‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 459 sur 553 · P. 81, n. 3 et · texte numérisé non relu

P. 81, n. 3 et

7. Thymialerin des Grecs. Voir C. I. S.. 138, pi. XXIX du t. I ; filO, pi. VI du t. il; 800. pi. XI; 1576, pi. XXIX ; 2522. pi. LUI; 2720, pi. LVIl ; 3002, pi. LXI. Dos Ihymiateria sont fréqueinmeol représentés devant les dieux sur des pierres gravées phéniciennes, trouvées soit en Orient, soit en Occident : de Ridder, Colleclion de Clcrcq, VII, pi. XVIII, passim; Perrot et Chipiez, III. p. 658, iïg. 477; Furlwàufrler, Die anlikcn Gcmmen, I. pi. Vil, fig. 12; pi. XV, lig. 2-4; III, p. 10!). Voir aussi un bas-relief trouvé près de Tyr : Dussaud, Rev. de l'fiist. des relif/ions, l'.IIJ, II, tlg. à la p. 06.

S. C. /. S., 438, pi. I du t. 11; 2377, pi. L {—M. Lavig., I, p. 20, pi. IV, fig. 3). Ces tailles, qui avaient un inanche, devaient être en métal et de petites dimensions. Table analogue sur tincî stèle de Constantine : Rec. de Conslantitic, XVIII, 1870-7, pi. IV, lig. 11 (conf. Bull, archéol. du Comité, 1905, p. ccvi). Nous avons mentionné (p. 64-65) des objets en terre cuite, pourvus de gobelets, dont la destination était probablement la même.

II. A Sousse : voir t. Il, p. 138. A RI Kenissia, près de Sousse : Carton, Le sanctuaire de Tanit, p. 27 et suiv.. p. 108-115. Au djebel Bon Kournlne : Toutain, Mél. de l'École de Rome, Xll. 1802, p. 115. A Dougga : Carton, i\ouv. Arch. des miision*. VII, p. 307-0. A Thuburnica : le même. Bull, archéol. du Comité, 1008, p. 413. A Ilenchir Heçass, non loin du Kef : liilaire, ibid., ISOS, p. 178. 185. A Ksit.a .Mraou : Mercier, ibid., 1887. p. 472-3; (isell, ibid., 1800. p. 403, n. 1.

10. A llipjione : voir t. Il, p. 151. A Taksebt : ibid., p. 150. A Saint-fjeu (Portus Matjnus) : ibid., p. 104. — Pour ces découvertes africaines, voir, d'une manière générale, Gsell. Hull. urcfu'ol. du Comité, ISOO, p. 403; Merlin, Le sanctuaire de Baal et de Tanit, p. 37; Toutain, Cultes, 1" partie, III, p. 07-74.

11. A Nora : Palroni, Mon. dri Lincei, ,\IV. p. 157-105. La vraie signification de celle découverte a été rcconiine par .M. Carlon, A-c sanctuaire de Tanit. (). 140 et suiv.

12. Si la couslalaliua u'a pas été faite partout, c'est peut-être parce que les

cendres el des ossements calcinés de moutons, de chèvres, de bœufs, d'oiseaux; vases, vides aujourd'hui, mais qui, munis d'un couvercle, avaient sans doute renfermé jadis quelque liquide ; fioles à parfums, lampes, brûle-parfums (en forme de petit autel, ou de godet fixé sur une soucoupe). Ces dépôts, parts de victimes ou autres oblations, appartenaient au dieu : on lés conservait dans l'enceinte sacrée. La stèle était le complément et le témoignage durable du sacrifice, offert le plus souvent à la suite d'un vœu qui avait été exaucé'.

Cette coutume, commune à l'Afrique du Nord et à la Sardaigne, était certainement d'origine phénicienne. Elle se maintint sous l'Empire romain, mais seulement dans des sanctuaires consacrés à d'anciennes divinités puniques, Baal Hammon-Saturne et sa compagne céleste. Du reste, à Sousse, à Nora, à Constantine, et probablement ailleurs^, les rites dont nous parlons ont été en usage à une époque plus reculée, antérieure à notre ère.

