Tite-Live, XXIX
SCIPION ET IIANNIBAL. 219
OÙ il voulait sans doute passer l'hiver. La ville fut assiéprée par les équipages de la flotte, du côté de la mer, et par l'armée de terre, qui s'établit sur une hauteur très voisine de l'enceinte ^ Des machines avaient été apportées de Sicile; d'autres furent construites. Mais de nombreuses attaques échouèrent et, après quarante jours, Scipion renonça à son entreprise^.
Il se voyait menacé par Asdrubal et Syphax, qui s'étaient ^nfîn approchés d'Utique avec deux grandes armées ^ L'automne touchait à sa fin*. Il fallait faire choix, pour la mauvaise saison, d'un lieu situé sur la côte et facile à défendre, où Ton n'aurait pas à craindre d'être pris entre Utique et ces armées, où les troupes et la flotte pourraient être réunies. Publius alla occuper un dos de terrain, à l'extrémité duquel s'élève aujourd'hui le village de Galaat el Andeless^. Dans cette région, les alluvions de la Medjerda ont fait avancer le littoral. Aux temps de Sçipion et de Jules César, il y avait là un promontoire, long d'environ trois kilomètres, mince et escarpé, se dirigeant du Sud-Ouest au Nord-Est, dont la base était à près de 3 000 mètres d'Utique % à l'Est de cette ville; dans l'intervalle, s'étendait, en arrière du rivage, une dépression marécageuse, aujourd'hui parcourue par le fleuve, qui a changé de lit^ Le
1. Tile-Live, XXIX, 35, 7 : • nb imminente prope ipsis moenibus tunuilo » : conf. Pdlybo, XIV, 2, 3, et Tile-Live, XXX, 4. II. Sur le mamelon où se voient les ruines de rnmplnlbéàlre, selon M. Veith (p. 58i)); peut-être sur un autre, situé un peu plus au Sud-Ouest : voir le plan dans l'atlas de la Gf'ograp'iie de Tissot, pi. II.
2. Tite-Live, XXIX, 35, 6-9, 12. Sur ce siei^e, voir des d^^tails, probablement inventés, dans Appien, Lib., 16. Mention dans Dion, fra^m. 50, 7t.
3. Tite-Live, XXIX, 35. 12. Dion, frai^m. 56, 72. Tite Live dit que Sypbax avait d'ab(»rd amené son armée à ('arlhnirc (■ molis a r.arlli.iirine rastris -). ce (]ui est sans doute inexact. Peut-être lui-même s'y était-il rendu, pour s'enlendrt' avec les pouveruanis.