‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 167 sur 407 · XXVIl, 4, 5-Q · texte numérisé non relu

XXVIl, 4, 5-Q

L AFRIQUE AL' TEMPS DE LA GUERllE D IIANMBAL. 183

rappelèrent aux sénateurs ses relations avec les Scipions, exposèrent ses victoires sur les Carthaginois et affirmèrent que Carlhage n'avait pas d'ennemi plus acharné, ni Uome d'allié plus sur. Non content de les accueillir avec bienveillance, le Sénat désigna à son tour trois députés, L. Genucius, P. Poetelius et P. Popillius, pour porter des présents au roi des Masœsyles : une toge et une tunique de pourpre, un siège d'ivoire, une coupe d'or du poids de cinq livres. Il chargea aussi cette ambassade d'aller visiter d'autres princes africains et de leur offrir des coupes d'or, pesant trois livres, et des toges prétextes.

Malgré la précision des détails, le récit de l'historien latin ne mérite guère créance : la remise de pareils cadeaux ne valait pas les risques que les ambassadeurs auraient courus soit sur mer, soit dans leurs pérégrinations à travers l'Afrique'. En tout cas, quatre ans plus tard, Syphax ent»-otenait des rapports amicaux avec les Carthaginois, — Tite-Live dit même qu'il était leur allié-, — et il ne se regardait pas comme engagé envers les Romains, puisque Publius Scipion chercha alors à obtenir son alliance.

Gaïa demeura fidèle à Carthage et lui fournit des troupes qui furent conduites en Espagne. Masinissa, leur chef, y séjourna depuis 212 ou 211 ' jusqu'à l'automne de 206, non sans revenir plusieurs fois en Afrique, pour chercher de nouveaux contin-

1. .\joulons que des to^^es eussent été des dons singuliers pour des barbares afric.iins.

2. XXVIII, 17, 6 : • Foedus ea tempeàtale régi cuni Carlhaginiensibus erat -. Conf. Zonaras, IX. 1<\ p. 434, a : ivt-o/Ôo; ^xo toî; Kap-/r.ôov:oi; ivfvxTO.

3. .\ppion {Lib., 10) dit cjue Masiiiissa fut eininené en Kspagne par Aï'drulial, flis de Giscon. Asdrubal, selon le même auteur (Iber., 16), y serait venu après la guerre des Carthaginois contre Syphax et un certain temps avant le désa^txe des Scipions, qui eut lieu prol)al)lement en Jll ^et non ou 212, connue Tite-Live rindique). Tite-Live mentionne cet Asdrubal dans la péninsule dès 214 (XXIV. 41, 5), mais à tort, sans doute. Dans le récit d'événements qu'il place en 212 (et qui durent se passer en 211), il qualilie Masinissa de nocu5 hostis (pour les Romains combattant en Kspagne) : XXV, il, 1. Conf. Kabrsledl, p. 495, n. l tl 2.

gents', ou pour d'autres motifs. A la tête de ses cavaliers, il rendit de nombreux services aux armées puniques ^

Un fraj^ment de Diodore de Sicile^ paraît indiquer qu'entre 212 et 207, les Carthaginois eurent à combattre les Micatanes : C3tte peuplade africaine gardait le souvenir des traitements cruels qu'elle avait subis une trentaine d'années auparavant \ Sa nouvelle prise d'armes dut être promptement châtiée.

Cependant la grande lutte tournait à l'avantage de Rome. Asdrubal avait succombé au Métaure en 207 et son frère IIa!inibal restait confiné dans le Bruttium. En Espagne, la victoire remportée parles Romains près d'Ilipa, en 206, n'avait laissé à Carthage que Gadès, qui devait bientôt se détacher d'elle. C'était maintenant en Afrique que Scipion voulait porter la guerre et la terminer. Il fallait s'y ménager des alliés. Secondée par les forces des royaumes massyle et masœsyle, l'armée qui débarquerait sur les côtes de la Libye vaincrait sans peine. Avant de quitter la péninsule ibérique pour retourner en Italie, Publius essaya de gagner Syphax et il s'assura le concours de Masinissa.

De Tarragone, où il se trouvait, il envoya au roi des Masaesyles son lieutenant Lœlius. Syphax se montra bien disposé, mais il déclara qu'il désirait s'entretenir avec le général lui-même". Scipion ne recula pas devant les dangers de la traversée ^ Accompagné de Lcelius, il se rendit à Carthagène

1. Tile-Live, XXVII, 5, 11 : en 210 (voir t. II, p. 341, n. 2). Pour un autre séjour quil fit en Afrique, quatre ans après, v. infra, p. 188.

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