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de nuit, et, par leur audace, épouvantaient les habitants*.
Après une très longue guerre, qui s'était si mal terminée pour eux, les Carthaginois avaient espéré se refaire dans la paix. Et maintenant ce n'étaient plus de lointaines possessions qu'ils devaient défendre; c'était l'existence de leur patrie. Les produits agricoles qu'ils tiraient des campagnes voisines et qui les nourrissaient, les revenus que leur rapportait leur empire africain, les troupes étrangères qui constituaient leur armée, toutes ces ressources leur manquaient en même temps et se tournaient même contre eux. Leurs arsenaux étaient presque vides, leur flotte de combat presque détruite; ils n'avaient pas de provisions de bouche; au dehors, ils ne pouvaient compter sur aucun ami, sur aucun allié-.
Il fallait pourtant soutenir la lutte. Hannon, le conquérant de Theveste, fut désigné comme généraP. Dans la préparation de la guerre, il se montra à la hauteur de sa tache*. On rassembla des mercenaires, on enrôla les citoyens en âge de porter les armes, on forma parmi eux un corps de cavalerie, on équipa les navires dont on disposait encore, des trirèmes, des vaisseaux à cinquante rames, des barques de grandes dimensions^
Ce fut peut-être par mer qu'Hannon se porta au secours d'Utique^ Il se fit remettre par les assiégés les catapultes et autres engins qu'ils possédaient, et, après s'être établi devant la ville, il attaqua le camp ennemi. Il avait une centaine d'éléphants qui, faisant irruption, tuèrent beaucoup de mercenaires et chassèrent les autres. Ceux-ci sra^rnèrent une colline