V. supra, p
12. Melii. III. 40. Voir aussi Arnohe, I. 30. Conf. l. I. p. 3^2.
Les Phéniciens, qui ont beaucoup emprunté aux Babyloniens, ont-ils raconté sur Melqart des légendes analogues à celle de Gilgamès, le héros mésopotamien qui combattit les monstres, voyagea au loin sur terre et sur mer et atteignit peut-être les confins de l'Occident? C'est ce qu'il est impossible de dire. D'autre part, les mythes grecs d'Antée, d'Atlas, des Hespérides, de Géryon ne contiennent aucun trait qui soit incontestablement phénicien. Avant d'être relégués aux extrémités de la Libye et de l'Europe, ces personnages mythiques habitèrent des régions que, seuls, des Grecs avaient pu leur assignercomme demeures : Atlas, l'Arcadie; Géryon, l'Epire; Antée et les Hespérides, la Cyrénaïque. L'Héraclès qu'on mit en relations avec eux était un héros purement grec. Plus tard, on transporta quelques-unes de ses prouesses dans le lointain Occident, soit parce que des récits merveilleux s'accommodaient de ce recul dans des pays à peu près inconnus, soit pour justifier par des précédents des ambitions et des entreprises coloniales', soit pour d'autres raisons qui nous échappent. Mais ces fables se rapportent toujours à Héraclès, même quand elles l'amènent dans des parages où Melqart était adoré. Dans d'autres légendes, nous rencontrons des détails d'origine grecque % et, parmi celles qui restent, aucune ne peut revendiquer une origine exclusivement phénicienne. Écartons donc ce fatras et contentons-nous des conclusions que des documents précis autorisent. Le culte de l'Hercule tyrien n'est certain en Occident qu'à Carthage, à Malte, ii
1. T. I, p. .346. Ainsi, la légende de la prise de possession d'Éry.x par Hercule (Diodore, IV, 2:)) servit à justifier l'établissement d'une colonie en ce lieu par l'Héraclide Dorieus (t. 1, p. 431 ; Pareli, Sludi siciliani ed ilalioti, Florence, 1914, p. 20 et suiv.). Un contemporain de Dorieus, Hécatée de Mijet, indiquait le passage d'Héraclès par Solonte et Motyé, villes phéniciennes : fragments 47 et 48, dans Fragin. hist. Gr., 1, p. 3.
2. Far exemple, dans celle de l'invasion de l'Afrique par les Médes, etc., compagnons d'Hercule : voir t. I, p. 3.33; dans celle de la venue d'Hercule en Mauritanie avec des Olbiens et des Mycéniens : ibid., p. 344; dans celle de la fondation d'icosium, où un calembour rapproche ce nom du mot grec eïy.oai : ibid., p. 344, n. ti; dans celle de la venue d'iolaos en Sardaigue : infra, p. 322.
ThaiTos et k Gadès; il n'est guère douteux dans l'Ouest de la Sicile et à Lixus; il est vraisemblable à Leptis la Grande, à Sabratha, à (îii^'thi.
Qu'était Melqart? On lui donne pour père et pour mère Zeus et Astéria'. dont les noms paraissent répondre à ceux de Baal Sliamim, le .Maître des cieux, et d'Ashtart" : cela ne nous apprend pas grand'chose.
11 mourait et ressuscitait. Un autour grec du iv'' siècle, Eudoxe de Cnide'. racontait que cet Héraclès avait été tué par Typhon*, au temps où il parcourait la Libye, mais que son compagnon lolaos l'avait ramené à la vie en lui mettant sous le nez une caille, oiseau dont Héraclès était très friand : aussi les Phéniciens lui sacrifiaient-ils des cailles. Fable bizarre qu'il est difficile d'expliquer ^ Nous avons dit que, dans le sanctuaire de l'Ile de Gadès, il y avait un Saint-Sépulcre de Melqart''. A Tyr, le roi Hiram, contemporain de David et de Salomon, avait, le premier, célébré, au cours du mois de péritios, une cérémonie que le (jrec Ménandre d'Ephèse appelle toù 'Hpax)io'j; zyzp^jiq, « le réveil d'Héraclès » ^ Le mois de péritios tombait en février-
1. Eudoxe de Cnide, apud Athénée, IX, 47, p. 392, d. Gicéron, Nat. deor., III, 10, 42. Selon Philon de Byblos, il était fils d'un Démarous (II, 22 : Frai/in. kisl. Gr., m, p. 5()8), appelé aussi Zeus Démarous (ibid., II, 24, p. 569). Si, avec G. lIolTinaun (Zeitschrift fur Assyrioloyie, XI, 1896, p. 248), on lit dans ce dernier passa-re [«i] /.ai "A&o)co;, ce Zeus aurait été identifié avec le dieu syrien Hadad : ce serait Baal Shamim [conf. p. 294, n. 13]. De l'Héraclès adoré par les Carlhaf^inois, Ampélius (Lib. mem., 9) fait, autant (ju'il semble, — le texte n'est pas sur, — un fils de Gronos et de Carthéré (conf. t. I, p. 379, n. 3).
2. Pour l'emploi du mol Astéria, au lieu d'Astarté, voir p. 251, n. 2.