Voir infra, p. 423, n
Ces présages, et sans douti; beaucouf» d autres' avaient besoin (rinterprètes oxj)erls. Des devins accompagnaient les chefs d'ex[»éditions, les généraux, qui tenaient grand compte de leurs avis. Au cours de son voyage le long des cAtes africaines, Ilannon quitta, sur leur invitation, une île où il avait débarqué : des feux épars dans une forêt et un vacarme de flûtes, de cymbales, de tambourins leur avaient paru de fort mauvais augure-. Lors du siège d'Agrigente, en 406, ils ordonnèrent d'épargner un vaste tombeau, que la foudre avait frappé pendant qu'on était en train de le démolir'. Tn siècle plus tard, Amilcar résolut de donner l'assaut à Syracuse, parce que, selon Diodore. un devin, après avoir inspecté les entrailles des victimes, lui avait prédit qu'il souperait le lendemain dans cette ville*.
Les pratiques religieuses que nous venons d'étudier s'accomplissaient avec le concours d'un clergé officiel et, le plus souvent, dans des sanctuaires publics. Mais, pour écarter les dangers et les maux qui les menaçaient ou les frappaient, pour obtenir ce qu'ils souhaitaient, les Carthaginois recouraient volontiers à d'autres moyens : amulettes et opérations magiques.
Leurs sépultures contiennent un grand nombre d'objets auxquels ils attribuaient une valeur prophylactique : masques en terre cuite ^; segments d'oeufs d'autruche sur lesquels est tracée une face humaine*^; hachettes en cuivre, couvertes d'images diverses'; petits masques, figurines, yeux, mains, sonnettes, etc., qui faisaient partie de colliers"; étuis renfermant
1. Notons l'absence de textes indiquant l'astroloj^ie parmi les moyens dont les liarllwi^riaois Taisaient usaire pour ronnallre l'avenir.
2. Périple d'Hannon, 14 {Gcogr. Gr. min., I, p. 12). Conf. ici, t. I, p. 4!)0. :H. Diodore. .Xlll. 80, 2.
l. Diodore, XX, 2'.». :{. Selon Cicéron {De divinat., I, 24, .'iO), ce fut une voix qui lui ni celte preditlion.
.">. Voir p. 71 et suiv.