Tite-Live, XXX, 45, 4; conf. Yalère-Maxime, V, 1, l b
6. Tite-Live, XXX, 45, 4-5; Appien, Lib., 28; Zonaras, i. c. Tite-Live et Zonaras disent ([u'il fut enterré aux frais de l'État. Selon Tile-Live {l. c), sa mort survint avant le triomphe de Scipion; d'après Polybe (XVI, 23,6, et apud Tile-Live, XXX, 45, 5), Syphax figura au contraire à ce triomphe (conf. Valère-Maxime, VI, 2, 3; Tacite, Annales, \ll, 38; Silius Italiens, XVII, 629).
Après la défaite et la prise de leur allié, les Carthaginois se décidèrent à demander la paix^ Trente membres du Conseil vinrent en députation à Tunis, où Publius était retourné. Ils se prosternèrent devant lui et lui baisèrent les pieds, selon la coutume que leurs ancêtres avaient apportée d'Orient, mais qui déplaisait à la fierté romaine. En termes fort humbles, ils déclarèrent que leur patrie avait envers Rome des torts dont Ilannibal surtout était responsable, et ils firent appel à la générosité des vainqueurs^. Scipion leur indiqua ce qu'il exigeait : ils devraient rendre les prisonniers, les déserteurs, les esclaves fugitifs ; retirer leurs armées de l'Italie méridionale et de la Gaule Cisalpine; renoncer à l'Espagne et à toutes les îles situées entre l'Italie et l'Afrique; livrer tous leurs vaisseaux de guerre, sauf vingt; payer une indemnité de 5 000 talents. En outre, ils fourniraient à l'armée romaine 500 000 boisseaux de blé et 300 000 d'orge ^
1. Tite-Live (XXX, 16, 2) semble dire qu'ils prirent cette résolution dès qu'ils connurent le désastre de Syphax. Cependant le roi, que Lœlius avait envoyé au camp de Scipion, y resta quelque temps avant d'èlre emmené en Italie par le même Lœlius : ce dernier, après sa victoire, n'était pas venu tout de suite rejoindre son général (Tite-Live, XXX, 12, 22). Or Lœlius arriva à Rome avant les députés carllinginois, dont le départ d'Afrique dut suivre immédiatement les préliminaires de paix. « Multis ante diebus Laelius venit », lisons-nous dans Tile- Live(XXX, 17, 1). Il est vrai qu'il faut peut-être corriger: « Haud multis » (comme le propose Weissenborn). Autrement, Lœlius aurait été sans doute de retour en Afrique avant que l'on connût à Home l'arrivée prochaine des députés (Tite-Live, XXX, 17, 2; il dit dans ce passage que le Sénat retint alors Lœlius; ailleurs [XXX, 21, II], que celui-ci avait déjà quitté Rome quand on y apprit le débarquerneiit des députés à Pouzzoles, et ((u'nlors un le rappela).
2. Tite-Live, XXX, 10, 1-7, d'après Polybe; conf. Polybe, XV, 1, 6-8.
.3. Tite-Live, XXX, 10, 10-12, d'après Polybe; conf. Polybe, XV, 7, 8, et 8, 7 (il •dit que Scipion exigea aussi des otages). Pour l'indemnité. Tite-Live avait trouvé diverses indications dans les autours ([u'il avait consultés : soit 5 000 talents {environ LlOOOi) kilogrammes), soitoOOO livres d'argent (I (VM kilogrammes), soit une double paie pour les soldats romains. Polybe donnait le cbilTre do 5 OUO talents (XV, 8, 7); le même cbilTre se retrouve dans Plutar(iue (Reg. et imper, apophth., Scipio Maior, 5 : Moralia, Didot, I, p. 2:i7), lequel, du reste, ne nous apprend rien d'utile. .\u Mou de Ti 000 livres d'argent, on a proposé de lire 500000, cbilTre (jue donne Kutrope (III, 21, :i, et 22, 2). Gomme le fait remarquer Weissenborn (édit. de Tite-Live. ad loc), le paiement d'une double solde était, •sans aucun doute, distirul de l'iiidetunilé et était exigé pour le temps (lui s'écoulerait jus(iu'au traité déllnitif. Le blé (^t l'orge (l(\aienl aussi servira l'alimenta-
GSEl.L, m. iÔ
Ces conditions prouvent que Publius n'avait aucun espoir de s'emparer de Cartilage et de la détruire*. Emporter cette ville d'assaut paraissait une tâche impossible au général qui n'avait pas même pris Utique. La réduire par la famine eût été très long : or tous les Romains désiraient la fin des hostilités. D'ailleurs, il eut fallu posséder la maîtrise incontestée de la mer, et un combat tout récent avait montré* que la flotte punique n'était pas à dédaigner. Après des désastres dont le souvenir restait ineffaçable, Rome pouvait se contenter d'un traité qui libérerait l'Italie et réduirait Carthage à son territoire africain, bordé par les États d'un roi ennemi; qui la priverait de sa marine de guerre, c'est-à-dire de l'instrument nécessaire pour défendre ses lointaines colonies d'Afrique et pour essayer de reprendre pied dans d'autres pays méditerranéens; qui, enfin, lui interdirait de restaurer ses finances épuisées et privées désormais des ressources de l'Espagne.
