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5. Ces noms théophores avaient été presque tous importés d'Orient; ils restèrent en usage pendant de longs siècles. Mais rien ne prouve que, tôt nu tard, les Phéniciens d'Occident les aient choisis au hasard, sans se soucier de leur signification précise.
0. Tile-Live (XXI, 4, 9) a tort de dire, en parlant de lui : « auUus dcum metus *.
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sanctuaire de l'île de Gadès '. Il était expert dans la î5Cience qui dévoilait 1 avenir par l'inspection des entrailles des victimes -; il crevait aux avis célestes qu'il recevait en songea A la veille df la chute de Carthaj^'e, Asdrubal.le général chargé de défendre la ville, déclarait qu'il mettait surtout son espoir dans le secours des dieux*.
Rien n'autorise à soutenir que la piété ait été associée chez les Carthaginois à des sentiments élevés de moralité \ On ne jteut pas non plus aflirmer ([u'elle ait pris la forme du mysticisme. Quelques noms tliéophores indiquent des liens de parenté entre les dieux et les hommes''; mais bien plus fréquents sont ceux qui marquent que l'homme est le serviteur, l'esclave de la divinités qu'il a été donné par elle*; très nom-
1. Tite-Livp, XXI, 21. 9: rouf, t. II. p. .32!). n. 8. D'autres textes téinoigiient des senliments relijrieu.x d'Ilaiinilial . l'olybo, III, ii, i:{; XV, 19, 7; voir aussi inj'ra, p. 231.
2. Dion Gassi us, /ra</m. •")2. 5, édil. Melber. Une aiiocdote, racoii(é(! par Valère- Maxirne (III. 7, ext., (i) et Plutarijui' (De cxilio, IG : Moralia, Uidot, I, p. T.V2), indiquerait cependant, si elle est vraie, — ce qui est fort douteux, — qu'IIanniiial n'avait pas une foi aveugle en cette science. Prusias (ou Antiochusi ne voulait pas, malj^ré son avis, livrer bataille, parce que les entrailles des victimes donnaient des présages défavorables. « .Vs-tu plus confiance, lui aurait dit Hannibal, en un morceau de viande (ju'en un homme expérimenté? »
3. Cicéron, De divinalione, I, 24, 48-49. Tite-Live, XXI, 22, (j (et. d'après Tite- Live, Valére-Maxime, I, 7, ext., 1; Silius Italicus, III, 103 et suiv.). Zonaras, VI 11, 22, p. 408, d — 409, a.
4. Polybe, XXXVIII. 7, fl-10 (édit. Bùttner-Wobst; alias XXXIX, 1); conf. XXXVlli, 8, 8 (alias XXXIX, 2).
5. Des noms comme Slwfolbaal, ' Baal (!') a jugé », Baalyshpot, « Baal (le) jugera », Eshmounshillem, • Esbmoun (1') a récompcusé », ne prouvent pas que les dieux aient sanctionné les lois morales. Peut-être s'agit-il ici de l'observation des pratiques religieuses.
6. llimilk, « fre.e de Milk »; Himilhnl, « frèn- de Milkat(= la Ueine) »; Ilolinilk, • sœur de .Milk •; Holmilkat, • sœur de .Milkat •; llotnllat, « so'ur d'Allat(= la Déesse) •; lidlbaal, « lllle de Baal »; Balnaamat, « lllle di; la bonne (déesse) »; Abbaal, • (celle dont^ Baal (est le) père .; ArisUalbnal, • fiancée de Baal ».
7. Par exemple, Abdeslimuun, Abdniclqarl, * servit(nir d'Kshmoun, di; .Mcbjart » ; Amaibaal, Anuilinel'iarl, « servante de Haal, de .M('l(]art • ; Kshcshmoun. .. homme d'Kshmoun •; Germciiarl, • client de .Melqart ». .Sur une stèle de Carlhage (C. I. S., I7i'>), un personnage d'un rang élevé se dit le serviteur (abd) de la déesse Il laquelle il a dédié cet ex-voto. Ou trouve môme le nom kelbiliin, « chien de la divinité • : C. I. S., 702.
X. MuUunbaal, • don de Baal »; Milk^alon, liaalyulun, « Milk, Baal |l') a donné •; etc.
breux ceux qui expriment, d'une manière ou d'une autre, la pensée que le bonheur humain est à la merci de la faveur divine'. Les dieux disposent à leur gré du sort des chétifs mortels; ils leur envoient les biens et les maux : la religion phénicienne ne connaît pas le dualisme. Il faut obtenir l'assistance et surtout détourner la colère de ces maîtres exigeants et sévères, que l'on craint plus qu'on ne les aime. On s'humilie devant eux, on leur adresse des vœux et, quand ils les exaucent, on leur prodigue les actions de grâces ^ on leur élève des monuments, témoignages durables de la reconnaissance qui leur est due ^; quand ils déchaînent le malheur, un fanatisme sombre et anxieux multiplie les prières, les dons, les sacrifices*. Les Carthaginois n'ont pas cru sans doute, comme les Égyptiens, que la divinité pût être contrainte à l'obéissance par l'exact accomplissement des rites. Mais ils ont eu foi dans l'efficacité du culte. Le sentiment profond de la toute puissance des dieux n'a pas fait tomber ce peuple énergique et tenace dans la résignation passive du fatalisme.
Chez les Phéniciens d'Orient, chaque ville avait ses dieux particuliers, seigneurs et protecteurs de la cité, dont le nom servait parfois à les désigner : tels Baal Cidon, « le Maître de Sidon »; Baalat Gebal, « la Maîtresse de Byblos »; Melqart Baal Cor, a le Roi de la ville, Maître de Tyr ». Mais, malgré la diversité des rites, et aussi des appellations divines, certains
1. Eshmounhanno, • Eshinoun (!') a favorisé »; Hannibaal, « (qui a la) faveur de Baal '• ; Azroubaal, •< (qui a 1') aide de Baal » ; Melqarlnzar, « Melqart (!') a aidé »; Mdqartshama, « Melqart (P) a entendu »; Melqarthilleç, « Melqart (T) a sauvé »; Baahhamar, « Baal (1') a gardé »; Eshmouncilleh, « Eshmoun (T) a favorisé »; Çafônhaal, « Baal (!') a cachée (= protégée) » ; Mdqartmashal, « Melqart (1') a (îoiniiiandé »; Es limnun pilles, « Eshmoun (1') a mis d'aplomb •; Y'houmilk, « Milk (1(>) fait vivre »; Eshmounamas, « Eshmoun (P) a porté »; Baalshillek, « Baal (!') a libéré » ; Barikbaal, « Baal (!') a béni » ; Ozmilk, « force (reçue) de Miik »; Naamcl, « Dieu (lui est) propice » ; etc.