Conf. t. II, p
ne pouvaient pas encore faire défection, ne servaient qu'à contre-cœur des maîtres détestés. Les frères d'Hannibal et le fils de Giscon ne s'entendaient pas^ Leur désaccord servit Scipion. En 208, il s'avança jusqu'à la vallée du Guadalquivir. Dans une bataille livrée à Bœcula, il vainquit le Barcide Asdrubal, que les deux autres généraux ne rejoignirent pas à temps.
Ce fut cependant après celte défaite qu'Asdrubal réalisa le plan différé depuis tant d'années. Échappant à Publius, dont la faute eut pu être fatale à Rome, il se dirigea vers le Nord et alla franchir les Pyrénées du côté de l'Océan, pour éviter les troupes ennemies qui occupaient le pays entre le cours inférieur de l'Èbre et ces montagnes. Il n'emmenait sans doute qu'une petite armée-, mais il comptait entraîner beaucoup de Celtes, en Transalpine comme en Cisalpine. Il passa l'hiver de 208-207 dans le Sud de la Gaule. Au printemps, il traversa sans peine les Alpes, s'avança par la vallée du Pô et parvint au delà de Rimini. L'heure était grave pour les Romains. Si les deux frères unissaient leurs forces et remportaient une grande victoire, ils pouvaient espérer des alliances dans l'Italie centrale. On y était las de cette guerre qui durait depuis onze ans et des sacrifices qu'elle exigeait. Des colonies avaient, sinon refusé ouvertement leur concours ^ du moins manifesté leur mauvais vouloir; des troubles avaient éclaté en Etrurie. Mais le message par lequel Asdrubal donnait rendez-vous à Hannibal en Ombrie fut intercepté. Le consul C. Claudius Nero, qui devait retenir dans le Sud l'aîné des Barcides, exécuta un plan hardi. Il laissa une partie de ses troupes en face d'Hannibal et, avec le reste, il alla rejoindre son collègue M. Livius, chargé de barrer le passage à Asdrubal. La bataille s'engagea