Tile Live, XXVI
166 IIISTOIIIE MILITAIRE DE CARTIIAGE.
Asdrubal, son frère Magoa et un autre Asdrubal, fils de Giscon, avaient gagné deux belles victoires en 211 : les Scipions, s'étant séparés pour les attaquer, avaient succombé, avec beaucoup des leurs. Les Jlomains se défendaient péniblement ai/ Nord de l'Kbre. Du côté des Carthaginois, on se préparait de n:>uveau à une expédition en Italie.
L'arrivée, à la fin de l'année 210, d'un jeune chef, Publius Cornélius Scipio, fils de Publius, tué l'année précédente, rétablit une situation presque désespérée. Se fiant à son heureuse fortune, ou, comme il le laissait croire, à l'inspiration des dieux, aimé des soldats, pour lesquels il avait une indulgence parfois excessive, diplomate habile, général plein de hardiesse, mais capable d'une tactique savante, il débuta par une entreprise qui paraissait follement téméraire et que, pourtant, le succès justifia. Les deux Asdrubals et Magon, ne craignant plus les Romains, s'étaient dispersés et campaient loin de Carthagène, où ne restait qu'une garnison très faible. Scipion marcha précipitamment sur cette ville et s'en empara. Il y trouva un matériel de guerre fort important, des vaisseaux qu'il joignit à sa flotte, de grosses sommes d'argent, qu'il put accroître par le produit des mines du voisinage, des gens de mer qu'il embarqua comme rameurs, des artisans qu'il employa à compléter son armement, enfin de nombreux otages espagnols qu'il renvoya chez eux, à condition que leurs parents devinssent ses alliés. L'empire barcide d'Espagne était décapité.
Les Carthaginois n'avaient pas ménagé les indigènes, leur imposant de lourds tributs, leur réclamant sans cesse des soldats, régnant par la terreur et par le système des otages, traitant des hommes fiers avec une morgue humiliante '. Beaucoup de peuplades se soumirent aux Romains; d'autres, qui