‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 292 sur 553 · Voir p · texte numérisé non relu

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8. Bahelon. Mélanges numismaliqnes, IV (1912), pi. I.X, lljr. 2-9. c.aelestis est appelée « urbium cimdilrix • sur une inscrij)tion : C. /. L., VII, 759.

9. C. /. L., VlII. 993 (=124.')i). Conf. peul-étre ibid., 12501; Audollent, /. c. p. .384.

10. l'our l'idenlillcalion, voir, entre autres, Maury, dans Creu/cr et Guif,'niau,

Les mots Ashtart et Tanit n'étaient point synonymes : la dédicace à Ashtart et à Tanit du Libanon le prouve. Elle ne prouve pas, cependant, que l'appellation Tanit Pené Baal, oîi le sens précis de Tanit est aussi incertain que celui de Pené Baal, n'ait pas été appliquée à la grande déesse phénicienne Ashtart. Il est vrai qu'aucune des rares inscriptions carthaginoises qui mentionnent Ashtart ne nous montre son nom accolé à celui de Tanit Pené Baal '. Mais on trouverait sans peine des sanctuaires chrétiens où des centaines d'ex-voto s'adressent à une Notre-Dame, sans faire mention de Sainte-Marie, de la sainte Vierge. — Tanit Pené Baal n'a pas toujours été appelée Caelestis à l'époque romaine, puisque Nutrix et Ops paraissent aussi la représenter. Les Africains qui, hors de Carthage. lui donnaient l'un de ces deux noms, ont-ils voulu réserver celui de Caelestis à Ashtart? Ils se seraient souvenus que, jadis, les deux déesses avaient été distinctes. Mais ce n'est assurément pas la seule explication que puisse comporter cette diversité de vocables. — Les noms théophores dans lesquels entre le terme Tanit sont très peu nombreux à Carthage, où Tanit Pené Baal était au premier rang des divinités; au contraire, Ashtart tient une large place dans l'onomastique. N'en peut-on pas conclure qu'en réalité Tanit Pené Baal y est présente sous le nom d'Ashtart? Mais cette Tanit y figure peut-être d'une autre manière : le titre Milkat, « la Reine », qui est fréquent, lui conviendrait bien (comme, du reste, à Ashtart).

Religions de l'antiquité, II, 3, p. 1030; Berger, Gaz. archéoi., 1876, p. 122, et 1880. p. 24; Audollcnl, l. c, p. 370. Coutre : Ed. Meyer, Lexikon de Roscher, I, p. 2871 ; Clerinoiil-Ciîiaueau, Rcc. (Tarchéol. orientale, III, p. 186, n. 0; Dussaud, Journal des Savants, 1907, p. 42; Baudissin, Adonis, p. 262, 268, 270, 273 (n. o). Movers a voulu distinguer : 1°) Tauit, l'Aslarté sidonienne, puis carthaginoise, vierge et guerrière, déesse de la lune; 2°) i'Aslarlé voluptueuse de Tvr, déesse de la planète Vénus (article Phônizien, dans VAllgeineine Encyklopàdie d'Ersch et Giuher, 3" section, 24" partie, p. 386-7). Ce sont là des rêveries.

1. Un ex-voto à Tauit Pené Baal est dédié par une feininc (jui était au service d'Ashtart (C. l. S., 263;conr. supra, p. 2r)l). Il n'est pas impossible, mais il est peu vraisemblable que les deux appellations s'appliiiuenl à la même déesse (conf. Haethgeu, Beilraye, p. 36-37).

LES nn-[\. 26r.

Ou voit donc que les arj^'uments contre on pour l'identitc ne valent i^uère mieux les uns que les autres. Souhaitons que des faits nouveaux éclairent ce problème. En tout cas, s'il s'aj2:it de deux dée.sses, elles se ressemblaient tellement qu'elles furent confondues par les étran|^ers et, plus lard, par les Africains, par les habitants de la seconde Cartha^^e. L'indi^^ence des documents dont nous disposons ne nous a pas empêchés de constater les caractères communs qui auraient justifié la confusion.

