Ce seus n'est pas admis par tout le monde
LES l'IlATlQUES FUNKHAHŒS. 403
soient |ias ensevelis dans un tombeau » '. l'iie inscription bilinjj^iK', beaucoup plus récente, gravée sur un mausolée du Sutl (io la Tunisie, traduit par le mot pbrnieien liefaim le mot latin Mânes '. .Mais il serait imprudent d'en conclure que. chez les Carthaf^inois, la condition attribuée aux lie faim était identique à celle que leur attribuaient les Hébreux.
« (Jue les dieux saints, poursuit Ksiimounazar, les livrent à •Malk Addir et que celui-ci sévisse contre eux au |>oint de les anéantir ^! » C'était là un maître des morts. Nous ij.fnorons si les CarthajTjinois ont admis l'existence d'un dieu semblable : de Uaal Addir, auquel on pourrait penser, nous ne connaissons (]ue le nom*, et il est fort douteux que Piuto, très populaire dans l'Afrique romaine, ait été d'origine punique ^ Il se peut qu'une déesse infernale soit invoquée sur une tablette magique, découverte dans le cimetière de Douimès '^. Avait-on confié à l'un des morts enterrés en ce lieu le soin de servir d'intermédiaire"? Dans ce cas, on avait concilié les deux conceptions indiquées plus haut : le défunt aurait habité à la fois sa propre tombe et l'Enfer.
Si le séjour des Hefaïm phéniciens ressemblait au Shéoi hébreu, il était fort triste. Des peuples avec lesquels les Phéniciens furent en relations, les Egyptiens et les Grecs, ont cru que les hommes disposaient de moyens de s'assurer une existence bienheureuse après leur vie terrestre. Peut-être des Carthaginois ne restèrent-ils pas étrangers aux espérances des
1. C. /. s., :}. I. s. n<> iiii-mc dans l'inscription df T.ihnil (/fr//., 111, 1202) : « (Juf lu n'aies jias de coiiclie avoc li's Hcfaini ! »
2. Glermoal-Ganneau, Eludes d'arcUéol. orientale, I, p. !.")() et suiv.
3. L. IMO, d'après .M. Isidore Lév y (conf. supra, p. 2!)('), n. 7).