‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 101 sur 407 · Polybe, I · texte numérisé non relu

Polybe, I

meurtriers accouraient de toute part et accablaient la victime désignée à leurs coups. Personne n'osant plus prendre la parole, Mathos et Spendios furent élus généraux*.

Cependant Giscon ne renonçait pas à accomplir sa mission." Sachant quels terribles dangers menaçaient Carthage, il faisait tous ses efforts pour les écarter. Tantôt il s'adressait aux chefs, tantôt il haranguait tour à tour les différentes nations. Mais un incident déchaîna l'orage qu'il voulait conjurer. Les Libyens, qui n'avaient pas encore reçu leur solde, la lui ayant réclamée sur un ton impérieux, il les invita à la demander à Mathos, leur géné-ral. Cette réponse les mit dans une telle fureur qu'ils se jetèrent aussitôt sur l'argent qui était à leur portée et s'emparèrent de Giscon et de ses compagnons. Mathos et Spendios, persuadés que des actes contraires au droit des gens rendraient la rupture inévitable, excitèrent encore la foule ameutée; les caisses et les bagages des Carthaginois furent pillés, Giscon et les siens maltraités, enchaînés et enfermés dans une prison^.

Mathos s'empressa d'envoyer des députés aux villes africaines, pour les appeler à la liberté et solliciter leur concours ^ Il en envoya sans doute aussi aux Numides, qui, nous le verrons, participèrent à la révolte*. Presque tous les Libyens du territoire punique firent cause commune avec les mercenaires ^ Pendant la guerre contre Rome, les Carthaginois les

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