Tanit Pené Baal n'était apparemment qu'une forme africaine d'Astarté '. Sous cette forme, la déesse fut la protectrice spéciale de Carthage, d'où son culte se répandit. Tout en gardant les traits essentiels d'Astarté. elle en avait peut-être actjuis de nouveaux. Il est douteux qu'en Orient. Astarté ait été maîtresse de la lune, mais Tanit a pu le devenir et Caelestis le fut incontestablement.

A côté de Tanit, l'Astarté de Tyr, amenée à Carthage par les premiers colons, put conserver un temple particulier, où on l'aurait adorée selon les anciens rites, où les Tyriens qui passaient par la ville africaine, qui y élisaient domicile, auraient porté volontiers leurs hommages. Dans certains lieux de l'Occident, surtout dans quelques vieilles coloaies fondées j)ar Tyr, cette Astarté ne se transforma peut-être pas, ou bien elle subit d'autres transformations qu'à Carthage. Malgré la diversité des cultes et même quelque désaccord dans les croyances, on n'aurait pas oublié l'unité primordiale d'Ashtart et de Tanit Fené Baal; on l'aurait indiquée aux étrangers, qui l'auraient en (jueh^ue sorte rétablie par l'attribution aux deux déesses du nom d'Iléra ou de .lunon.

Dans le traité d'Iiaiinibal, le ov-lutov KxoyY.oovûi», la divinité tutélaire des Carthaginois, ligure en tête de la seconde triade du

1. Je ne vois pns pounnini l'on udtiicttrnil (Unudis^iii, Adonis, p. 2<i7; contra : ^u^«saud. l. c.) ([u'A-sliturt était la incre de Taiiit Feue Itual, elle-inôiiie dci'sM' mere.

serment'. Les érudits croient généralement- qu'il faut y reconnaître Tanit Pené Baal, à laquelle cette appellation eiit, en effet, convenue Cependant une objection assez forte a été présentée*. Pourquoi Tanit, déesse principale de Carthage, seraitelle invoquée après trois autres dieux, Zeus, Héra et Apollon? Et n'est-ce pas elle qui est désignée ici sous le nom d'Héra? Nous ne voyons pas le moyen d'écarter la difficulté d'une manière ATaiment satisfaisante. On pourrait se demander si la première triade n'énumère pas les principales divinités de Tyr, métropole de Carthage ^ : Héra serait Ashtart. Mais alors Héraclès, avec lequel Melqart, « le Roi de la ville » de Tyr est toujours identifié, devrait figurer dans la première triade, et non dans la seconde. Ou bien Tanit Pené Baal est-elle invoquée deux fois dans le serment, d'abord sous le nom d'Héra, puis sous celui de SaL|jLcov Kcpyrioovûov? Mais l'hypothèse d'une double mention n'est guère plausible. Pourtant, si ce « démon » n'était pas Tanit, nous ne saurions dire qui il a pu être. A moins qu'il ne s'agisse d'un dédoublement de la déesse, d'une Fortune, analogue à celles des cités phéniciennes ^

C'est probablement à Tanit Pené Baal que se rapporte un

2. Par exemple (après Movers et Maury), Berger, Joum. asiai., 1877, I, p. ISHi V. lîérard, Origine des cultes arcadiens, p. 2(11; Audolleiit, l. c, p. 370; Usencr, niicinisches Muséum, LVIIl, 1003, p. 18; Baudissin, Adonis, p. 273 (n. 5) et 28o.

3. Salvieii {(iubern. Dei, VIII, 2, 9) appelle la déesse Céleste •< Afrorum daenionem ». Il ne faut pas parler ici du Genius Carthaginis de l'époque impériale. C'était nin dieu romain, distinct de Caeleslis, par conséquent de Tanit : voir Audollent, p. 377, n. 9; Dussaud, t. c.

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