Sept kilomètres et detni
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210 IllSTOIUE MILITAIRE DE GARTHAGE.
Mercure; s'il recevait l'ordre de se diriger de ce côté, toute la flotte serait bientôt dans le port. Mais Publius commanda de larguer les voiles et d'aller aborder plus bas. Le même vent poussait les navires. Cependant, à peu près à la même heure que le jour précédent, la mer se couvrit d'un brouillard qui cacha la vue du littoral et fit tomber le vent. Puis la nuit accrut encore l'incertitude; les ancres furent jetées pour que les vaisseaux ne fussent pas entraînés les uns contre les autres ou sur le rivage. Avec le jour, le vent reprit, la brume se dissipa et une longue étendue de côtes apparut. Scipion ayant demandé le nom du cap le plus voisin, on lui répondit que c'était le Pulchri promunturium. a Bon attgure, s'écria-t-il : c'est là qu'il faut aller ! » La flotte se dirigea donc vers le cap et toutes les troupes descendirent à terre ^
Le promontoire du Beau (dieu), ou d'Apollon, — Dion Cassius appelle ainsi le lieu où les vaisseaux abordèrent ^, — est le Ras Sidi Ali el Mekki, ou Ras et Terfa ^; il limite au Nord-Ouest le golfe de Tunis, que le Ras Addar, ou cap Bon, le promontoire de Mercure, termine au Nord-Est *.
« Je rapporte, ajoute Tite-Live ^ que la traversée s'accomplit
^ heureusement, sans crainte, ni désordre, sur la foi d'un grand
nombre d'auteurs grecs et latins. Seul, Cœlius raconte que, si
la flotte ne perdit aucun navire, elle soutint pourtant une lutte
terrible contre la mer et le ciel ; que la tempête l'éloigna de la
1. M. Zielinski {Rivista di storia antica, III, n" 1, 1898, p. 68) note que, dans ce récit, deux séries de faits se renouvellent d'un jour à l'autre : brouillard et chute du vent dans l'après-midi et pendant toute la nuit, reprise du vent au lever du soleil, arrivée dans le voisinage d'un cap. Il croit à une répétition fautive, qui devrait s'expliquer par 1 emploi de deux sources différentes. Mais cette opinion se fonde surtout sur l'identité, aflirmée par M. Zielinski, du cap de Mercure et du Pulchri promunturium. Or il s'agit de deux caps bien distincts. Il n'est pas très extraordinî^ire que les conditions atmosphériques aient été les mêmes deux jours de suite.
2. Apud Zonaras, IX, 12, p. 438, a : xb àxpwTi^ptov xb xaXoyp.svov 'AiîoXXcoviov.