‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 4)Chapitre 175 sur 407 · Voir t. II, p. 98; ici, p · texte numérisé non relu

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4. Il est impossible d'admettre, avec Tissot {Géographie, I, p. 28), que le mons Sellas ait été au Sud du golfe de Tunis. Comme le renarque Weissenborn (à Tile- Live, XXIX, 32, 6), la ville de Clupea, mentionnée par Tite-Live, ne doit pas être identifiée avec Clupea (Kelibia), située au Sud-Est du cap Bon (voir t. II, p. 141). Il n'y a pas dans celte ré-'ion de grand fleuve (- amnis ingens »). Des familles massyles, emmenant avec elles des troupeaux et des roulottes, eussent difllcilemsnt suivi le roi jusque-là, à travers un pays ennemi. On ne voit pas pourquoi les fugitifs seraient allés faire dei razzias, non seulement sur le riche territoire de Carthage, au milieu duquel ils se seraient trouvés, mais aussi chez des Numides lointains et assez pauvres; pourquoi les Carthaginois ne se seraient pas chargés eux-mêmes de déloger des brigands installés à peu de dislance de leur ville; pourquoi, enfin, ils n'auraient appris que par Syphax, à la suite du retour de Bucar auprès de son maître, une nouvelle, ardemment souhaitée, qui, des environs de Kelibia, eût pu leur parvenir en un jour. Il faut donc chercher le mons Sellas vers les frontières de la province punique et du pays numide. Si l'on donne à quehjues mots de Tite-Live une précision qu'ils ne comportent peutêtre pas (XXl.X, .■}2, 12 et 13 : • pergit ire ad regnum repetendum... in itincre equilibus collectis cum in Maesulios venisset), on en conclura que la caverne i»ù Masinissa se réfugia, après avoir franchi le grand fleuve et avant de reconqurrir son royaume, n'élait pas sur le territoire des Massyles. Notons que les plaines de la Dakhla, traversées par la .Medjerda. appartenaient aux Carthaginois à la lia de la seconde guerre punique (voir t. II, p. 98).

GSELL, ni. 13

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cabanes portatives et leurs troupeaux, qui étaient leur seule richesse, et dont le lait et la viande les nourrissaient. De \i\, les compagnons de Masinissa s'élançaient pour piller les pays environnants, d'abord par des coups de main exécutés la nuit, puis au grand jour. Ils dévastaient de préférence le territoire punique, où il y avait plus à prendre et moins à risquer que chez les Numides. Ils poussèrent l'audace jusqu'à aller vendre sur le littoral leur butin à des marchands qui l'emportaient par mer.

Les Carthaginois, auxquels ces incursions coûtaient presque plus de morts et de prisonniers qu'une guerre régulière, invitèrent Syphax à y mettre fm. Celui-ci, estimant qu'il n'était pas de sa dignité de pourchasser un bandit dans la montagne, charo-ea de ce soin BucarS un de ses officiers. Il lui donna 4 000 fantassins et 2 000 cavaliers, lui promettant une magnifique récompense s'il lui rapportait la tête de Masinissa, ou, ce qui l'eut réjoui davantage, — s'il le lui amenait

vivant.

Par une attaque soudaine, Bucar fait main basse sur une multitude de troupeaux et de gens, dispersés hors de la protection des hommes armés. Il pousse Masinissa et un petit nombre des siens jusqu'au sommet du mont Bellus. Regardant alors l'expédition comme terminée, il renvoie à Syphax la plus grande partie de ses troupes et ne garde que 500 fantassins et 200 cavaliers. Il presse les Massyles, qui sont descendus des hauteurs, les enferme dans une gorge, dont il garde les deux issues, et les massacre. Pourtant le roi, avec une cinquantaine de cavaliers, peut s'évader par des passages difficiles, inconnus de l'ennemi. Bucar retrouve ses traces, l'atteint dans de vastes

1. Sans doute le même nom que Boccar, qui, d'après une mention de Juvénal (V, 90), devait être très répandu chez les indigènes africains. Faut-il le distinguer de Boncar, Boncarth, qui se lit sur des inscriptions latines (G. /. L., VIII, 15 et 68; V, 4î)20) el qui est une déformation de Bodmelqart, nom punique?

L'AFRIQUR au temps de la guerre D'HANxMBAL. 195

plaines, près de la ville de Clupea, le cerne, lui tue tous ses compagnons, sauf quatre, qui réussissent à fuir, entourant Masinissa blessé. Poursuivis par des nombreux cavaliers, qui ne les perdent pas de vue, les cinq bommes arrivent à un grand fleuve; ils s'y précipitent sans bésiter. Le courant entraîne leurs montures. Deux d'entre eux sont engloutis sous les yeux des Masaesyles, qui croient que Masinissa s'est aussi noyé. Mais luimême et les deux survivants ont pu gagner la rive opposée et se cacber dans des broussailles. Ï3ucar s'arrête, n'osant franchir la rivière, persuadé d'ailleurs qu'il est inutile de courir ce danger. Il retourne auprès de Syphax et lui annonce la mort de Masinissa, fausse nouvelle que son maître fait parvenir à Cartbage, où elle est accueillie avec beaucoup de joie, et qui se répand dans toute l'Afrique.

Masinissa resta pendant quelque temps au fond d'une caverne, soignant sa blessure avec des plantes, se nourrissant de ce que les deux autres Numides allaient volera Dès que sa plaie fut <îicatrisée et qu'il crut pouvoir supporter le mouvement du cheval, il forma le projet de reconquérir ses États. Après avoir réuni en chemin 40 cavaliers au plus, il se présenta aux Massyles, en se faisant connaître. Ce fut pour ses sujets une heureuse surprise. En quelques jours, 6 000 fantassins et 4 000 cavaliers se rassemblèrent autour de lui : tant était grande l'aiïection qu'il avait su inspirer! Non seulement il rentra en possession de son royaume, mais il fit des razzias sur des terres appartenant à des alliés de Cartbage et sur les frontières des Masîcsyles. Ayant ainsi provoqué Syphax, il occupa, entre (iirta et Ilippone, des hauteurs qui lui parurent offrir des posisitions de combat favorables.

Le roi des Masaesyles confia une partie do son armée à son jeune fils Vermina*, auquel il ordonna do prendre à dos

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