‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 248 sur 553 · Diodore, XIV, 77, 1; XV, 24, 3; XX, 14; XXIll · texte numérisé non relu

Diodore, XIV, 77, 1; XV, 24, 3; XX, 14; XXIll

dieux étaient étroitement apparentés, ou identiques', soit parce qu'ils avaient été adorés jadis par les ancêtres communs des habitants de ces villes, soit parce que des emprunts de même origine, des iniluences réciproques les avaient rapprochés. Dans différentes cités, nous trouvons une déesse de la fécondité, mère et nourrice, qui donne et (Mitrclient la vie animale et végétale ; un dieu immuable et éternel, que les Grecs identitient avec Zeus ou avec Cronos, et qui. du moins on plusieurs lieux, paraît être le maître du ciel ou le maître du soleil; un dieu qui, tous les ans. meurt et renaît, s'endort et se réveille, esprit de la végétation qui sort de terre à la saison pluvieuse et se flétrit sous les chaleurs estivales, esprit du soleil qui, alternativement, perd sa vigueur et la recouvre. Ces dieux avaient donc un double caractère : universel et local. Us étaient les êtres souverains qui faisaient agir les grandes forces de la nature; ils étaient aussi les maîtres, les rois des cités ^ Il en fut de même chez les Phéniciens occidentaux : un dieu d'une jielite île voisine de la Sardaigne est appelé sur une inscription a le Maître des cieux de l'île des Eperviers ^ ».

Comme diverses cités de la Phénicie contribuèrent au peuplement et à l'accroissement des colonies d'Occident, surtout de la grande ville de Carthage, des dieux divers durent émigrer avec les hommes, dieux qui, j)ar leur nature, se ressemblaient fort, mais qui différaient par leur nom, ou du moins par leur titre, et plus encore par le culte qu'on leur rendait. Il est probable que quelques-uns d'entre eux ne subirent pas de modifications essentielles. Des circonstances particulières purent en transformer d'autres plus ou moins profondément, créer

1. Voir Dnssaud, Hev. de l'Écol,- d'nnthroiiolngir, XIV, 11104, p. 101-112; H.uidissiii. Adonis und Esinun (Lf'ipzij^, IMll), |). 1.").

2. .Sur des iiisc.nplioiis frrciMjui's. nous trouvons lléraclfs (Mohiarl) de Tvr qualifié d'àp/r,véTr,;, • cht'f, uuleur de lu cilé • : C. /. G., II, 2271; C. /. S., 1, 122 et 122 bis'.

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