Va^ue mention de celte aventure dans Appicn, Lib
2. liD")!, sur des monnaies à li'frrndo punitiue : L. Mullcr, .yumisnxatique de
Masinissa, tandis que lui-même l'aborderait de front. Vermina part dans la nuit, pour dissimuler sa marche. Syphax, au contraire, lève le camp en plein jour et s'avance à découvert^ manifestant son intention de livrer bataille. Quand il pense que- Vermina a eu le temps d'exécuter le mouvement prescrit, it conduit ses troupes versles hauteurs où se tient l'ennemi Masinissa, que le terrain favorise, fait aussi avancer les siens. La. lutte fut acharnée et longtemps douteuse, car, si les Masaesylesétaient plus nombreux, les autres étaient plus braves. Mais- Syphax eut le dessus, grâce à sa double attaque. Les Massyles^ ne purent même pas s'enfuir; presque tous, cavaliers comme fantassins, furent tués ou faits prisonniers. Deux cents cavaliers environ restaient autour de Masinissa. Il les divise en trois pelotons et commande à chaque groupe de s'ouvrir ua passage, en indiquant un lieu où tous se rallieront. Le peloton dont il prend la tête parvient à se dégager, malgré les traits, qui l'accablent; le second perd courage et se rend; le troisième est écrasé après une vive résistance. Vermina serre de près^ Masinissa, qui lui échappe par de multiples détours. Le roi vaincu atteignit le littoral de la petite Syrte avec 60 cavaliers. Il s'établit entre les villes puniques de la côte et le pays des- Garamantes, sans doute dans le Djebel tripolitain. Un an au moins s'était écoulé depuis qu'il avait quitté l'Espagne : la plupart des événements que nous venons de raconter durent se passer en 20o K
Vancienne Afrique, III, p. 88, et Supplément, p. 69. Vermina, dans Tite-Live, XXIX,. 33, 2; XXX, 36, 7; etc. Oùspixivôcç, dans Appien, Lib., 33, 59; Dion Cassius, ('r,igni. 57, 9. édit. Melber; Zonaras. IX, 13, p. 440, c.
1. Tile-Live est le seul auteur qui donne des renseignements utiles pour celle période de la vie de Masinissa. On trouve quelques indications sans valeur dans Appien {Lib., 11-13). Masinissa, revenu d Espagne, prend possession du royaume paternel. Il rassemble environ 20 000 cavaliers et les exerce en les occupant soit à des chasses, soit à des razzias chez des voisins. Les Carthaginois et Syphax, qu'il se prépare à attaquer, le devancent. Mais, quoique ses troupes soient moin* nombreuses, il soutient cette guerre avec succès, grâce à son extrême mobilité. Appien ajoute (jue, quand les Romains entreprirent leur expédition africaine, ses ennemis jugèrent bon de lui faire des olfres de réconciliation, dépourvues d'ail-
Comme les souverains berbères de tous les temps, Syphax «ut probablement encore à combattre des sujets turbulents et ■des voisins pillards ^ Mais, ayant joint le royaume des IMassyles au sien, il pouvait se dire maître de la vaste contrée qui s'étendait depuis la Moulouia jusqu'aux frontières puniques.
11 importait aux Carthaginois de conserver ce puissant allié. Bien que Syphax ne fût plus jeune-, Asdrubal, fils de Giscon, lui donna en mariage sa fille, la belle Sophonisbe', qui, affirme-ton*, était fort instruite, excellente musicienne, d'un «charme et d'un esprit auxquels yeux ni oreilles d'aucun homme, si rebelle fùt-il à l'amour, n'eussent pu résister. Promise depuis quelque temps déjà au roi numide ^ elle
leurs de sincérité, et qu'il feignit de les accepter. Cet écrivain ignore que Masinissa était alors dépouillé de son royaume. — Selon Zonaras (IX, il, p. 436, a), Syphax, aidé d'Asdrubal, s'empara, après la mort du père de Masinissa, du royaume qui eût dû revenir à ce dernier. Puis (IX, 12, p. 437, c-d) il le lui rendit, •à la prière des Carthaginois, lorsque l'expédition romaine devint imminente : •d'oH (comme dans Appien) une feinte réconciliation.
1. En 205, il aurait été « impeditus flnitumis bellis » : Tite-Live, XXIX, 4, 8. En 204, se trouvant près d'Utique, il aurait invoqué la nécessité de défendre son royaume contre des voisins pour retourner en Numidie : Appien, Lib., 14 (dans un récit qui parait être inexact : voir p. 216, n, 3).
2. Il avait un flls, Vermina, qui, en 205, pouvait commander des troupes (voir p. 195), et, si Appien dit vrai {Lib., 17), trois filles qui étaient nubiles en 204.
3. Le nom punique, fréquent sur les inscriptions de Carlliage (C. /. S,, I, 207, 371, 415, 582, 1207, 1283, etc.; Répert. dCcpigr. sémitique, II, 553 et 551), s'écrit bi'^jDSÎ, Safanbaal (« Celle que Baal a protégée ») : voir Clermont-Ganneau, Recueil d'archéologie orientale, III, p. 114-6. Conf. Saphambalis (au génitif), sur une inscription latine : licc. de la société urchéol. de Constantine, XXXMI, 1*.I03, p. 170. ^o:^i,y'A; (ioo;), dans Dion Cassius, fragm. 56, 54, édit. Melber (conf. Zonaras, IX, 11 «t 13, p. 436, a; 439, d; 440, 6). So^ovêa, dans Diodore, XXVII, 7. SoçwviSa, dans Appion, Lib., 27, 28. Sophoniba, dans les meilleurs manuscrits de Tile-Live, X.XX,
12 et 15. Même nom, orthographié Sofoniiiba, sur une insoriplion latine (d'après ■ina lecture) : C. /. L., VIII, 18028; conf. 18953, où l'on a lu Soroniba. La forme fr.inC'iise Sophonisbe est tellement connue que je n'ai pas cru devoir la molifier.
4. Dion Cassius, fragm. 56, 54 (conf. Zonaras, IX, U, p. 436, 6). Voir aussi Diodore. XXVII, 7.
5. Tite-Live, .\XIX, 23, 3. Il n'est pas impossible (lu'avant de la promctlre à Syphax, .\sdrubal l'ait promise à Masinissa. .Mais, comme nous l'avons déjà dit ^p. IS7, n. 2), la défection de .Masinissa n'eut pas pour cause le mariaire de Sophonishe avec le roi des Masa*syles. Diodore (.X.WII, 7) est seul à prétendre que Sophonisbe fut mariée à .Masinissa avant de l'élre à Syphax. Tile-Live (XXI.X, 21. 4) indique, au contraire, qu'elle était vierge et depuis pou nubile lors de son union avec Syphax; il laisse entendre (X.X.X, 12, II; qu'elle vil Masinissa pour lu première fois à Cirta, en 203.
l'épousa, selon Tito-Live, vers la fin de l'année 205, alors que les préparatifs de Scipion en Sicile causaient à Carthage de très vives alarmes et faisaient plus que jamais sentir le prix de l'amitié de Syphax^ Celui-ci, pour être agréable à son beaupère, restitua aux Carthaginois un territoire que Gaïa leur avait jadis enlevé*.
1. Tite-Live, XXIX, 23. Voir aussi Polyen, VIII, IG, 7. Sur ce mariage, conf, Polybe, XIV, 7, 0.