Un délai de trois jours fut accordé aux Carthaginois pour rendre réponse. Ils acceptèrent tout : ceux mêmes qui ne se résignaient pas à un tel traité voulaient, par une soumission apparente, désarmer les Romains jusqu'au retour d'Hannibal. Des députés conclurent une trêve avec Scipion; d'autres s'embarquèrent, afin d'obtenir du Sénat et du peuple romain une paix définitive ^
Masinissa quitta alors Publius, qui fît partir avec lui quelques
tion de rarmée; les Carthaginois commencèrent, dès la conclusion de la trêve, à livrer des céréales, comme à verser l'argent destiné à la double paie (Appicn, Lib., 31; Dion, fragm. 56, 77, et Zonaras, IX, 13, p. 440, d). Selon Eutrope (III, 21, 2), ils auraient versé tout de suite 30 000 livres d'argent.
1. On a prétendu que tel avait été son désir : Tite-Live, XXIX, 1, 13; XXX, 44, 3; Dion, fragm. 56, 86.
2. Tile-Live, XXX, 16, 13-15; pour l'envoi de députés à Rome, conf. Polybe, XV, 8, 8. Voir aussi Appien, Lib.. 31; Dion, fragm. 56, 77, et Zonaras, IX, 13, p. 440, d. Selon Eutrope (III, 21, 2), la trêve aurait été de 45 jours, de manière à donner aux députés carthaginois le temps d'aller en Italie et d'en revenir. Si cela est exact, elle fut renouvelée à plusieurs reprises. Tile-Live indique (XXX, 21, Il : 25, 1) qu'elle devait expirer à une date fixe : « necdum induliarum die^ exieral ».
officiers, dix compagnies d'infanterie et dix escadrons de cavalerie : ces forces l'aideraient à achever la reprise de son royaume et à occuper celui de Sypliax^ Quant au général, nous ne savons pas s'il abandonna Tunis. Il n'est guère probable qu'il ait renoncé à cette position importante, mais nous constatons que, quelques mois après, il se trouvait lui-même au camp du promontoire ^ d'où l'on communiquait plus facilement avec la Sicile, la Sardaigne et l'Italie. Peut-être y passa-t-il l'hiver.
Après la bataille des Grandes Plaines, Hannibal avait été invité à rentrer en Afrique \ Naturellement, il ne put s'embarquer aussitôt. De nombreux bâtiments de charge étaient nécessaires pour le transport de ses troupes S ainsi que des vaisseaux de guerre pour protéger le convoi. Une flotte, commandée par un Asdmbal, lui fut envoyée, vraisemblablement après le combat naval d'Utique ^ Nous venons de voir qu'il était encore en Italie lors des préliminaires de paix et que le retour des deux Barcides fut une des conditions imposées par Scipion. Peut-être même leur départ immédiat fut-il exigé ^ : les Romains
1. Pc)lybe, XV, 4, 4. Ce fut non seulement uq secours donne à un allié, mais une manière d'affirmer que ces conquêtes (comme lors de la campnc:no prt'i-édente, ou le roi avait été subordonné à Litlius) seraient celles du peuple romain, auquel Masinissa devrait être lié par la reconnaissance.