Polybe, I
avaient durement traités; ils avaient exigé la moitié des récoltes et imposé aux villes des tributs doubles de ceux qu'elles payaient auparavant^; ils n'avaient accordé aucune remise, même aux plus pauvres. Les gouverneurs qu'ils appréciaient n'étaient pas ceux qui se conduisaient avec douceur et humanité, mais ceux qui, par une sévérité inflexible, leur procuraient le plus d'argent : Ilannon était de ces derniers. Les Libyens, ainsi pressurés et persécutés, n'avaient pas besoin des prières de Mathos; ils se soulevèrent dès qu'ils connurent les événements de Tunis. Les femmes, qui se souvenaient des violences commises contre leurs pères et leurs maris, voulurent contribuer aux frais de la guerre; elles prirent partout l'engagement de ne rien cacher de ce qu'elles avaient de précieux et, sans hésiter, elles livrèrent leurs parures. Mathos et Spendios recueillirent des sommes assez importantes pour payer aux mercenaires l'arriéré de leur solde et faire face aux dépenses nécessaires 2.
De tous côtés, ils recevaient des vivres, des hommes^; 70 000 Libyens se joignirent à eux*. Ils divisèrent leurs forces. Deux armées allèrent assiéger Utique et Bizerte, restées fidèles aux Carthaginois ^ D'autres troupes occupaient fortement le camp de Tunis et isolaient Carthage du continents Les rebelles s'approchaient même des murailles, soit de jour, soit