Et contiennent souvent des noms propres puniques
ROLE HISTOIUOI'R IIK CARTIIAC.E. 407
qui II .iviiient |»as rei.u. avec lo tilre de colonio ou de municipe, une constitution romaine, étaient, j)Our la j)lu[)art, des cités org^ani^ées selon le tv|it' {diénicien ; le nom de sufète était donné à le ars ma}j^istrats. Les sépultures conservaient souvent les vieilli s formes puniques; les caissons, les stèles qui les surmontiient étaient aussi des emprunts à Cartha^e. 11 se peut que les architectes des mausolées se soient inspirés de modèles carthaji:inois; l'origine carthaginoise de certains chapiteaux que l'on taillait encore en Afrique après notre ère est incontestable '. Des dieux, adorés dans des régions qui n'avaient pas été soumises à Carthage, gardaient leur nom sémitique, Ahaddir, lialiddir. Des noms importés d'Italie désignaient d'autres dieux phéniciens : Apollo, Aescnlapius, Hercules, etc. Satumus et Caelestis, les deux grandes divinités de l'Afrique romaine, étaient Raal Ilammon et l'Astarté que les Carthaginois avaient appelée Tanit Pené Haal. Dansleculte qu'on leur rendait, des ritesétaient de tradition punique : par exemple, ces offrandes, ces restes de sacrifices, enfouis dans des lieux saints et surmontés de stèles.
Nous étudierons plus tard cette persistance de la langue, des mœurs et des croyances puniques dans l'Afrique septentrionale. Il suffisait de montrer ici que Carthage a marqué la Berbérie d'une empreinte très profonde, plus profonde que celle dont Marseille a marqué la Gaule. Elle ne se soucia guère de faire l'éducation des indigènes. Elle la lit jiourtant : elle et les autres villes phéniciennes qui, grâce à la protection dont elle les couvrit, purent vivre et lui survivre.
Dans une contrée barbare, les Phéniciens avaient introduit une civilisation déjà avancée; ils avaient créé des centres urbains et des exploitations agricoles. Devenue maîtresse de l'Afrique, Home recueillit leur (l'uvrc; et celle que les rois indigènes avaient entreprise à leur exemple. Elle trouva des citadins pratiquant le régime municipal, qui était l'essence même do