‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 3)Chapitre 539 sur 553 · lonf. suitid, p · texte numérisé non relu

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ses institutions politiques; des populations rurales auxquelles une domination sévère avait imposé des habitudes d'ordre et de travail ; une agriculture connaissant les ressources du pays et les moyens d'en faire usage; une civilisation matérielle qui, dépourvue d'originalité, ne se montra pas hostile à la civilisation gréco-latine et ne subsista que là oîi celle-ci ne s'efforça pas de la remplacer.

Ce ne fut pas seulement la puissance romaine qui hérita de Carthage. En adoptant la religion punique, les Africains se pénétrèrent de son esprit. Ils mirent la divinité infiniment au-dessus des hommes. Ils s'accoutumèrent à un sentiment qui n'était guère connu des Grecs et des Romains, mais qu'ils retrouvèrent dans l'Evangile : l'humble soumission à la volonté du Seigneur. Dans les villes et les bourgs, tous, ou presque tous adoraient le Baal qai portait désormais le nom de Satui'nus, et ils le plaçaient au premier rang des dieux, même avant Caelestis. C'était un acheminement vers le monothéisme. Pour expliquer l'accueil que le christianisme reçut en Afrique et le développement qu'il y prit, il faut peut-être remonter jusqu'aux croyances carthaginoises.

Enfin, saint Augustin nous révèle que, de son temps, le punique était très répandu dans les campagnes; Frocope, qu'on le parlait encore au vr siècle'. De là à la conquête musulmane, l'intervalle est court. Or l'arabe, apparenté à cette langue, pouvait facilement la supplanter, comme l'araméen, autre idiome sémitique, avait supplanté, bien des siècles auparavant, le phénicien en Phénicie. Il est donc permis de supposer- que beaucoup de Berbères adoptèrent la langue de rislam parce qu'ils l'apprirent sans peine, sachant le punique. De très loin, Carthage les avait préparés à recevoir le Coran, livre saint et code.

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