Telle devait donc être la destination des stèles, toutes dédiées

stèles n'étaient plus à leur place primitive, ou parce qu'on n'a pas exécute de fouilles au-dessous de ces pierres. — Les dépôts se trouvent quelquefois au milieu de cendres et de charbons, qui provenaient aussi des sacrilices.

1. Conf. Berger et Gagnât, Bull, archéol. du Comité, 1889, p. 257; Lagrange, Études, p. 198. M. Toutain {l. c, p. 75-77) est disposé à croire qu'en général, la stèle était destinée, non à compléter, mais à remplacer le sacrifice, dont on se serait ainsi épargné les frais. Assurément, la plupart de ces stèles sont très humbles et ont dû être dédiées par dos gens craignant de fortes dépenses. Mais celles qui surmontent des restes non douteux de sacrifices, celles dont l'inscription latine atteste très clairement l'immolation réelle d'un animal (C. 1. L., VIII, 15017, 15075, 15133, 15149, 2232=170(59, 2235, 2230. 17075, 18897), ne sont pas moins humbles que les autres. — Il y avait pour les fidèles une autre manière de perpétuer leur acte de reconnaissance envers la divinité : c'était de dresser dans le sanctuaire leur propre image, tenant une offrande. Cette coutume a existé dans l'Ile de Chypre et en Pliénicie (comme aussi en Espagne : statues du Gerro de los Santos). Nous n'avons pas la preuve qu'elle ait existé clie/. les Phéniciens d'Occident. Cependant, à l'époque romaine, dans divers sanctuaires de la région d'Hadrumèle, les dévots apportaient des figurines en terre cuite, qui étaient censées les représenter (Carton, Le sanctuaire de Tanit, p. 117 et suiv.; Merlin, Bull, archéol. du Comité, 1912, p. 513, 514). On voit (ju'il s'agit du même rite, appliqué d'une manière plus modeste.

2. Par exeiiii)h' ii El Kenissia, à Dnugga, a Ilippone, où (juclques-unes des stèles reLiuuvées paraissent dater du i" siècle uvuul J.-C.

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à Tanit IV'né Baal et à Haal Ilaininon. (|iio l'on a recueillies [)ar milliers en différents points de Carthage, surtout entre la colline de Saint-Louis et la mer'. Klles étaient apparemment dressées dans divers saiicluaires. Très peu ont été retrouvées dans leur position primitive ; une seule avec les poteries enterrées au-dessous d'elle-.

Ces ex-voto, en pierre calcaire, sont de petites dimensions : en moyenne 0 m. .■>() de hauteur. 0 ni. lo de largeur ^ Le bas est d'ordinaire à peine dégrossi; on l'enfonçait dans le sol*. La partie supérieure se termine en pointe et forme ainsi un fronton qui est très souvent flanqué de deux saillies, ou acrolères. La plupart des stèles offrent à la fois une inscription et des images, gravées ou sculptées en un relief peu accusé ; cependant il y en a qui ne portent pas de dédicace, et quelques autres qui sont dépourvues de figures.

Les insci'iptions, qui reproduisent des formules usitées chez tous les Phéniciens", sont très monotones : « A la Dame, à Tanil Pené Baal, et au Seigneur, à Baal Hammon'', ce qu'a voué N., jiarce qu'elle a entendu sa voix, l'a béni », ou bien « parce qu'ils ont entendu sa voix, l'ont béni »''. La fin « j)arce

1. Voir t. II, p. 80-81. Gelle.s qui porlont des dédicaces sont réunies au C. I. S., n" I8tl-;J2.")1. Pour les images tracées sur ces pierres, voir Ph. Horp;er, Gazette archéol., 1«7(), p. 114-126; 1877, p. 22-2'J, 86-95, et apud E. de Sainle-Marie, Mission à Carthage, p. 80-104.

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