i:,l. M.-ver, /. c
déesse Céleste Vii^go CaelestisK Mais cette difficulté ne nous paraît pas assez grave pour faire rejeter l'identification que nous proposons, d'accord avec d'autres savants. La maternité et la virginité divines se concilient dans plus d'une religion^. Remarquons d'ailleurs que la maternité, d'un côté, la virginité, de l'autre, n'étaient pas, autant qu'il semble, des caractères qu'on tînt à accuser très fortement dans la nature de Tanit Pené Baal et dans celle de Caelestis. Le qualificatif de mère ne se lit que sur deux ex-voto de Carthage, celui de virgo, que sur une seule des nombreuses dédicaces à Caelestis qui sont sorties du sol africain ^ Même si la contradiction est réelle, elle peut être imputée à une modification des croyances entre l'époque punique et l'époque romaine*.
Il est certain, d'autre part, que cette Caelestis répond à Astarté, à la déesse phénicienne que les Grecs qualifiaient d'Oùpavia, « la Céleste » : Hérodien le dit en termes formels ^ Astarté, nous l'avons vu', a été identifiée en Occident avec Héra-Junon, tandis qu'en Orient, elle l'était avec Aphrodite. Aussi n'avons-nous dans l'Afrique romaine aucune mention d'une Venus Caelestis, qui se rencontre parfois ailleurs ^ Au contraire, plusieurs dédicaces africaines s'adressent à Inno Caelestis'^. C'est à Caelestis que pense Apulée ^ quand il parle
1. Tertullien, Apol., 23. Saint Augustin, Giv. Dei, 11, 4, el II, 26. C. /. L., VIII, 9796. Dessau, Inscriptiones latinae selcatae, II, 4438 (iuscriplion de Rome). Archuol. Anzeiger, 1912, [). 531 (en Dacie). Voir aussi C. /. L., VII, 759; Apulée, Metain., VI, 4; Firmicus Malernus, De errore prof. reli<j., IV, 1.
2. A répo(|ue romaine, celte Caelestis, qualiiiée de vinjo, était appelée aussi liirio, uom qui convenait à une matrone.