Delaltro, Mém. des Antiquaires, l. c, p
5. Le P. Delattre indique ■< quatre ou cinq cas d'incinération » au vieux cimetière de Douimès : ibid.. p. 2r)0 (conf. ibid., p. 33r)). Pour dos urnes remplies d'ossements brûlés, qui ont été Irouvées à peu de distance au Sud-Sud-Ouest des grandes citernes de Bordj Djedid, voir t. II, p. 90, n. 4; la nature do ce dépôt reste indéterminée.
LES PRATIOrES FUNÉRAIRES. • 443
des urnes en terre cuite, des colTres formé»^ de dalles dressées'. Ce fut seulement au vi* siècle que l'inhumation, rare au siècle précédent, devint en ce lieu le rite le plus usité. .Motvé était, selon Thucydide-, habitée par des IMiénicicns peu de temps après les débuts de la colonisation ^^recque eu Sicile (au viii' siècle). Lo site de la ville, dans un Mot très voisin du littoral, au milieu d'une baie, ne pouvait convenir qu'<\ des marins et à des marchands; il était de ceux que les !*héniciens recherchaient. Le mobilier des tombes comprend, outre des vases grecs importés, des poteries phéniciennes. Il n'y a donc pas de raisons de supposer que ce cimetière soit antérieur à l'établissement des Phéniciens dans l'îlot. Par conséquent, l'incinération était en usa^^e chez eux au vu' siècle^ Mais à Carthage, dès cette époque, elle tendait à disparaître devant l'inhumation; elle se maintenait mieux à Motyé.
Kn Palestine, comme en Babylonie, elle avait été pratiquée dans des temps fort anciens, avant l'invention de la métallurgie*. On croyait que les peuples de l'Asie occidentale y avaient renoncé de bonne heure et l'on ne s'embarrassait guère d'un récit de la Bible relatif à Saul et à ses fils, tués par les l*hilistins, suspendus à un rem])art, j)uis emportés, hnlléSy enfin ensevelis par les gens de Jabès ' : c'était, pensait-on, un cas isolé, où l'incinération se justifiait par la corruption des corps. .l'ignore si l'explication est bonne"; en tout cas, plusieurs siècles encore après Saiil, les l*héniciens brûlaient des