‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 412 sur 553 · Voir peut-être llérodien, V, 'i · texte numérisé non relu

Voir peut-être llérodien, V, 'i

374 MŒURS ET CROYACES.

tion romaine, et permettent d'affirmer que, du moins en certains lieux, il était d'origine phénicienne*. A Tliala, un sanctuaire de Saturne, c'est-à-dire de Baal Hammon, contenait un bétyle avec une colonne, baetilum cnm columna^; peut-être ce bétyle était-il placé au sommet d'une colonne, comme la grenade symbolique que montrent des ex-voto carthaginoise Une dédicace de Miliana s'adresse Abaddiri sancto\ et saint Augustin^ nous apprend que, de son temps encore, des Abaddires étaient des divinités pour des païens de Numidie. Or le terme phénicien abaddir^ désignait un bétyle'. Un ceraimiiwi, une pierre de foudre, figure dans l'inventaire d'un temple de la Carthage romaine ^.

Pour l'époque pudique, l'absence de textes analogues est compensée par des découvertes archéologiques.

On a recueilli à Carthage deux galets ovales, sur lesquels les lignes d'un visage sont tracées grossièrement et dont un porte une inscription punique e Ce sont, selon toute vraisemblance, des bétyles. Il y en avait sans doute de plus simples, galets

1. Mentions vagues, qui peuvent se rapporter à des cultes d'origine non phénicienne, dans des auteurs africains : Apulée, Florides, 1; le môme, ApoL, ."ib; Arnobe, I, 39; saint Augustin, Civ. Dei, XVI, 38. — Sur une inscription trouvée à Henchir es Srira, en Tunisie, il est dit d'un personnage qu'il dealbavit petra[ni ou s S]aturni : C. I. L., VIII, 23156. Le blanchiment des objets consacrés était un rite sémitique : « Érigez les pierres que, moi, je vous prescris aujourd'hui, sur le mont Hébal, et tu les enduiras de chaux » (Deutéronome, XXVll, 4). On a constaté ce rite dans le sanctuaire punico-romain du djebel Bou Kournîne (Toutain, Cultes, 1" partie, III, p. 86). Il est très usité chez les musulmans de l'Afrique du Nord. La question est de savoir quelle est cette pctra, ou quelles sont ces pelrac que l'inscription mentionne. Malgré le passage de la Bible que nous venons de citer, nous doutons qu'il s'agisse de pierres sacrées dressées. Le terme pctra, petrac s'appliquerait mieux à un ou plusieurs rochers qui auraient été compris dans l'enceinte d'un sanctuaire de Saturne.

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