‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 470 sur 553 · Perrot, III, p · texte numérisé non relu

Perrot, III, p

2. Régions de Dermèche et de Douimès, collines de Junon et de Saint-Louis.

3. Vu le mauvais état des tombes, il est souvent impossible de dire si ces auges étaient au fond d'une fosse (comme l'indique le P. Delatlre, C. r. Acad. Iriser., 1894, p. 431; Bull, de la Soc. de géogr. d'Oran. XX* anniversaire, 1898, p. 140; voir aussi Gauckler, Nécrop., p. 396), ou bien si elles étaient à l'intérieur d'une chambre, simplement excavée. Le sarcophage monolithe découvert par le F. Delatlre à Byrsa (Les tombeaux puniques de Cartilage, p. 59-60) était sans doute dans une fosse (voir ibid., lig. à la p. 60, lettre U). Cet archéologue (C. r. Acad. Jnscr., l. c.) signale aussi des fosses contenant deu.\ auges juxtaposées. Cela n'est pas inadmissible, mais, en général, le type de la fosse ne devait comporter qu'un ensevelissement. 11 est certain, d'autre part, que des caveaux abritaient une paire d'auges : voir p. 431.

LES PRATIOrES FIINÉIIAIUES. 429

Les potories du mobilier funéraire sont assez fréquemment déposées hors de l'aui^^e, au-dessus*.

In autre type de sépulture consiste en un caveau quadrangulaiic. qui est au fond d'un puits d'accès, é^^1h'ment quadran- ;;ulaire. et qui s'ouvre sur un des petits côtés de ce puits. C'était là. sans doute, un emprunt des Phéniciens à l'Kg^ypte. Pendant de longs siècles, ils firent des hypojj^ées présentant ces dispositions : à Carthage. jusqu'à la destruction de la ville; en pleine époque romaine, dans d'autres lieux de l'.Vfrique septentrionale.

Dans les plus vieux cimetières carthaginois, à Dermèche, à Douimès, sur les collines de Byrsa (Saint-Louis) et de Junon, des caveaux sont bâtis en grands blocs, parallélépipèdes habilement ajustés, sans ciment : la pierre est, comme pour les auges dont nous avons parlé tout à l'heure, le calcaire coquillier que fournissaient les carrières d'El Haouria, près du cap Bon*. Si l'on construisit ainsi des chambres funéraires, au lieu de les creuser dans le sous-sol. ce fut évidemment pour mieux en assurer la conservation, des effondrements étant à craindre dans des terrains peu compacts. Le caveau est de dimensions assez exiguës : en moyenne 2 m. 40 de long, 1 m. 60 de large; la hauteur ne dépasse guère, ou mémo n'atteint pas la taille d'un adulte. Il y a d'ordinaire une ou deux niches, qui abritent une partie des poteries. Le sol est souvent dallé; dans des hypogées de Byrsa, ce dallage recouvre deux sarcophages non monolithes. Certaines sé[>ultures sont revêtues intérieurement d'une couche de stuc blanc très fin^; elles étaient couvertes d'un plafond en bois de cèdre, quis'éten-

1, Delattrc, Tombeaux pun. de Carthage, p. 60; C. r. Acad. Inscr., I80i, p. 452; Im nécropole puniqiin de Doutmcs (extrait du Cosmos. 1807), p. 21 ; Mémoires des Antiquaires de France, LVl, p. 3(i:5 (voir au.isi ibid., p. 283).

2. Dt'lHlIrc. Tombeaux pun., p. 09. Pour ces carrières, voir t. 11. \>. 112-:}.

H. Il nr ronvicnl pa- de rnjipf'lcr ici - les sépulcres blanchis • de l'Kvangile (saint .Mallliieu, XXlil, 27), ■ qui paraisi>eal beaux au dehors •.

dait sous le plafond en pierre, constitué par de longs blocs. Ceux-ci sont fréquemment^ surmontés d'une sorte de toit : deux rangées d'autres blocs, dressés obliquement, viennent se contrebouter et forment une décharge, atténuant la poussée des terres qui remplissent la tranchée dans laquelle on avait construit le caveau ^ La façade de la chambre se prolonge en haut par un mur, qui dépasse le toit. Cette façade, dans laquelle est ménagée une baie, servant d'entrée, s'élevait certainement sur un des côtés d'un puits d'accès, quoique le puits, creusé dans un terrain meuble, ne soit plus aisé à reconnaître. La baie était fermée par une grande dalle, placée de champ ^

Les caveaux bâtis appartiennent surtout aux vii'-vf siècles. Mais l'usage de construire des chambres funéraires en grosses pierres de taille ne se perdit pas à Carthage. L'une d'elles paraît dater du v siècle \ D'autres sont plus récentes^; le toit en triangle y devient exceptionnel*.

A Dermèche et à Douimès, nous constatons, depuis le début du yf siècle au plus tard, l'existence de caveaux creusés, et non bâtis, précédés d'un puits, profond de 6 mètres en moyenne. Ils s'étaient fort mal conservés dans le sol sablonneux. En général même, des éboulements les avaient entièrement

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