‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 133 sur 407 · Diodore, XX, 69, 3 et · texte numérisé non relu

Diodore, XX, 69, 3 et

3. Gonf. supra, p. 44, n. 3. Ealre le meurtre d'Ophelas et la fuite d'Agathocle, beaucoup d'événements se passèrent : la prise d'Utique, puis celle de Bizerle, où le tyran dut séjourner pendant un certain temps pour établir le plan des travaux qu'il ordonna d'exécuter dans ce port, et sans doute aussi pour constituer la flotte qui le ramena en Sicile; le départ d'Agathocle; les deux campagnes d'Eumachos; la triple campagne carthaginoise; la nouvelle des défaites grecques envoyée à Agathocle, qui ne quitta pas tout de suite Syracuse; son retour, qui eut lieu vers septembre 307, le séjour qu'il fit alors en Afrique ayant été court. En plaçant le meurtre d'Ophelas en octobre 309 et en ne tenant pas compte do la répartition chronologique de Diodore, on pourrait aisément distribuer ces faits dans une période de deux ans : on assignerait la prise d'Utique et de Bizerte au printemps de 308; le départ d'Agathocle à l'été ou à l'automne de la même année (partant avec 2 000 hommes, il ne se hasarda sans doute pas à une traversée en plein hiver); les deux expéditions d'Eumachos à l'hiver de 308-7 et au printemps de 307; la triple expédition carthaginoise au printemps et à l'été de- 307. — Si, au contraire, le meurtre d'Ophelas eut lieu en octobre 308, il faut mettre la prise d'Utique et de Bizerte dans l'hiver de 308-7, la traversée d'Agathocle au commencement du printemps de 307, le début de la triple campagne des Carthaginois à la fin du printemps ou en été. Le second départ d'Eumachos put précéder de peu celui d'ilimilcon, qui alla le combattre. Mais, à moins que la première expédition de cet Eumachos n'ait été très rapide, il serait difficile d'en placer le début après le départ d'Agathocle (conf. Schubert, p. 166-7) : on devrait donc supposer qu'elle fut ordonnée par le tyran lui-même, et non par Archagathos, comme Diodore l'indique.

EXPÉDITION D'AGâTHOGLE. 61

imposer à ses ennemis une paix qui le débarrassât d'eux en Sicile. Mais ni plusieurs défaites, ni les ruines que l'invasion fit autour de Carthage et sur le reste du territoire punique, ni la perte d'un grand nombre de villes, ni la défection de beaucoup d'alliés, ni les frais d'une longue guerre ne déoidèrent les Carthaginois à traiter tant qu'Agatkocle fut chez eux^ Malgré leurs divisions, ils paraissent avoir été d'accord pour ne pas commettre cet acte de faiblesse ^ qui eût détruit leur prestige aux yeux de leurs sujets et de leurs vassaux et encouragé leurs futurs adversaires à suivre l'exemple d'Agathocle. Grâce à leur marine et à leurs remparts, ils pouvaient supporter un blocus par terre et ils n'avaient rien à craindre d'un assaut, que le tyran n'osa pas tenter pendant son séjour de plusieurs années aux portes de la ville. Ils ne se bornèrent pas à une résistance passive. Sans même abandonner la Sicile, ils mirent sur pied en Libye plusieurs armées, formées de citoyens, d'Africains, de mercenaires, dans lesquelles des Grecs et même des Svracusains^ combattirent le prétendu champion de l'hellénisme. Ils prirent l'offensive et allèrent montrer aux indigènes qu'il n'était pas prudent de faire cause commune avec les envahisseurs.

Pendant trois ans, Agathocle sut se maintenir par ses talents militaires et les ressources de son intelligence. Mais il manquait de tout appui solide. Ses auxiliaires libyens et numides se hâtaient de le quitter dès qu'ils commençaient à douter de ses chances de succès; les villes phéniciennes ne s'étaient pas, pour la plupart, détachées volontairement de Carthage et les cruautés du tyran n'étaient pas propres à le faire aimer. Ce n'était qu'au détriment des Africains qu'il nourrissait et pavait ses soldats, troupes indisciplinées et peu sûres.

1. Valère-Mnximt» (VII, 4, ext., 1) nfllrine le contraire, mais il se trompe.

2. Ce fut seulement dans le premier moment de panique que certains parlèrent, dit-on, de né^cier : voir p. 31.

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