se souciant pas de regarder la nature, n'ont pas le sens de la vie. Quant aux sculpteurs, instruits de leur métier, qui ont exécuté les statues funéraires enfermées dans les caveaux de Sainte-Monique, c'étaient des Grecs; peu importe qu'ils aient eu leur atelier à Carthage ou ailleurs.
« Après la prise de Carthage, dit Pline l'Ancien', notre Sénat fit don des bibliothèques aux princes africains. » Ces bibliothèques avaient-elles été constituées seulement au temps des guerres puniques, sur le modèle de celle d'Alexandrie, gloire de l'hellénisme? Ou avait-on imité, beaucoup plus tôt, l'exemple donné, au vu* siècle, par le roi assyrien Assourbanipal? C'est ce que nous ignorons. Les ouvrages sauvés de la destruction en l'année 140 ne furent pas inutiles à leurs nouveaux maîtres, surtout à Iliempsal, qui paraît avoir composé lui-même en langue phénicienne un ou plusieurs travaux
i. Une tMe qui faisait partie des sculptures du mausolée de Doupga offre le môme aspect archaïque : Poinssot, C. r. Acad. Inscr., 1910, p. 785, n. 3.
2. M. Lavig., I, p. 186-7. pi. XXVII, (Ig. 3 et 4. Gauckler, p. 477 et pi. CCllI. Des télés semblables ont été exécutées en terre cuite.