Conf. t. I, p. 418 et
3. Amilcar lUiodanus, dans Justin; Amilcar Rliodiiuis, dans Fronliu.
4. Justin. XXI, 6; conf. Orose, IV, 6, 21-22. Fronlin, Stral., I, 2, 3.
5. Diodorc, XVU, 113, 2. Justin, XII, 13, 1. Arrieu, Anab., Vil, lo. 4.
GSELL, III. 2
riverains de la iMéditerranée occidentale; une route devait êtreétablie en Libye le long du littoral jusqu'aux Colonnes d'ilercule*. La lièvre qui emporta Alexandre au mois de juin 32;^ retarda peut-être de deux siècles la ruine de Carthage.
Après le traité conclu avec Timoléon^, le gouvernement punique n'eut, pendant de longues années, ni l'occasion, ni sans doute le désir de recommencer la grande lutte pour la possession de la Sicile. Puisque Carthage ajournait ses ambitions, il lui était facile, en attendant, de discerner et de suivra la politique la plus conforme à ses intérêts : il fallait empêcher les Grecs de reprendre l'offensive, en entretenant leurs querelles par des interventions diplomatiques et même militaires % surtout en faisant obstacle à la constitution, dans l'Est de l'île, d'une tyrannie puissante, héritière de celles de Gélon et d& Denys l'Ancien. Agathocle devint pourtant maître de Syracuse, avec l'aide, dit-on, d'un général carthaginois, Amilcar.
INé vers 360, à Thermai, dans la province punique, d'un potier de Rhégion, Agathocle vint, jeune encore, à Syracuse, où il exerça l'industrie de son père. Il s'éleva peu à peu par sa bravoure, son intelligence active et pleine de ressources, son éloquence populaire, et aussi son manque de scrupules, et il devint l'un des chefs du parti démocratique. Contraint de
1. Diodore, XVIII, 4, 4. Pour ces prétendus projets d'Alexandre, conf. Quiute- Gurce, X, 1, 17; Arrien, VII, 1, 2.
2. Sur les événeuKMilsde Sicile entre la paix de Timoléou et l'expédition d'Agathocle en Afrique, voir llolm, II, p. 21«J-234; Aleltzer, I, p. 352-300; Niese, Geschichte der grieclùsclien und makedonischen Staaten, I (1893), p. 430-444; Freernan, IV, p. 350-400; Beloch, III, 1 (1904), p. 183-190. Les sources sont Diodore, XIX, 1-9, 05, 70-72, 102-4, lUG-110, et Justin, XXII, 2-3.
3. Les Carthaginois soutinrent les chefs du parti oligarchique, bannis de Syracuse (Diodore, XIX, 4, 3) et, vers 320, ils vinrent assiéger cette ville (Trogue- Poinpée, Prol. l. XXI). Un peu plus tard, le général Amilcar aurait envoyé des Iroupes pour défendre Syracuse, menacée par Agathocle (Justin, XXII, 2, 3).
quitter la ville parce qu'on le soupçonnait de viser à la tyrannie, il forma une armée et se mit en campagne, s'attaquant même au territoire carthaginoise En 318, il était devant Syracuse. Un accord, négocié par Amilcar, lui permit d'y rentrer^; il s'engagea à respecter la constitution. Mais quelque temps après (en 316), il massacra une partie de ses adversaires, en se servant, si l'on en croit Justin, de 5 000 Africains qu'Amilcar lui avait envoyés ^ et il se fît investir par le peuple d'une autorité sans limites. Puis il guerroya contre les Sicules et contre des cités grecques. Messine, Gela, Agrigente, qui avaient accueilli les débris du parti oligarchique syracusain.
11 importait à Carthage de l'empêcher d'accroître sa puissance : en 314, elle s'entremit pour rétablir la paix entre Messine et le tyran \ Mais un traité conclu en 313, par les soins d' Amilcar, tout en lui garantissant la possession des villes grecques de Thermal ^ de Sélinonte et d'Héracléa, qui lui appartenaient depuis longtemps, stipula que les autres Grecs, sans perdre leur autonomie, reconnaîtraient la suprématie de Syracuse ^ C'était en réalité, les livre's à Agathocle. Amilcar était-il un homme à courte vue qui, redoutant les risques des guerres siciliennes et leur contre-coup sur la politique intérieure de la République, souhaitait avant tout la paix, et crut-il sincèrement assurer la tranquillité de la province carthaginoise en s'ellorçant de mettre fin à l'anarchie chez les Grecs? Ou, comme on l'en accusa, s'était-il entendu, depuis plusieurs
i. Diodore, XIX, o et 0.